Colonisation et décolonisation/Guerre d'Algérie

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Le conflit opposant les indépendantistes algériens à l'État français de 1954 à 1962 est appelé officiellement côté français les « évènements d'Algérie », puis à partir de 1999[1] la « guerre d'Algérie » ; côté algérien c’est la « révolution algérienne » ou la « guerre d'indépendance ». Comment l'Algérie est-elle décolonisée ?
Article détaillé : Chronologie de la guerre d'Algérie.

Guerre d'Algérie
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Chapitre no 2
Leçon : Colonisation et décolonisation
Chap. préc. :Empire français en 1931
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La guerre d'Algérie

Début du conflit

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Alphonse Birck, Almanach du Petit Colon Algérien, 1893.

Conquise à partir de 1830 et progressivement annexée, l'Algérie est ainsi considérée comme partie intégrante du territoire français.
Articles connexes : Conquête de l'Algérie par la France et Algérie française.

Avec la Constitution de 1946, toutes les colonies françaises deviennent des départements ou des territoires d'outre-mer ; tous les habitants deviennent des citoyens français, mais divisés en deux collèges. Dans les départements algériens créés dès 1848, il y a en 1947 un million de citoyens du premier collège (les « Pieds-Noirs » à statut civil de droit commun) et huit millions de citoyens du second collège (les musulmans à statut civil coranique), chaque collège ayant autant de représentants à l’Assemblée algérienne. Les collèges sont supprimés en 1956 (loi-cadre Defferre), mais seulement en 1958 pour l'Algérie.


Cette société inégalitaire et la montée du nationalisme arabe favorisent la naissance de mouvements algériens militant d’abord pour l'égalité, puis pour l'autonomie ou l'indépendance. La violence monte : par exemple une manifestation nationaliste est violemment réprimée le 8 mai 1945 à Sétif et Guelma dans le Constantinois ; cette répression fait plusieurs milliers de victimes.

En octobre 1954, un mouvement appelé Front de libération nationale (FLN) est créé, regroupant les indépendantistes. Le 1er novembre 1954, sa branche armée lance une vague d'attentats dans toute l'Algérie ; cet événement est appelé la « Toussaint rouge », il marque le début des combats.
Article connexe : Mouvement national algérien.

Répression de la guérilla

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Actualités américaine du 21 mai 1956.

L'action des groupes nationalistes algériens entraine un déploiement massif de l'Armée française (y compris le contingent, qui y fait son service à partir de 1956) et par la répression policière : les indépendantistes ont alors recours à la guérilla, aux assassinats, aux attentats à la bombe, à l'extorsion et à la terreur. S'y rajoutent les luttes internes entre nationalistes (FLN contre MNA ou PCA, la bleuite et les purges internes).

En réponse, l'Armée française reçoit les pouvoirs de police pour mener des « opérations de pacification » (assistance sociale, propagande, sections administratives spécialisées) et de contre-guérilla (quadrillages, renseignement, embuscades et camps de regroupement). Lors de la bataille d'Alger en 1957, les militaires démantèlent les réseaux de poseurs de bombes en pratiquant massivement des tortures et des exécutions.
Articles connexes : Massacres du Constantinois en 1955, Torture pendant la guerre d'Algérie et Attentats pendant la guerre d'Algérie.

Indépendance

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L'accès à l'indépendance de l'Algérie peut être qualifiée de « douloureuse ». L'agitation des partisans du maintien de l'Algérie française, soutenus par une partie de l'Armée et dans un climat proche de la guerre civile, entraîne le retour de Charles de Gaulle au pouvoir en mai 1958. Celui-ci obtient de l'Assemblée les pleins pouvoirs et rassure les Pieds-Noirs et les militaires (« Vive l'Algérie française ! » le 6 juin à Alger), mais finit par penser que la décolonisation devient inévitable.

Mais de Gaulle finit par évoquer le droit des Algériens à l'autodétermination (discours du 16 septembre 1959), ce qui entraine à Alger d’abord la « semaine des barricades » (insurrection de civils et de réservistes) en janvier 1960, ensuite le « putsch des Généraux » en avril 1961 (nouvelle tentative de coup d'État militaire) et enfin les attentats de l'OAS (Organisation armée secrète).

Les Accords d'Évian signés entre le gouvernement français et le gouvernement provisoire algérien (GPRA, issu du FLN) le 18 mars 1962, ratifiés par référendum en France métropolitaine puis en Algérie, conduisent à la proclamation de l'indépendance de l'Algérie le 5 juillet 1962. Mais le même jour à Oran, des dizaines de Pieds-Noirs sont assassinés (Massacre du 5 juillet 1962) ; pris de panique ils se réfugient massivement en métropole. Également une campagne d'élimination des harkis (Algériens musulmans rattachés à des unités combattantes de l'Armée française) s'engage. Les harkis sont abandonnés par la France : seules 43 000 personnes parviennent à fuir et sont installées en France dans des camps.
Articles détaillés : Exode des Pieds-Noirs ; Harkis pendant la guerre d'Algérie.

Tensions actuelles

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Cinquante ans après, l'indépendance de l'Algérie est l’objet d'une guerre des mémoires entre les deux points de vue français ou algérien :

  • ce sont les « évènements » puis la « guerre d'Algérie » ou la « guerre d'indépendance » ;
  • les morts du FLN sont des « fellaghas terroristes » ou des « martyrs de la résistance » ;
  • les harkis sont des « supplétifs de l'armée » ou des « traîtres collaborateurs », etc.

NB : cette loi est suivie du décret n° 2006-160 du 15 février 2006[4] portant abrogation du deuxième alinéa de l’article 4 de la loi n° 2005-158 du 23 février 2005.

NB : le roi Massinissa est le premier roi de Numidie dans l'Antiquité, un des alliés de Rome contre Carthage lors de la deuxième guerre punique. Son mausolée se trouve à Soumâa El-Khroub, près de Constantine, l'ancienne Cirta (capitale du royaume de Numidie). Il est devenu un symbole de l'indépendance berbère (« berbère » s'écrit ⴰⵎⴰⵣⵉⵖ Amazigh, au pluriel ⵉⵎⴰⵣⵉⵖⴻⵏ Imazighen), algérienne (une ville nouvelle du nom de Massinissa a été construite à côté de sa tombe) et au-delà de toute l'Afrique face aux interventions européennes (« l'Afrique appartient aux Africains »).

NB : la proposition de loi Mariani a été refusée par l'Assemblée nationale française.

À lire :

  • 50 ans après la Guerre d’Algérie, retour sur près de huit années d’une guerre qui a laissé des traces profondes de part et d’autre de la Méditerranée, articles en ligne
  • Guerre d’Algérie : le choc des mémoires, en ligne

Notes et références

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