Histoire de l'enseignement en France/L’héritage

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L’héritage
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Chapitre no 1
Leçon : Histoire de l'enseignement en France
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L'héritage grec pèse encore sur la pédagogie contemporaine. Les sophistes nous ont laissé la dichotomie fondamentale entre disciplines littéraires et scientifiques. L'école socratique a posé la nécessité d'une philosophie de l'éducation et proposé une démarche didactique fondée sur le fonctionnement de l'esprit humain dans le domaine de la connaissance. Aristote enfin en privilégiant l'usage de la logique a marqué près de vingt siècles d'enseignement.

L’héritage grecModifier

On considère que c’est au V° siècle avant J.-C., pendant le siècle de Périclès qu’apparaissent dans le monde méditerranéen un enseignement général délivré par des enseignants publics de métiers opérant dans les gymnases ou sur l’agora contre rétribution : les Sophistes. Dans une société surtout orale, ils organisent leur discours pour mieux transmettre leurs savoirs : la mnémotechnique se concrétise à travers algorithmes, rythmes poétiques, théâtre ou fables. Cet enseignement est orienté selon deux axes théoriques complémentaires :

  • le quadrivium ou sciences des techniques - arithmétique, géométrie, astronomie et musique. Si on ne peut nier leur utilité, on reproche à ces spécialistes de tout ignorer des hommes.
  • le trivium ou sciences de la communication - grammaire, rhétorique et dialectique. Cet enseignement, dispensé par ceux qui ignorent tout des choses, forme les politiciens.

Socrate puis Platon (428-348), déplorant que ce trivium ne forme pas à la vertu indispensable au citoyen éclairé, font de la morale une science théorique dont Platon définit le cheminement pédagogique. Si l'autonomie est la condition de l'objectivité scientifique et finalité de toute éducation son accès est gêné par le chaos mondain . Le rôle de l'éducateur est donc de guider l'élève en lui indiquant à regarder où il faut. Cette hétéronomie est la première étape et la voie d’accès au libre exercice de l'autonomie et du jugement critique. L'éducateur doit ensuite multiplier les expériences par des séries de questions, soutenues par l'ironie, pour accoucher la connaissance incluse de façon innée dans l'esprit humain mais incapable d’en sortir par ses propres moyens. La maïeutique (maïeutike = accoucher) se présente comme un processus didactique universel dont les mathématiques et la dialectique sont les principaux supports. Les processus mnémotechniques externes des contenus sophistes se trouvent décentrés vers les processus de fonctionnement des élèves eux-mêmes.

Son disciple Aristote (384-322) assure à la cour de Philippe de Macédoine le préceptorat du futur Alexandre le Grand (356-323). L'amitié et la destinée historique de celui-ci assurent à sa pensée - aussi qualifiée de péripatétisme - une large diffusion qui domine le monde intellectuel jusqu'à la fin du Moyen-âge. Alors que Platon résout ce problème de façon pratique à travers deux matières d'enseignement - les mathématiques et la dialectique - associées à une démarche didactique - la maïeutique - Aristote s'attaque au niveau théorique du problème dans l'Organon qui est le fondement de la logique. Celle-ci permet de passer de façon universelle du connu au nouveau par l'usage d'un procédé simple : le syllogisme à trois propositions, la majeure, la mineure et la conclusion. Le syllogisme n'apprend pas : il est l'accès aux racines même de la production de la connaissance. Le péripatétisme qui se développe à partir du lycée d'Athènes et de l'université d'Alexandrie fondée par Alexandre en 331 av. J.-C. pénètre en Gaules avec la conquête de César (50 av. J.C.) puis y domine la réflexion intellectuelle du haut Moyen-âge jusqu'à la Renaissance.

Le Haut-moyen âgeModifier

Il y co-habite avec le christianisme devenu dans les premiers siècles un élément majeur d'éducation populaire malgré les persécutions dont il est l'objet. La liberté religieuse octroyée par Constantin 1° en 312 puis la conversion de Théodose amplifie son implantation sous le Bas-Empire. Dès la fin de l’Empire romain d'occident (476) et le baptême de Clovis par Saint Rhémy (496) la colonisation des monastères marque le haut Moyen-âge. Les écoles monacales qui y sont associées assurent l'essentiel de l'enseignement pendant la période mérovingienne s’achève sous la menace de la nouvelle civilisation arabe.

Charlemagne, sacré empereur romain d'occident à l'extinction des derniers mérovingiens, les rois fainéants, multiplie les écoles sur les conseils de son conseiller Alcuin (735-804). A côté des écoles monacales régies par le clergé régulier on voit aussi apparaître des écoles presbytérales et épiscopales, respectivement attachées aux paroisses, aux évêchés et parfois aux cours provinciales, qui relèvent d'un clergé plus indépendant. L'école franque, avec des variantes régionales, est marquée par les caractéristiques suivantes :

  • la fonction de l'école qui est de fournir des clercs engendre un enseignement démocratique. Les enfants des serfs y ont accès et les meilleurs composent la hiérarchie de l’ordre qui les a instruits : Saint Eloi (588-660) évêque et ministre de Dagobert, est simple artisan ;
  • l'enseignement se répartit entre l'étude des textes sacrés et ceux d'auteurs grecs traduits en latin, langue savante, diplomatique et commerciale qui résout les problèmes posés par la multiplicité des dialectes ;
  • ce qui existe pour les garçons existe également pour les filles depuis Césaire d'Arles (470-543). Cependant peu de femmes atteignent le statut de docteurs de l’église à travers toute l’histoire (Catherine de Sienne 1347-1380, Thérèse d'Avila 1515-1582) ;
  • enfin une différenciation politique commence à se dessiner entre les écoles monacales, fortement catholiques romaines et certaines écoles épiscopales plus sensibles aux intérêts locaux qui préfigurent un certain gallicanisme.