Nouvelles figures de l’utilisateur dans une économie de l’attention/Travail pratique/Conception de l’espace-problème/Contre-postulat d'insuffisance informationnelle

Selon Yves Citton il s'agit du fait que "la rationalité de nos comportements est constamment mise à mal par l’insuffisance des informations dont nous disposons sur notre environnement. Autrement dit : nous n’avons jamais les moyens de faire assez attention.".[1]

En d'autres termes Yves Citton précise que malgré notre recherche d'information et d'éléments qui constituent notre environnement, nous sommes en quelque sorte limité et ne pouvons pas tout savoir et tout voir dans un environnement donné.

La perception de notre environnement étant "régit" par notre cerveau, c'est donc vers l'étude de cet organe qu'il faut se tourner pour comprendre cette limitation. Ainsi une idée reçue qui circule depuis longtemps avance que nous n'utiliserions que 10% de notre cerveau. Si cette explication tiré du "savoir populaire" pourrait expliquer la limite que nous avons à comprendre notre environnement, elle est totalement réfuté par la psychologie et les recherches qui se penchent sur le sujet. C'est notamment ce que rappellent Serge Larivée, Jacinthe Baribeau et Jean-François Pflieger dans leur article :

"Si à peine 10% du cerveau étaient utilisés, on devrait tenir celui-ci pour un organe métaboliquement peu actif. Or, bien que sa masse représente 2% de la masse corporelle, le cerveau d'un adulte consomme environ 16% des ressources énergétiques et 20% de l'oxygène basal."[2]

Cependant cet exemple permet de montrer qu'il existe bien une limite aux capacités du cerveau. Mais celles-ci sont plutôt basées sur le fait qu'il nous reste constamment des choses à apprendre ainsi que le fait que le cerveau soit un organe en constante évolution. Comme le rappellent à nouveau les trois chercheurs, le fait de ne pas utiliser certains circuits neuronaux amène à les perdre et donc à restreindre nos compétences ou notre capacité à comprendre ce qui nous entour.[2]

  1. Citton, Y. (2014). Pour une écologie de l'attention. Média Diffusion.
  2. 2,0 et 2,1 Larivée, S., Baribeau, J., & Pflieger, J. F. (2008). Qui utilise 10% de son cerveau?. Revue de psychoéduction, 37(1), 117-142