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L’attitude que l’on a, face au ‘’Dernier théorème’’ (on dirait le titre d’un roman, ce qu’il est en effet) dépend donc de l’''a priori'' choisi au départ. Si l’on choisit celui qui est favorable, on se dit que Fermat, pédagogue et facétieux à la fois, est avant tout un honnête homme et qu'il n’a pas dû en rester là. On est prêt alors à chercher assidûment tous les indices qu’il aurait pu nous laisser, en ne négligeant absolument aucune piste et en cherchant les meilleurs arguments. Eric Temple Bell croyait en une preuve de Fermat et pensait que la civilisation probablement s'éteindrait avant que le Dernier théorème soit résolu. Il n'était pourtant pas totalement exclu que le théorème soit un jour prouvé par une méthode très complexe, ce fut le cas, et on découvrira encore d'autres preuves complexes. Vouloir à tout prix croire que Pierre de Fermat n’aurait pu trouver une preuve empirique, donc beaucoup plus simple que celle de Wiles en 1994, est une mal-mesure criante de la science des nombres, et plus généralement de l'intelligence humaine.
 
Cette étude ne pouvait trouver meilleur exemple de pantalonnade venant d’un professionnel de notre époque, que ce à quoi j'ai assisté en direct lorsque je travaillais à la rédaction de la fiche Wikipédia sur le théorème. Un wikipédien joueur de go crut bon de faire appel à son ami Pierre Colmez, joueur de go lui aussi, dont l'opinion figure maintenant en page de discussion du théorème : ''« Ce qui est sûr, c'est que toutes les démonstrations auxquelles Fermat auraient pu penser à son époque se cassent la figure. […] »'' Colmez a donc deviné tout ce à quoi Fermat « ''auraient pu penser. »'' Ça frise le génie. La meilleure réponse à lui apporter est [[Recherche:L’énigme de Fermat passée au crible#Conte_%C3%A0_gu%C3%A9rirConte à guérir,_conte_%C3%A0_grandir conte à grandir|celle-ci]]. Ce qui est sûr et symptomatique c'est que [[w:Pierre_Colmez|Pierre Colmez]], en plus de s'adonner à un jeu de stratégie qui fait appel à la ruse, est aussi un mathématicien professionnel. La suite de son invention ne manque pas de sel : ''« mais on ne peut pas empêcher les optimistes de croire qu'il a eu une révélation complète de toute une théorie qui nous aurait échappé jusqu'ici, mais va expliquer ça aux gens qui veulent croire à la révélation divine... »''
 
C'est je crois le meilleur exemple d'outrecuidance qu'on puisse trouver venant d'un mathématicien. On voit comment des professionnels formatés par des siècles de croyance agréable, censés être dotés d’un esprit rigoureux et d'un minimum de bon sens mais esclaves de leurs préjugés, peuvent tomber tête baisée dans un piège admirable, bernés de la plus subtile des manières par un génie, et ne trouver aucun argument sérieux, se résignant faute de mieux à évoquer une éventuelle « révélation divine » chez Fermat, désignant ainsi le plus grand mathématicien de son siècle comme un mystique dont les plus magistrales inventions lui seraient tombées du ciel. Nous n'avions encore jamais rencontré un si bel argument mais ce n'est qu'un de plus, dans le passé déjà « ''des mathématiciens qui avaient fait de vains efforts pour démontrer les théorèmes trouvés par Fermat ont voulu jeter quelque doute sur la réalité des démonstrations qu’il déclarait posséder, et ils ont supposé que ce grand géomètre était parvenu à certains résultats plutôt par induction et un peu au hasard que par une analyse rigoureuse de la question »'' (Libri). Admirons au passage la jolie faute d’orthographe sur Wikipédia dans « ''toutes les démonstrations auxquelles Fermat ‘’auraient’’ pu penser »'', qui est un joli lapsus. Pourquoi ce pluriel ? Nombreux sont ainsi les devins très imaginatifs qui connaissent une infinité de démonstration''sss'' auxquelles Fermat ‘’auraient’’ pu penser, tant il est doux à l'égo de se croire supérieur à un génie. L'ironie de l'histoire veut qu'un joueur de go déclare savoir tout ce à quoi Fermat « ''auraient pu penser »,'' tandis que nous avons exposé tous les indices que Fermat, par des codages très subtils, ''a pensé à nous laisser''. Où l'on voit une nouvelle fois que dans la sphère mathématicienne où il suffit de quelques tout-sachants pour influencer des foules entières, la capacité d'analyse et l'esprit de finesse ne sont pas les vertus les plus répandues. ''« Les savants font la guerre aux préjugés populaires, sans s'apercevoir qu'ils sont eux-mêmes tout pleins de préjugés pour le moins aussi nombreux, quoique différents, et bien plus dangereux pour la société. [...] Les savants et les sots, comme les oies sauvages, aiment à se réunir et à voyager en troupes. Le philosophe, comme l'aigle, aime à s'élever solitaire dans les cieux d'où il plane au-dessus des préjugés des savants et des sots. »'' (Auguste Guyard, Quintessences, 1847). L'outrecuidance et l'aveuglement propres aux orgueilleux pessimistes contempteurs de Fermat n’auront pas épargné beaucoup de sachants, et on se demande quelle apogée pourrait atteindre un jour une légende urbaine aussi enracinée et aussi nécessaire à leurs besoins.
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