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La richesse ne reflète pas l’ampleur des services rendus : elle est tout simplement la conséquence d’une certaine habileté ou de circonstances favorables. De nombreux bienfaiteurs de l’humanité ont vécu dans la misère. Inversement, un malfaiteur comme Al Capone était parvenu à accumuler une fortune immense. La logique du profit maximum conduit à des pratiques particulièrement perverses. Les objets sont souvent conçus pour ne pas durer longtemps ou être irréparables. Et pour maintenir le cours à un niveau élevé, d’énormes quantités de denrées alimentaires sont détruites. Le pouvoir de l’argent est parfois redoutable. Les spéculateurs peuvent, en un clin d’œil, réduire à la misère des milliers de personnes. Et ils agissent ainsi sans véritablement se poser de questions, dans le seul but d’accroître leurs profits pourtant déjà considérables.
 
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Pauvre homme!
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La majeure partie de l’humanité n’est ps encore prête pour travailler de manière désintéressée. Il est donc nécessaire que ce que l’on gagne soit proportionnel à l’effort et à l’apport bénéfique qui en résulte pour d’autres que soi. La situation actuelle est bien différente. Dans les cas extrêmes, l’argent n’est même plus investi pour développer la production de biens ou de services, il est utilisé de façon à réaliser directement des profits en spéculant sur le cours des monnaies ou celui des marchandises. L’accroissement des responsabilités s’accompagne généralement d’une augmentation de salaire. Dans les situations de pénurie même relatives, une telle mesure est souhaitable. Lorsqu’on a des décisions importantes à prendre, il vaut mieux disposer d’une autonomie assez importante et ne pas être accaparé par les soucis matériels. Mais ces suppléments sont souvent démesurés. Ressentis comme des privilèges, ils deviennent l’objet de convoitises. De ce fait, les hautes fonctions ne sont pas occupées par les personnes qui se sentent particulièrement concernées par la tâche à accomplir mais par celles qui sont intéressées par l’importance du salaire. Comme tout le monde en est conscient, les autorités de toute nature n’inspirent pas de véritable respect. La fonction elle-même est touchée par l’esprit de dérision qui en résulte. Être doté d’aptitudes importantes et d’un grand dynamisme est une chance. En faire bénéficier les autres en se rendant utile est tout naturel et procure en soi une réelle satisfaction. Pourquoi vouloir en retirer des avantages supplémentaires qui accentuent encore les inégalités déjà présentes ? Cette course à l’argent est une cause de recul social et éthique. Certains particuliers ont un revenu égal à celui d’un état de taille moyenne. En maints endroits, ils peuvent imposer leurs choix politiques, même lorsque cela va à l’encontre de décisions prises dans l’intérêt général, par des voies démocratiques.
 
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Tout le monde n’attribue pas la même importance à l’argent. Ceux qui ont d’autres valeurs prioritaires déplorent de devoir se plier aux objectifs de ceux qui détiennent le pouvoir économique. Les personnes qui en ressentent le besoin devraient avoir la possibilité de rejoindre des entreprises où la distinction entre actionnaire et salarié serait atténuée ou n’aurait plus cours. Tous les participants auraient un statut d’associés et recevraient une part de bénéfice en proportion de la pénibilité du travail et des services rendus. Les décisions relatives à la production seraient prises par ceux qui ont les compétences requises. Par contre tout ce qui concerne les conditions de travail serait décidé de façon totalement démocratique. À cet égard, chacun disposerait d’un pouvoir égal, quel que soit sa place dans la hiérarchie. Et il en irait de même lorsqu’il s’agirait de la répartition des bénéfices. Les pouvoirs publics veilleraient à ce qu’un minimum soit assuré à tous en cas de difficulté. L’accès aux capital demanderait lui aussi à être revu en fonction de ces principes. Les entrepreneurs porteurs de projets intéressants et viables devraient pouvoir disposer facilement des capitaux nécessaires pour les mener à bien sans s’endetter même si au départ ils ne possèdent aucune fortune personnelle. Ici également, l’aide de l’état ou des collectivités locales pourrait se conjuguer avec le soutien des particuliers qui sont en sympathie avec les objectifs poursuivis.
 
[[Fichier:Amistad_SV.JPG||droite|vignette]]
Un pour tous, tous pour un et pour une oeuvre commune.
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Grâce à toutes ces modulations chacun parviendrait plus facilement à trouver une place qui serait satisfaisante pour lui tout en étant socialement utile. La plupart des frustrations et des tensions s’estomperaient sans doute. La période actuelle est propice aux changements de cap. Il nous appartient de faire évoluer les sociétés dans un sens ou un autre. Les obstacles qui se dressent devant nous ne sont pas insurmontables. Les solutions peuvent varier considérablement selon le contexte. L’une d’entre elles me semble pouvoir concilier notre besoin de sécurité et notre soif de liberté. Deux sphères distinctes pourraient coexister.