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[[w:Anne Dambricourt|Anne Dambricourt]] a constaté que, depuis 60 millions d’années, le redressement de l’axe de la tête s’opère toujours dans le même sens, de manière régulière et selon les lois des [[w:mathématiques fractales|mathématiques fractales]]. Elle a également remarqué que, depuis les singes primitifs, la période embryonnaire se prolonge de plus en plus. Cette continuité semblant suivre une certaine logique, certains y voient une remise en question du caractère purement accidentel de l’évolution. Dans les milieux scientifiques les thèses Anne Dambricourt ont jusqu’à présent reçu un accueil mitigé.</ref> survenus à ce niveau, nous avons pu accéder à un développement d’une tout autre envergure. Tel est du moins le point de vue actuel de la science. Quel que soit le domaine, celle-ci demeure fidèle à sa méthode qui consiste à progresser à partir de ce qui est connu, sans faire intervenir des considérations d’un autre ordre ou des théories qui ne peuvent ni être ni démontrées ni vérifiées par des observations répétées.
[[Fichier:Timimoun.Préhistoire.JPG|thumb]]
Les premiers outils ont dû être taillés il a près de 2,5 millions d’années. Ils sont probablement l’œuvre d’[[w:australopithèques|australopithèques]]<span> </span>: nos présumés ancêtres. Appartenant comme nous à la famille des [[w:hominiens|hominiens]], ils sont considérés comme des êtres intermédiaires entre le singe et l’Homme. Les frontières sont ici difficiles à établir et dépendent des critères que l’on privilégie. Des ossements de pré-humains ont été retrouvés en Afrique uniquement ; c’est la raison pour laquelle on suppose que l’humanité est née en Afrique et qu’elle a ensuite colonisé l’ensemble de la planète, par vagues successives. Les plus anciennes traces de foyer datent de 500 {{unité|000 |ans}}. Grâce à la maîtrise du feu, l’Homme sera moins dépendant des conditions naturelles<span> </span>: il fera jaillir la lumière dans l’obscurité et pourra survivre dans les régions froides. Comme le feu effraie les animaux, il se sentira plus en sécurité. Une vie sociale plus étroite va pouvoir s’organiser autour du foyer qui revêtira parfois un caractère sacré.
 
100 {{unité|000 |ans}} avant notre ère, nos ancêtres offraient déjà des [[w:sépultures|sépultures]] à leurs semblables. La présence occasionnelle de [[w:cristaux|cristaux]] et de [[w:fleurs|fleurs]] témoigne des liens qui unissaient le défunt à ses proches ou à l’ensemble du groupe. Plus tard, les corps seront quelquefois saupoudrés d’[[w:ocre|ocre]] rouge ou enterrés dans la position du [[w:fœtus|fœtus]]. À ce stade, il s’agit indiscutablement de rites funéraires <ref>Pratiqué à cette époque, les pratiques [[w:anthropophages|anthropophage]] comportent deux versants qui se rejoignent. Ce peut être une façon de s’approprier la force de l’ennemi mais aussi un moyen grâce auquel les défunts peuvent continuer à vivre en celui qui consomme leur chair – le corps de ceux qui les aiment ou les respectent étant la meilleure sépulture.</ref>. Nous pouvons difficilement nous faire une idée de l’état d’esprit de ces temps reculés. Nos interprétations des indices sont nécessairement incomplètes<span> </span>: aujourd’hui encore, chez les [[w:Bochimans|Bochimans]], l’arc est à la fois arme et instrument de musique. Il n’est pas non plus possible d’établir une chronologie standard des étapes de développement. Celles-ci se chevauchent et varient beaucoup d’un endroit à l’autre.
 
[[Fichier:Lascaux_painting.jpg|right|frameless]]
 
L’Homme s’adonne à l’art figuratif depuis au moins 30 {{unité|000 |ans}}. Les premières manifestations incontestables datent de cette époque ; mais elles ont vraisemblablement été précédées par d’autres, effectuées sur des supports périssables. L’art est sans doute né par petites touches à peine perceptibles, et les œuvres les plus anciennes resteront à jamais inconnues de nous. Dans le Sud de la France, l’art des cavernes a pris son essor une vingtaine de millénaires avant notre ère. Il s’agit presque toujours de représentations animales, parfois associées à des sign
 
es abstraits. Sur les parois de ces grottes admirablement peintes, l’être humain est très peu représenté. Les rares exceptions le font apparaître de manière discrète et sous des formes à peine esquissées. Situées souvent en des lieux difficilement accessibles, ces œuvres semblent répondre à des préoccupations à caractère [[w:magique|magique]] ou [[w:religieux|religieux]]. L’espoir d’une chasse fructueuse a pu jouer un rôle mais n’est pas seul en cause <ref>À [[w:Grotte de Lascaux|Lascaux]], on se nourrissait surtout de renne, pourtant cet animal n’est pour ainsi dire jamais représenté. Mais peut-être était-ce simplement en raison de son abondance ou parce qu’on pratiquait sa domestication ?</ref>. Pour leurs auteurs, ces représentations raffinées devaient plutôt être des supports permettant aux Hommes d’établir une relation privilégiée avec certains animaux. Grâce à ces liens, ils pensaient pouvoir s’imprégner de leurs caractères essentiels et acquérir ainsi les qualités qui les caractérisent – C’est, en tous cas, ce qu’un parallèle avec le chamanisme laisse supposer. Ces œuvres témoignent d’une observation très fine de la nature, mais les sujets ne sont pas traités de façon [[w:naturaliste|naturaliste]]. L’artiste semble avoir tenté de saisir des [[w:archétypes|archétypes]]: des formes dotées d’une vie propre et d’un pouvoir créateur.
[[Fichier:Venus_von_Willendorf_01.jpg|right|frameless]]
 
Ces cavernes sanctuaires étaient sans doute le théâtre d’autres manifestations artistiques et rituelles. Un des plus anciens instruments de musique à nous être parvenu est une flûte taillée dans l’os il y a près de 18 {{unité|000 |ans}}. En maints endroits, des statuettes féminines datant de cette époque ont été retrouvées. Elles semblent liées au culte de la féminité plus qu’à celui de la fécondité car elles ne sont pas accompagnées de représentations d’enfants en train de naître ou nouveaux-nés. Par la suite, l’art empruntera d’autres voies et se mettra au service d’objectifs plus diversifiés. D’une période à l’autre, les styles varieront parfois beaucoup. Dans de nombreux domaines, le recours à l’abstraction va acquérir une importance croissante créant peu à peu les conditions propices aux bouleversements à venir.
 
Il y a environ dix mille ans, l’évolution de l’humanité entra dans une phase d’accélération. Avec ce qu’on nomme la [[w:révolution néolithique|révolution néolithique]], un tournant décisif fut pris. Cette émergence avait été préparée par de nombreuses expériences mais, à cette époque, un nouveau genre de vie commença à s’imposer dans plusieurs régions du monde. En adoptant un mode de vie sédentaire et des techniques de conservation de aliments, l’être humain fut amené à devenir le maître d’œuvre de son milieu. En domestiquant les plantes et les animaux, il se mit à assumer d’autres fonctions au sein de la nature. Il cessa d’être un simple prédateur pour jouer désormais un rôle actif dans la production de ce qu’il consomme. Il accéda à une autre conscience de l’espace. Le territoire fit place à la propriété. L’évaluation du temps devint nécessaire. Grâce à toutes sortes de progrès techniques, l’Homme jouira d’un plus grand bien-être et son existence portera de plus en plus l’empreinte de sa volonté. En contrepartie, de nouvelles contraintes apparaîtront.
 
Peu à peu, les villages vont s’agrandir. Des échanges commerciaux s’établiront entre les communautés. L’organisation sociale progressera elle aussi et des institutions se mettront en place. Au VII<sup>e</sup> millénaire av. J.-C., la [[w:cité de Jéricho|cité de Jéricho]] était déjà entourée d’une enceinte et comptait plus de 2000 habitants. Dans le même temps, [[w:Çatal Huyuk|Çatal Huyuk]], une importante cité d’[[w:Anatolie|Anatolie]], entrait dans une longue période de prospérité et de paix relative. Malgré ses 12 hectares, la ville ne possédait pas de rues<span> </span>: on entrait dans les maisons par le toit. Les fresques murales attestent de l’existence d’une mythologie déjà complexe et laissent supposer que le [[w:matriarcat|matriarcat]] y a joué un rôle non négligeable. Dès le [[w:néolithique|néolithique]], d’importants conflits devaient sans doute se produire. En Europe, des charniers de plusieurs dizaines de personnes ont été découverts. Ils datent d’environ {{unité|5000 |ans}} avant notre ère. Comme il ne s’y trouvait ni enfant ni jeune femme, il s’agissait sans doute de faits de guerre.
[[Fichier:Vas_amb_decoració_impresa_cardial,_Cova_de_l'Or_de_Beniarrés,_Museu_de_Prehistòria_de_València.JPG|thumb|Espagne<span> </span>: 5000 - 4200 av J.C]]
Avec la spécialisation des tâches, une partie de la population pourra se consacrer à d’autres travaux que ceux qui sont liés à la simple subsistance. La vie de l’esprit pourra se développer de manière autonome<span> </span>: des civilisations apparaîtront. Une grande diversité va se manifester à travers les époques et les continents. Certaines populations conserveront leur mode de vie tandis que d’autres ne cesseront de se transformer au contact de multiples influences. Par delà les différences d’expression culturelle, de nombreux liens de parenté subsistent. Ainsi, plusieurs dizaines de racines sont communes à toutes les langues parlées aujourd’hui.
[[Fichier:Statue_Gudea_Met_59.2.jpg|right|frameless]]
 
Le Nord était occupé par les Akkadiens. Arrivés plus tardivement, ceux-ci parlaient une langue [[w:sémitique|sémitique]] <ref>Ce mot vient de [[w:Sem|Sem]]<span> </span>: le prénom que portait un fils de Noé. Le terme sémite désigne un groupe de langues. L’arabe et l’hébreu sont les plus connues.</ref> de type oriental. Des cités états se constituèrent peu à peu. Au début, elles étaient gouvernées par des souverains qui exerçaient des fonctions à la fois politiques et religieuses. Les plus prestigieuses de ces principautés avaient pour nom [[w:Lagash|Lagash]], [[w:Our|Our]], [[w:Kish|Kish]] … ou [[w:Mari|Mari]]. Certaines devaient sans doute abriter un grand nombre d’habitants<span> </span>: il y a {{unité|5000 |ans}}, une muraille de brique de dix kilomètres de tour entourait la ville d’[[w:Ourouk|Ourouk]]. Les cités entretenaient des liens de coopération, mais les plus puissantes essayaient d’imposer leur domination et les guerres étaient fréquentes.
 
Au terme d’une série de conquêtes, l’Akkadien Sargon 1er fonda, vers 2350 av. J.-C., le premier empire mésopotamien véritablement unifié. Moins de deux siècles plus tard, le pays fut envahi par les [[w:Goutis|Goutis]]. Ces montagnards venus du [[w:Zagros|Zagros]] vénéraient tout particulièrement une [[w:divinité|divinité]] féminine. À propos de ce peuple, un fait rare dans l’Histoire du monde mérite d’être signalé: il arrivait que des femmes commandent des armées. Vers 1830 avant notre ère, [[w:Babylone|Babylone]] devint la capitale d’un empire qui allait se maintenir durant environ trois siècles. La cité elle-même restera influente pendant encore un millénaire. Il y a {{unité|2500 |ans}}, elle comptait 500 000 habitants. Plusieurs guerres opposeront des envahisseurs européens aux peuples de la région. À partir du XIII e av. J.-C., la [[w:Mésopotamie|Mésopotamie]] subira de longues périodes de domination [[w:assyrienne|assyrienne]]. Vers – 650, le pouvoir passera aux mains des [[w:Chaldéens|Chaldéens]] jusqu’à l’arrivée des troupes de [[w:Cyrus|Cyrus]], en 539 avant notre ère. La région de Babylone sera alors rattachée à l’Empire [[w:Perse|Perse]]. Aujourd’hui, « le pays entre les deux fleuves » se trouve partagé entre l’[[w:Irak|Irak]], la [[w:Syrie|Syrie]] et l’[[w:Iran|Iran]].
 
[[Fichier:Flickr_-_Nic's_events_-_British_Museum_with_Cory_and_Mary,_6_Sep_2007_-_185.jpg|right|frameless]]
== L’Amérique précolombienne ==
 
Il y a 30 {{unité|000 |ans}}, les Hommes avaient déjà commencé à coloniser l’[[w:Amérique|Amérique]]. Les premiers arrivants pénétrèrent par vagues successives à une époque où l’emplacement du [[w:détroit de Béring|détroit de Béring]] n’était pas recouvert par la mer <ref>Le détroit de Béring rendait possible le passage à pied de [[w:Sibérie|Sibérie]] en [[w:Alaska|Alaska]].</ref>. Une incursion [[w:Viking|Viking]] eut lieu dans le courant du Xe siècle au S-E du [[w:Groenland|Groenland]] ; mais elle fut repoussée et resta sans lendemain. À l’arrivée de [[w:Christophe Colomb|Christophe Colomb]], au XVIe, le continent comptait sans doute plus de 50 millions d’habitants.
 
[[Fichier:British_museum68.jpg|right|frameless]]
 
Le Nord était occupé par les populations sédentaires des [[w:pueblos|pueblos]] et par des tribus qui se déplaçaient au rythme des saisons. De nombreux traits culturels attestent leurs origines asiatiques <ref>Près de Columbia, des restes d’Hommes blancs (au sens large) ont été exhumés. Ils ont des caractères [[w:caucasoïdes|caucasoïdes]] et seraient vieux de {{unité|9300 |ans}}. Des ossements humains très anciens sont également présents en Amérique du Sud<span> </span>: ils dateraient de {{unité|24000 |ans}}. L’hypothèse d’un peuplement par cet hémisphère ne peut être exclue. On pense notamment à des Polynésiens.</ref>. – Les langues présentent des similitudes et les pratiques chamanistes sont quelquefois les mêmes. Les différents peuples étaient groupés en confédérations où chacun conservait son indépendance. La constitution des [[w:États-Unis|États-Unis]] a d’ailleurs dû s’inspirer de ce modèle. On y retrouve le même idéal d’auto-détermination et la prise en compte des différences. Les « [[w:Peaux-rouges|Peaux-rouges]] » avaient un sens profond de la nature. Ils se considéraient comme une espèce parmi d’autres, mettant l’accent sur le caractère sacré de la Terre<span> </span>: la Mère de tous les êtres. Au président des États-Unis qui voulait lui acheter <ref>Entre les civilisations, les malentendus sont quelquefois importants. Selon leurs dires, les Indiens ne savaient pas qu’ils vendaient l’île de Manhattan. Ils croyaient seulement avoir accepté de partager la terre avec leurs frères blancs et ne voyaient pas d’inconvénient à accepter en échange un petit cadeau de 24 couronnes...</ref> le territoire où il vivait, un chef [[w:Seattle|Seattle]] répondit dans une lettre pleine de dignité et de poésie<span> </span>: « Ce n’est pas la Terre qui appartient à l’Homme mais l’Homme qui appartient à la terre. » Les colons étaient empreints d’un tout autre système de valeurs<span> </span>: ils venaient pour exploiter la [[w:faune|faune]], la [[w:flore|flore]] et le sous-sol. La nature était pour eux une ennemie qui devait être dominée. Ils n’éprouvaient pas non plus de respect pour ceux qu’ils pensaient être des sauvages à la limite de l’humain. Malgré une résistance [[w:pathétique|pathétique]], les [[w:Amérindiens|Amérindiens]] durent se soumettre et accepter de vivre dans les réserves qui leur étaient attribuées. Depuis lors, en raison de la profondeur du traumatisme, l’équilibre est difficile à retrouver. Sur cette terre, où ils sont considérés comme des étrangers, l’identité des indiens a de la peine à trouver des voies d’expression. Un espoir intime demeure cependant car, pour les [[w:Navajos|Navajos]] par exemple, l’esprit humain est une partie du Grand Esprit.
 
[[Fichier:William_Notman_studios_-_Sitting_Bull_and_Buffalo_Bill_(1895)_edit.jpg|right|frameless]]
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