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Recherche:Génération Z

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Travail de recherche : Génération Z

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Génération Z est une recherche en sciences cognitives d’Alexandre Gilbert tirée d’une série d’entretiens publiés dans le Times of Israël.

Sommaire

ProblématiqueModifier

Nous analyserons l’évolution de la Génération Z, appelés Mobile natives, nés après l’arrivée du smartphone qui succède aux Xennials, nés dans les années 1980, appelés Digital Actives, pour avoir été la première génération à avoir travaillé avec internet, en réseau.

La génération des Millenials ou Génération Y, nés dans les années 1990 après l’arrivée d’internet, appelés Digital natives ou Mobile Actives, est aussi la première génération à avoir travaillé avec le smartphone, en réseau et en mouvement.

Nous étudierons l'influence d'Isaac Asimov sur Dirk Ahlborn, les recherches sur le smartphone de Maurizio Ferraris et sur l'intelligence artificielle de Nicolas Santolaria.

Dirk Ahlborn et le Tabulator PadModifier

Isaac Asimov parle en 1950, dans Fondation, du pocket computer, qu'il nomme : “tabulator pad". En introduction, Dirk Ahlborn, président d'Hyperloop Transportation Technologies, le projet du fondateur de Pay Pal et SapceX, Elon Musk répond:

« Did you all find your inspiration somehow in Isaac Asimov’s books ?The idea has been around for many hundred years. Different books have been written, movies, cartoons. I assume in one way or another all of us humans are inspired by them[1]. »


Maurizio Ferraris et le smartphoneModifier

Dans son nouvel essai, L'imbécilité est une chose sérieuse, le philosophe italien Maurizio Ferraris qui participa, aux 25èmes Rencontres philosophiques de Tel Aviv, en 2016.

« Vous dites, dans votre essai, T’es où ?, que le téléphone portable, « outil d’inscription », entraine une déperdition symbolique, « mobilise », et nous met en « état d’alerte ». La Génération Z des Mobile Natives est-elle condamnée à la régression ?

Pas nécessairement. La mobilisation et l’alerte ont affaire avec le progrès, même forcé, pas avec la régression. La régression, c’est le nirvana, l’absence de stimuli.

Il peut bien arriver que, par réaction au surplus de mobilisation, il y ait une fuite et une régression, un peu comme quand dans les années 1960 (et devant une mobilisation dérisoire par rapport à l’actuelle) les gens cultivaient des mythes de « retour à la nature » en se proclamant fils des fleurs.

Mais je ne suis pas sûr que cela soit le cas, du point de vue de la pertinence sociologique. Je veux être optimiste : la mobilisation actuelle est sauvage, comme l’était le capitalisme dans les usines de Manchester au début du XIXe siècle.

On apprendra à civiliser le web de la même façon qu’on a civilisé le capitalisme, le trafic automobile et la famille patriarcale. Mais il ne faut pas sous-estimer ceci : que ces formes de civilisation et de normalisation n’ont pas étés pacifiques, elles ont comporté des luttes et des souffrances, parfois des guerres.

Votre analyse rejoint-elle celle de Bernard Stigler sur « l’accélération de l’innovation » et d’Anne Dufourmantelle sur « la fin du sublime » ?

Oui, sans doute, mais avec cette différence: pour Stiegler l’accéleration et la mobilisation semblnt être la déchéance d’une condition meilleure et idéale. Un peu – mais peut être que je me trompe – dans le style de Rousseau : l’homme est parfait mais corrompu par la technique, on est de plus en plus en décadence.

Non, je ne suis pas sur, je crois que, malgré tout, l’humanité vit mieux que par le passé, et que ce qui se passe, même par ses aspects négatifs, nous amène vers un progrès.

Quant à Anne Doufourmantelle (qui nous a quittés hélas cet été, en mourant par une tentative héroïque de sauver une jeune fille en train de se noyer), je ne suis pas sûr que notre époque soit celle d’un narcissisme qui renonce à la sublimation, mais bien au contraire celle d’un besoin de reconnaissance (le selfie, c’est bien cela, il n’y a rien de moins narcissique que le selfie, fait en vue non du miroir de Narcisse, mais du like des autres) qui renonce à toute satisfaction : ce paysage, cette pizza, ce moment à deux ou convivial, je renonce à en jouir, puisque je le photographie, le poste, et attend le Messie de la reconnaissance.[2]. »


Nicolas Santolaria et l’intelligene artificielleModifier

Nicolas Santolaria, journaliste succesivement pour Technikart, GQ, Le Monde et Slate, a publié Dis Siri : Enquête sur le génie à l'intérieur du smartphone, aux Editions Anamosa.

« Vous parlez de névrose obsessionnelle intrinsèque à l’expansion du smartphone bloquant toute symbolisation. Pouvez vous nous parler de ce sentiment de toute puissance ? Cette déperdition symbolique est une thèse développée par certains penseurs, notamment Bernard Stiegler (cf. son ouvrage De la misère symbolique). Le système devient une totalité opératoire où s’érode la nécessité de cette médiation symbolique permettant d’orienter l’action, dans la mesure où ce sont les instruments qui prennent désormais en charge cette fonction.

Quand j’utilise un GPS par exemple, je n’ai plus besoin de passer par une médiation symbolique pour prendre le bon chemin mais il me suffit d’écouter les instructions de la machine.

Avec Siri, la voix de l’utilisateur ne produit plus un univers de sens à géométrie et interprétations variables, mais sert à activer des fonctions et devient par là l’équivalent d’une télécommande.

Comme Siri se présente à l’égal un assistant diligent désireux de répondre à toutes nos requêtes, en découle, si ce n’est un sentiment de toute puissance, du moins un désapprentissage de la frustration, qui est pourtant une des données essentielles de l’existence et de l’édification de l’individu adulte. C’est bien entendu une proposition très illusoire qui est faite à l’utilisateur, mais très chatoyante également.

Vous invoquez le concept d’analterité, une jouissance exclusivement au service de l’autre mais pour soi. Le portable fait-il par conséquent de nous, comme de la victime du pervers, des corps pulsionnels auto-cannibales et désengendrés ?

Le portable nous « mobilise » (comme dirait le philosophe italien Maurizio Ferraris), c’est-à-dire qu’il nous place dans un état d’alerte comparable à celui que l’on peut connaître en temps de guerre. Ce qui produit cela c’est notamment le fait qu’il est un outil d’ « inscription ».

Tout ce qui est formulé oralement à Siri produit une trace, conservée dans les serveurs d’Apple, trace qui fonctionne comme une injonction. Par ailleurs, le portable, au travers d’un dispositif comme Siri, offre effectivement la possibilité d’une relation prenant l’apparence de l’intersubjectivité, mais sans autre.

L’idée que Siri est prévisible, souvent serviable et poli, réduit finalement l’incertitude afférente au rapport humain. La projection affective qui s’opère est alors à géométrie variable, mais bien réelle. On en trouve la manifestation la plus poussée dans un film comme Her, où le héros tombe amoureux de l’interface vocale.

Peut-on y voir une référence au fruit originel de la connaissance et un effort permanent pour ne pas nous voir nus ?

Il y a en effet cette idée, chère aux transhumanistes, que ce qui est donné deviendrait, par la magie de la technologie, optionnel, modulable, consommable. Comme le genre de Siri que l’on peut finalement changer dans les réglages. Siri n’est donc pas un objet anodin, mais le vecteur d’une forme d’idéologie scientiste et siliconienne qui nous vend le fantasme d’une seconde nature, prétendument débarrassée de ses imperfections.

Mais cet homme augmenté est en réalité un homme normalisé, envisageant la vie comme une entreprise à gérer, à optimiser, à faire fructifier. Il est l’esclave d’un certain air du temps.

Son « paradis » est un paradis marchand, rempli d’arbres chargés non de pommes, mais de produits Apple.[3]. »


RéférencesModifier