Le Dernier Jour d'un condamné/Chapitre XIII, commentaire no 1

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Chapitre XIII, commentaire no 1
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Chapitre no 4
Leçon : Le Dernier Jour d'un condamné
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Le Dernier Jour d'un condamné/Chapitre XIII, commentaire no 1
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Introduction

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Victor Hugo est un poète, dramaturge et prosateur romantique français du XIXe siècle. Il se manifeste comme un des chefs de file du mouvement romantique français avec Notre-Dame de Paris en 1831, et plus encore avec Les Misérables en 1862. Il est considéré comme l’un des plus importants écrivains de langue française. En 1829, il a publié Le Dernier Jour d’un condamné, un plaidoyer romancier pour l’abolition de la peine de mort pendant la Restauration sous Charles X. Le récit est raconté par un narrateur interne, qui est condamné à mort pour une raison pas présente dans le roman.

Questions possibles

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  • Comment le ferrage des forçats se présente-t-il comme un spectacle ?

Un tableau particulièrement réaliste

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Une description minutieuse

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Premièrement, on remarque de l'environnement dans laquelle l'intrigue se situe est particulièrement réaliste. En effet, il y a une description minutieuse du ferrage et de la scène en générale. L'usage du vocabulaire concret et technique permet de représenter les apparences des personnages présents avec la précision grâce à la présence du champ lexical du vếtément et du corps, comme « chapeaux tressés », « chemises trempées », « vestes », « pantalons » ainsi que « cou », « membres » et « lèvres ».

Cette présentation de l'univers caracéral est en effet exhaustive. Il y a un effet documentaire renforcé par les détours sur les carcans, qui sont décrits avec des phrases déclaratives longues et complexes. La description est aussi soutenue par les comparaisons qui servent à définir ce que n’est pas possible avec des adjectifs. Par exemple, « comme à point nommé » et « comme une coquille de noix ». De plus, l'usage des verbes au présent de vérité générale comme « sont », « s'ouvre » et « figurent » rend la scène plus animée et vivante. Plus encore, les verbes de mouvement renforcent cette idée comme « poussait », « claquaient » et « s'entrechoquaient ».

Une organisation très rationnelle de la scène

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Deuxièmement, cette description s'organise très rationnellement dans la scène pour bien préciser le cadre spatio-temporel. L'une de ces précisions est spatiale, marquée par la forte présence des compléments circonstanciels du lieu comme « sur », « dans », « autour ».

Une autre est temporelle par nature avec les compléments circonstanciels du temps comme « jusqu'alors », « quand », « à père », « au moment », « après » et « en clin d'œil ».

Par ailleurs, il y a un enchainement logique des faits afin de mettre en valeur ses causes et conséquences en employant des connecteurs logiques comme « voilà que », « quand », « afin que » et « alors ».

Cependant, cette organisation sert à fonder la base de la mise en scène troublante vécue par le narrateur.

Une mise en scène troublante

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Un spectacle fondé sur le voyeurisme

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En premier temps, ce spectacle est fondé sur le voyeurisme. La mise en scène du personnel pénitentiaire sert à représenter les rôles sans sujet humains, avec l'absence des noms, pour les déshumaniser et les laisser jouer le rôle de la personnification du système carcéral.

Le public réagit en revanche émotionnellement avec le champ lexical de la joie comme « acclamations », « applaudissements », « excita » et « enthousiasme ».

Cependant, les forçats sont des acteurs de ce spectacle malgré eux selon l'usage des négations exceptives comme « ne voyait […] que » et « n’entendait […] que » qui indique qu'ils sont empêchés de faire ce qu'ils veulent faire. Le champ lexical de la vision présent dans le texte provoque cet effet du voyeurisme et focalise sur ce que chaque personnage de la scène regarde. Par exemple, « remarquer », « voyait », « voir », « image » et « curieux » qui porte un sens péjoratif, c’est-à-dire un regard inquisiteur ou l'indiscrétion.

Une pantomime grotesque et pathétique

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En second temps, cette mise en scène troublante est aussi caractérisée par la pantomime grotesque et pathétique des forçats. Ils sont réduits à leur corps pour se manifester une présentation animale et sauvage. En effet, le champ lexical du costume des forçats enlève leur humanité en ne focalisant que sur l’apparence, comme « chapeau tressé » et « avait un visage d'une jeune fille ». Ils sont aussi comparés aux animaux pour mettre en valeur le lien entre eux et la sauvagerie. Par exemple, « avec l'agilité d'un serpent ». Cela s'étend aux voix des forçats qui sont décrites comme animales et barbare comme « hurlant », « bruyantes bravades » et « cris grêles ». Ce dernier est un polysémie qui a pour sens humain, un appel à l'aide, ainsi que pour sens animal, un cri tribal ou la parole des animaux.

De plus, cette moquerie est transformée en un mauvais jeu, c'est-à-dire ce châtiment est réinterprété comme un divertissement pour le peuple. Les gestes excessives connotées par les verbes « s'écria » et « s'essuyant » permettent d'établir un discours indirect libre, conjointement à l'usage d'italique pour dénoter des didascalies théâtrales. En effet, le terme « programme » est un terme théâtral pour consolider cette notion.

La dénonciation de l'inhumanité de la justice

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La témoignage engagé d'un condamné

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Le but de ce plaidoyer romancier est de dénoncer la peine de mort en démontrant l'inhumanité de la justice par la témoignage engagé d'un condamné. Pour émouvoir le lecteur, Hugo emploie le registre pathétique en précisant la durée de la torture supportée par les forçats. Par exemple, « c'était pitié de » est de valeur de l'imparfait duratif, « chaque coup de marteau […] fait rebondir » est de valeur du présent de narration, rendant la scène plus vivante et actuelle. De plus, le vocabulaire d'indignation permet de traduire le sentiment cru des forçats et de provoquer la peur chez le lecteur, comme par exemple « torture », « affreux », « terreur », « effrayant », « armés » qui évoque la violence et désigne aussi la masse de fer, « patient » qui a pour origine étymologique latine de patio qui traduit « souffrir », ainsi que l’hyperbole « dernière des misères » qui a pour connotation que ceci est le pire sort possible. En outre, l'usage du pronom personnel à la première personne « je » permet de transmettre le point de vue direct des forçats et mettre en valeur de l'objectivité sur le sujet, pour but de dénoncer ce châtiment cruel.

La déshumanisation des forçats

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Finalement, les forçats sont surtout déshumanisés, et considéré comme un aspect de leur punition à l'époque, la société les chasse. On remarque qu'il y a un dérèglement de l'activité humaine pour mettre en valeur l'instabilité de ces forçats après étant dépouillés de leur dignité, comme par exemple l'expression « mettre le fou » qui dénote la folie chez les forçats. La forte présence des antithèses évoque aussi cette instabilité, comme entre « furieux » et « gai », entre « romance » et « argot », ainsi qu'entre « rire » et « furibondes ». Pour structurer la scène dite instable, les outils temporels permettent de représenter ce spectacle de manière organisée. Par exemple, « tout à coup », « tantôt », « par intervalle », « cadence » et « puis ». Mais cette manque de cohérence du comportement humain est résumée dans le terme « mystérieuses paroles » qui déconcerte l'expression humaine de ces forçats.

La déshumanisation est souvent suivie par la perte d'identité et on peut le déduire en remarquant la fréquence des termes généralisants ou indéfinis pour désigner les forçats. Par exemple, « les forçats », « quelqu'uns », « on », « un », « les galériens », « tous » et « le crime la narguait en face » où le terme « le crime » dénote les criminelles pour but de créer une abstraction ou une conceptualisation du problème et, en même temps, éviter son aspect humain des forçats.

Par ailleurs, il existe une interprétation symbolique de la passage. Le vocabulaire de la chute fait allusion aux anges déchus, bannis du Paradis, qui tente de transmettre la nation des bons hommes exilés de société. Par exemple, « déschargea », « sombres » et « sabbat ».

Conclusion

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Pour conclure, le ferrage des forçats se présente comme un spectacle avec un tableau particulièrement réaliste afin d'établir le cadre spatio-temporel précis. La mise en scène troublante sert à émouvoir les spectateurs, et par extension le lecteur, pour dénoncer de l'inhumanité de la peine de mort.