« Nouvelles figures de l’utilisateur dans une économie de l’attention/Proposition de design pour un dispositif répondant aux attentes » : différence entre les versions

Ainsi, notre dispositif se propose d'annuler cette "solitude du lien". Deux réponses sont envisagées : redonner de la valeur à une"présence-lien" ou à une "absence-rupture". Au lieu d'être dans un entre deux (se sentir seul.e même entouré.e), l'idée est de (ré)apprendre à être vraiment seul.e (absence-rupture) et/ou créer une vraie valeur à la présence physique et émotionnelle avec l'autre (présence-lien).
 
Concrètement, c'est reprendre basiquement l'idée de la proposition #4 : par exemple déposer son téléphone, et avoir le droit de l'utiliser qu'en consommant (si on est au bar). Mais avant même de procéder à cette solution, le but est aussi de retrouver cette capacité à être seul.e sans que cela soit symptomatique. Si notre hypothèse se base sur la ''solitude auto-renforcée'' c'est que le problème est notre rapport à notre solitude alors autant jouer sur ça. Comment ?
 
==== ''La solitude auto-renforce'' ====
La solitude peut être ressentie de manière physique comme psychologique. Par conséquent, la solitude comprend une multitude de déclinaisons.
 
Dans notre cas, nous nous intéressons principalement à son aspect sentimental, la solitude en tant que ressentis c'est-à-dire le sentiment qu’autrui nous est absent ou plutôt inaccessible. Cet aspect de la solitude peut également être conjugué avec une forme d’isolation sociale, un manque de relations ou de liens sociaux vécues par le sujet de manière objective ou bien par comparaison avec le capital social que détiennent les autres. <ref>[https://sulisom.unistra.fr/wp-content/uploads/2018/11/Article-Se%CC%81bastien-Dupont-Spiritualite%CC%81-Sante%CC%81.pdf La solitude | une maladie du XXIe siècle par Sebastien Dupont]</ref>
 
Sur la base de ces différentes définitions de la solitude ainsi qu’à partir de certaines recherches et des résultats du questionnaire nous avons fait le choix de nommer la solitude engrangés par les réseaux sociaux “solitude auto-renforcée".
 
La solitude auto-renforcée peut en effet agir sur le plan psychologique lors d’une situation sociale, entourée par plusieurs personnes, ne trouvant pas sa place, le sentiment qu'autrui est inaccessible ou plutôt l’impression que nous ne pouvons pas l’atteindre se fait ressentir.
 
Instinctivement l’individu se saisit de son téléphone (phubbing), une manière en un sens d’être confronté à un environnement qui lui est familier (puisqu'il est constitué de ses préférences), mais aussi de combler ce manque d'interaction en chattant avec d’autres personnes par le biais des réseaux. Dans cette situation, l’utilisation du téléphone portable ainsi que des applications constituent donc pour l’individu une forme de fuite face à cette solitude sociale et psychologique qui se présente à lui.
 
Bien que le fait de communiquer avec quelqu’un d’autres à travers son téléphone puisse pallier partiellement à la solitude du sujet, cela ne pourra tout de même pas estomper le sentiment de solitude tel qu’il est vécu pendant cette situation sociale. Au contraire, ce geste ne fera que renforcer la situation de solitude<ref name=":3">[https://www.ajpmonline.org/article/S0749-3797(17)30016-8/fulltext Social Media Use and Perceived Social Isolation Among Young Adults in the U.S.]
 
Brian A. Primack, MD, PhD
 
Ariel Shensa, MA
 
Jaime E. Sidani, PhD, MPH
 
Erin O. Whaite, BS
 
Liu yi Lin, MD
 
Daniel Rosen, PhD
 
Jason B. Colditz, MEd
 
Ana Radovic, MD, MSc
 
Elizabeth Miller, MD, PhD</ref>.
 
Enfermé dans sa bulle connectée, l’individu se referme petit à petit dans sa solitude et dresse lui-même des remparts à sa socialisation. En étant mentalement absent de la situation sociale dans laquelle il se trouve, l’individu restreint inconsciemment sa relation aux autres.
 
En effet, il a été prouvé par des chercheurs que l’utilisation des réseaux sociaux renforcent de manière conséquente “l’isolement social perçu”<ref name=":3" />. Par conséquent, en utilisant son téléphone l’individu n'accroît pas seulement sa solitude sociale, il renforce également sa solitude psychologique et cette impression d'être seul même au sein d'un groupe ou d'une foule<ref>[https://www.cairn.info/concepts-en-sciences-infirmieres-2eme-edition--9782953331134-page-278.htm '''Solitude''' Hélène Peynet]
 
[https://www.cairn.info/concepts-en-sciences-infirmieres-2eme-edition--9782953331134-page-278.htm Dans Les concepts en sciences infirmières '''(2012)''', pages 278 à 281]</ref>.
 
La solitude auto-renforcée agit donc comme une sorte de spiral : on se sent seul alors on saisit son téléphone, ce qui renforce ce sentiment de solitude à la fois psychologiquement et socialement.
 
=== Références ===
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