Recherche:Les jumeaux homozygotes, objet de la science et de la recherche

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Les jumeaux homozygotes comme objet de la science et de la recherche

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Ce travail fut initialement réalisé pour un cours intitulé « enjeux sociaux et écologiques de la biologie » dispensé par les professeur Jacques Van Helden et Yvan Lepage à l’Université libre de Bruxelles. La note attribuée pour la version originale de ce travail tel qu'elle a été rendu en juin 2006 fut 13/20. Il fut par la suite wikifié et publié sur Wikiversité par son auteur Lionel Scheepmans (). Une fois publié sur Wikiversité, ce travail est devenu libre d'utilisation selon les termes de la licence CC-BY-SA. Vous pouvez donc reproduire, distribuer et communiquer le contenu de ce travail, mais aussi et peut-être surtout le modifier.

Enfants jumeaux de Khiva

IntroductionModifier

La rencontre de jumeaux sur le site de l'ULB m'a donné envie d’aborder ce sujet dans le cadre de ce travail. C'était l’occasion pour moi d’aborder un sujet auquel je ne m'étais jamais intéressé avec cette chance de pouvoir récolter quelques témoignages. Pour rendre ce travail plus convivial, j’ai choisi de le présenter sous forme de questions réponses, tout en respectant les consignes établies dans le cadre de cet exercice.

Que veut dire « monozygote » ?Modifier

Les jumeaux, mais aussi triplé quadruplés, voir des quintuplés et sextuplés monozygotes ou homozygotes sont ce qu'on appelle communément les vrais jumeaux. Ils sont deux êtres humains, issus d'un même œuf (issu de la fécondation d'un seul ovule et d'un seul spermatozoïde) qui s'est divisé lors de son développement. À un stade plus avancé, ce clivage peut être à l'origine de la naissance d'enfants siamois.

Les jumeaux sont-­ils vraiment objet de la sciences et de la recherche ?Modifier

Il semble naturel de croire que les jumeaux en tant que particularités de la nature intéressent les chercheurs et les scientifiques. Par ailleurs ceci peut être facilement illustré par une recherche sur Internet : Si l’on fait une recherche sur Google en utilisant cette expression exacte « jumeaux monozygotes » on obtient un résultat d'environ 28000 (911 pour l’expression « monozygotes ») pages dont 360 sont au format PDF. Parmi ces 360 dernières, environ 95 % d'entre elles utilisent l’expression « jumeaux monozygotes » en référence à une étude ou une observation scientifique (Observation systématique d'une page sur dix dans des pages proposées par Google).

Quel est l’intérêt de porter une étude sur des jumeaux ?Modifier

Cet intérêt se porte sur leurs ressemblances et l'opportunité que cela offre de mettre en évidence l'influence du milieu sur l'être humain. Plus encore que les clones, les jumeaux monozygotes sont génétiquement pareils puisque d'une façon simpliste, on peut dire que l'opération de clonage à but reproductif consiste à introduire le noyau d'une cellule dans un ovule. Dans le cas où le noyau est issu d'une cellule provenant d'une personne différente de celle qui a fourni l'ovule, une influence de l'ovule sur le développement de l'embryon est possible, ce qui engendrerait un phénomène de « métissage ». L'observation comparative entre des jumeaux monozygotes et des jumeaux hétérozygotes permet donc d’établir une corrélation entre les phénomènes innés et acquis du comportement humain. D'autre part, la comparaison de deux jumeaux monozygotes séparés dès leurs naissances, permet de façon encore plus précise, de séparer les caractères innés de ceux acquis par apprentissage ou mimétisme lors du développement de l'être humain.

Quels genres d'études sont appliqués aux cas des jumeaux monozygotes ?Modifier

La première étude fut de Francis Galton qui mis en évidence l’existence de « vrai » et de « faux » jumeaux, à une époque où les tests permettant la différenciation n'existaient pas encore. Une seconde étude très controversée fut celle de Cyril Burt qui tente de mettre en évidence le caractère inné des fonctions cognitives de l'homme à travers les premiers tests de QI appliqués aux jumeaux. Vient ensuite parmi les plus connues : l'étude de René Zazzo qui remet à leur juste place les puissances de l’hérédité, et nuance les dogmes établis à son époque en psychologie, et l'étude de Tom Bouchard qui est principalement axée sur des tests comparatifs entre des jumeaux monozygotes qui ont grandi dans le même environnement et d'autres jumeaux monozygotes séparés dès leurs naissances. D'autres études remarquables ont été effectuées ou sont en cours de réalisation sur des sujets aussi variés que l'influence de la période prénatale, l'acquisition de la masse osseuse, l'autisme, le cancer, la schizophrénie, l'obésité, etc.

Que pensent les jumeaux monozygotes du fait qu’ils sont objet de la sciences et de la recherche ?Modifier

Il est impossible de répondre d'une façon scientifique à cette question sans pratiquer un sondage dont le but serait d'illustrer les tendances d'opinions parmi les jumeaux. Cependant un entretien avec Florence par conversation téléphonique et avec Martin en face à face, peuvent nous donner une ébauche de réponse. Florence et Martin sont tous deux étudiants à l'ULB et font partie chacun et séparément d'un couple de jumeaux homozygotes. Voici en résumé leurs réponses à la question de départ : « que penses-tu du fait que les jumeaux sont objet de la sciences et de la recherche ? »

Pour Florence, cela lui parait normal que les chercheurs et les scientifiques s'intéressent aux jumeaux. Mais après avoir vécu, avec sa sœur, une expérience dans le cadre d'une émission de télévision axées sur la vulgarisation scientifique, elle regrette un problème de « subjectivité ». Dans cette émission on lui a fait passer ainsi qu'a sa sœur jumelle une série de tests comme les tests de réflexes, la comparaison de la voix, des empreintes digitales, etc. dans le but d'évaluer leur ressemblance. Ce qu'elle a trouvé dérangeant dans cette expérience, c’est les propos des scientifiques qu'elle perçoit comme un « jugement influencé » par leurs « postulas ». En réponse à notre question on peut retenir une de ces dernières citations, qu'elle prononce à l'attention des scientifiques qui voudrais s'intéresser à ses particularités : « cela ne vous regarde pas »

Martin n'a jamais participé à une étude ou une quelconque observation. Son avis sur la question est que ces études doivent se dérouler dans la dignité, pas question d’être un « monstre de foire ». Si on lui demandait d’être sujet à une étude il ne dirait certainement pas oui d'avance. Il poserait d’abord une « réflexion globale » sur la question. Il semble enfin plus réticent aux études de type psychologique qu’il considère moins constructives.

Que peut-­on conclure ?Modifier

Les jumeaux monozygotes sont bien des objets de la sciences et de la recherche. Les cas d'études sont nombreux et les sujets de recherches sont variés, tant dans les sciences médicales que dans les sciences humaines. Les jumeaux peuvent considérer ces études comme quelque chose de normal tant qu’elles se déroulent dans la dignité. Certains jumeaux peuvent déplorer la déshumanisation du milieu scientifique.

Quel est mon avis sur le sujet ?Modifier

D'une part, je trouve que les études faites sur les jumeaux sont d'une très grande utilité dans le cadre de recherches effectués dans le domaine médical et thérapeutique. Les nouvelles études ont toutes raisons d’être sous certaines conditions comme le respect de la vie privée, la liberté de participation, le respect des personnes que l’on étudie, qui doivent s'établir en commission d'éthique. D'autre part je trouve dangereux que des études sur les jumeaux puissent servir aux doctrines eugéniques, notamment lorsqu’il s'agit d'étudier le caractère génétique de l'intelligence pour en convenir de méthodes de sélections ou de promotion de l'être humain. Pour moi, contrairement à la santé, l'intelligence est un concept subjectif. Les études portées sur le sujet peuvent trop facilement être récupéré au service de dérives idéologiques. Il est donc dangereux d’établir des théories, qu’elles soient fondées ou non, sur l'hérédité des capacités intellectuelles. Ce pourquoi, je comprends parfaitement la réaction de Martin par rapport aux études psychologiques aux quelles il pourrait être invité à participer.

RéférencesModifier