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Morts 14-18

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Recherche de niveau 13.
Le but du travail de recherche : découvrir à travers quelques exemples pris au hasard le vécu d'un militaire lors de la Grande Guerre. Ici, un fantassin de la territoriale (âgé de 35 à 41 ans) dessiné par Cyrus Leroy Baldridge en 1917.
« Quelle connerie la guerre ! »[1]


2013-14 ; 2014-15 ; 2015-16 ; 2016-17 ; 2017-18 ; 2018-19

À l’occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale, il semble pertinent de consacrer dans les lycées français un peu plus de temps scolaire que d'habitude à l'étude de ce conflit.

L'idée ici est de prendre quelques noms de militaires morts pendant cette guerre, et d'essayer de retracer leur parcours individuel.

Pages connexes : wikiprojet au lycée Alain du Vésinet ; retours d'expériences.

Intérêt

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Le programme d'histoire de la classe de première générale en France consacre quelques heures à la Première Guerre mondiale, à travers « l'expérience combattante dans une guerre totale » (qui n'est qu'une des études du thème « la guerre au XXe siècle », lui-même un des cinq thèmes d'histoire de l'année)[2]. Dans le cadre des commémorations du centenaire, la Mission centenaire, le ministère de l'Éducation[3],[4] comme les différentes académies[5] encouragent vivement les professeurs à monter des projets pédagogiques.

Cette « expérience combattante » est le plus souvent étudiée à travers les mémoires rédigées par les combattants. L’idée ici est de compléter cette approche en faisant chercher par chaque élève quelles furent les conditions du décès d'un militaire pris au hasard : à raison de 32 à 35 élèves par classe, les cas devraient être assez nombreux. L'apprenti-chercheur (ils ont environ 16 ans en première) doit utiliser internet (les programmes encouragent l'usage des TIC) pour trouver les informations sur le décès, le localiser dans le temps (contexte) et l'espace (précisément), trouver dans quelles unités vivait cet homme (type et numéro de régiment, division et corps d'armée, avec leurs lieux de casernement et de recrutement).

Des développements ultérieurs sont prévus avec les élèves, comprenant l'analyse des résultats (on pré-suppose une grande diversité de parcours), une sortie scolaire annuelle (Verdun, Vauquois et Fermont en février 2013 ; Verdun, Metz et Hackenberg en mars 2014), des débats sur le nationalisme ainsi que sur l’idée européenne, et une étude de quelques extraits des mémoires du fantassin Pierre Perrin[6] qu'on compare au journal des marches et des opérations[7] de son régiment (le 27e RI de Dijon, du 8e CA) ou à l’historique régimentaire[8], pour voir les différences entre ce qui a été vécu par cet individu et la version officielle.

Sources

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Il est uniquement fait usage des sources en ligne. Pour faciliter l'accès aux ressources, on se limite à celles francophones (ce qui est dommage, car on tombe dans le franco-centrisme).

Avec environ 1 400 000 militaires français morts pendant le conflit, on ne manque pas d'exemples. Pour limiter un peu, on peut prendre l'échelle locale, c'est-à-dire les communes de l'aire de recrutement du lycée. Pour le lycée Alain, il s'agit du Vésinet, de Chatou et de Croissy-sur-Seine. Comme il s'agit de trois communes urbaines de la banlieue parisienne, elles ne sont pas représentatives de la population française du début du XXe siècle : les affectations des mobilisés sont beaucoup plus diversifiées (infanterie coloniale, chasseurs à pied, canonniers, dragons, fusiliers-marins, matelots, tirailleurs, etc.)[9] qu'en province (où la majorité est versée dans le même régiment).

Le monument aux morts de la mairie de Chatou (Avenue du Maréchal Foch) fournit 311 noms[10], tandis que la plaque du porche de l'église Notre-Dame en donne 258[11]). Le monument de Croissy (6 avenue de Verdun) donne 178 noms[12]. Quant au monument du cimetière du Vésinet, il donne 352 noms[13], tandis que la plaque de la cours de l'hôtel de Ville en donne 327[14]. Les états récapitulatifs sont établis par croisement des différentes sources, mais ces listes concernent plusieurs conflits (Première, Seconde, Algérie, etc.) : 597 noms pour Chatou[15], 178 noms pour Croissy[16] et 663 noms pour Le Vésinet[17].

Cette répartition des morts entre les trois communes s'explique par la petite taille de Croissy par rapport à ses deux voisines : la population selon le « dénombrement » (recensement) de 1911 était de 6 532 habitants à Chatou[18], 2 239 à Croissy[19] et 6 353 au Vésinet[20].

Le service historique de la Défense, installé dans le château de Vincennes, met en ligne sur le site Mémoire des hommes de la Direction des patrimoines, de la mémoire et des archives, de plus en plus d'images numérisées, notamment celle des fiches des militaires « mort pour la France » durant la Première Guerre mondiale.

Tous les militaires morts pendant la Première Guerre mondiale n'ont donc pas eu la mention « mort pour la France » : il manque les suicidés, les fusillés, les déserteurs, etc.

« Recherche dans la base des « morts pour la France » », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

« Recherche dans la base des sépultures de guerre », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

« Recherche dans la base des fusillés (corpus encore incomplet) », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

Chaque régiment devait tenir à jour tout au long de la guerre son journal des marches et des opérations (JMO), fournissant jour par jour la position, les missions et l'action de l'unité. Il s'agit d'un récit officiel, assez froid, fournissant parfois l'état des pertes. Pour la localisation précise, on peut s'appuyer sur les sites géoportail, OpenStreetMap ou Google Maps.

« Recherche d'un journal des marches et des opérations », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

Les archives départementales des Yvelines, installées à Montigny-le-Bretonneux, fournissent deux sources en ligne qui nous intéressent. La première est le recensement de la population 1911 (les précédents furent 1906 et 1901 ; le suivant fut celui de 1921), c'est-à-dire pour chaque commune des listes des habitants avec leur âge et leur profession.


La seconde est le registre d'incorporation, c'est-à-dire la liste des hommes mobilisables, établie chaque année lors de la levée des conscrits pour le service militaire l'année suivant leurs 20 ans (leur « classe » désigne l'année de leur recensement militaire) pour l’ensemble du département de la Seine-et-Oise.

Exemple avec Fernand

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En guise d'exemple, l'interrogation de la base « mort pour la France » donne sept domiciliés à Chatou, dont le plus jeune est un certain Fernand André Boileau. Son nom figure sur le monument aux morts de la commune et sur la plaque de l'église. Qui est-il ?

Petite recherche sur les fusiliers-marins

Dès août 1914, une brigade de fusiliers-marins (dépôt basé à Lorient) est envoyée maintenir l’ordre dans Paris, puis à l'automne sur le front des Flandres (autour de Dixmude) ; l'effectif est réduit en 1915 de six à un seul bataillon. En août 1918, il est affecté au 1er CA pour attaquer une hauteur sur la commune de Laffaux (à proximité du chemin des Dames), perdant le 14 septembre 448 hommes (soit plus de la moitié de l'effectif). Un monument aux fusiliers-marins est actuellement visible au bord de la RN 2.

Recensement 1911

Cote 9 M 450/3, f. 23 et 24. Il y a plusieurs familles Boileau à Chatou. Au n° 30 de la rue des Beaunes (juste à côté du cimetière), habitent Victor BOILEAU (°1861 à Louveciennes), un maçon, et ses trois jeunes enfants, Eugénie (°1895 à Chatou), Fernand (°1898 à Chatou) et Raymonde (°1903 à Chatou).

Incorporation

1898 + 20 = classe 1918. Une possibilité aurait été que Fernand se soit porté volontaire avant l'appel. Sa classe a été incorporée en avance, en avril 1917 (l'armée française manquait de jeunes soldats), au lieu de l'automne 1918. Dans la table alphabétique des matricules de la classe 1918 (1R/RM 570, f. 8), on trouve Fernand Boileau, numéro matricule 2487, volume 5.

Fiche matricule

Sa fiche est conservée aux archives département des Yvelines, cote 1R/RM 575, f. 963. On y apprend qu’il avait les cheveux blond, les yeux bleu, qu’il faisait 1,64 m et qu’il avait commencé à travailler comme garçon-boucher. Sa mère, décédée, s'appelait Eugénie Olivia Gallet ; ils habitaient au 34 de la rue des Beaunes. Il a été incorporé à compté du 16 avril 1917, devenant apprenti-marin au dépôt des équipages de la flotte (mais lequel ? Cherbourg, Brest, Lorient, Toulon ?) après son arrivée le 17 avril, puis il est passé matelot de 2e classe fusilier breveté.

Il est mort un mois avant d’avoir 19 ans.

Recherches

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Le travail se fait sur six années scolaires, de 2014 à 2019, correspondant chacune à une des années de 1914 à 1919.

Début d’un principe
Fin du principe


Éléments à rechercher (si possible) :

  • nom complet (pour éviter les homonymes), date et lieu de naissance ;
  • lieu de domicile (si possible la rue), membres de la famille, travail dans le civil ;
  • dates d'incorporation (début du service militaire) et/ou de mobilisation, classe (année des 20 ans) ;
  • régiment, lieu(x) de casernement, corps d'armée d'affectation, grade, opérations pendant la guerre ;
  • date et lieu de décès, type de décès, lors de quelle bataille, âge au décès et lieu de sépulture.

2013-2014

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Les séances de l'année scolaire 2013-2014 sont consacrées à la période d'août et de septembre 1914 seulement (les journées de combat de la bataille des Frontières ont été les plus meurtrières de toute la guerre).

Recherche:Morts 14-18/2013-2014

2014-2015

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Les séances de l'année scolaire 2014-2015 sont consacrées à la période de début octobre 1914 à fin août 1915.

Recherche:Morts 14-18/2014-2015

2015-2016

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Les séances de l'année scolaire 2015-2016 sont consacrées à la période de début septembre 1915 à fin août 1916.

Recherche:Morts 14-18/2015-2016

2016-2017

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Les séances de l'année scolaire 2016-2017 sont consacrées à la période de début septembre 1916 à fin août 1917.

Recherche:Morts 14-18/2016-2017

2017-2018

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Les séances de l'année scolaire 2017-2018 sont consacrées à la période de début septembre 1917 à fin août 1918.

Recherche:Morts 14-18/2017-2018

2018-2019

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Les séances de l'année scolaire 2018-2019 sont consacrées à la période de début septembre 1918 à l'été 1919 (les militaires ne sont pas démobilisés à l'armistice et la guerre ne se termine qu’à la signature des traités de paix).

Recherche:Morts 14-18/2018-2019

Stock à classer

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Parmi les noms figurant sur les monuments aux morts, seuls les patronymes commençant par « A », « B » et « C » ont été pour l'instant systématiquement mis à contribution. Il reste ci-dessous quelques cas difficiles à classer (ils ne figurent pas sur la base « morts pour la France », ou sont sans rapport prouvé avec les trois communes, la famille ayant déménagé après guerre sur les communes, ou on ne sait pas lors de quel conflit ils sont morts).

Chatou
  • Octavien ANGÉLY, sous-lieutenant (pas dans la base « morts pour la France », ni dans celle des sépultures)
  • Bertrand AUDRY (pas dans la base « morts pour la France », ni dans celle des sépultures)
  • Isidore BAILLIVET (pas dans la base « morts pour la France », ni dans celle des sépultures)
  • Jean BARBIER (69 résultats), peut-être Jean-Louis Barbier, du 41e RI, classe 1907 n° matricule 1288 à Rennes, mort le 6 octobre 1914
  • Henri BARBIEUX (2 résultats)
  • Jean BAUDRY (13 résultats)
  • André BÉZERT (André Marius BEZERT, né à Arles ?)
  • Félix BORREL (Félix Angel Adolphe BORREL, né à Paris ?)
  • Eugène BUFFARD (3 résultats)
  • Gabriel CARON
  • Jean CASTAINGS
  • Jean CHAUVEL


Croissy
  • ? BENOIST
  • Pierre BOONAERT
  • Baptiste BUGEAT


Le Vésinet
  • Raymond ANSELIN
  • Désiré BAILLY
  • Charles BAL
  • Jules BARRAULT
  • Albert BERTRAND
  • Sylvain BESSON
  • Adrien BOULANGER
  • Marcel CAMUS
  • Jean CARLES
  • Henri CUNY
  • Pierre CATHIENI
  • Louis CHATELAIN
  • Henri CLOAREC
  • Raoul COQ

Notes et références

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  1. Général Paul Diez (préf. général André Bach), « Quelle connerie la guerre ! » : d'après son journal, 1914-1918, Paris, Riveneuve éditions, 2013, 165 p. (ISBN 978-2-36013-185-3) .
  2. « Programmes d'histoire et de géographie en classe de première générale », arrêté ministériel du 21 juillet 2010, publié au BO spécial n° 9 du 30 septembre 2010.
  3. « Note de service n° 2013-094 du 7 juin 2013, « 2014 : Les commémorations du Centenaire de la Première Guerre mondiale » », sur http://www.education.gouv.fr/.
  4. « Commémoration du Centenaire de la Première Guerre mondiale : dimensions pédagogiques, programmes, actions éducatives et coordination », sur http://eduscol.education.fr/.
  5. « Commémoration du centenaire de la première guerre mondiale », sur http://www.ac-versailles.fr/.
  6. Pierre Perrin (préf. Gilles Laurendon), Un guerrier d'occasion : journal du fantassin Pierre Perrin, 1914-1918, Rennes, Éd. Ouest-France, coll. « Témoignages Histoire », 2012, 373 p. (ISBN 978-2-7373-5763-3) .
  7. « JMO du 27e RI », sur http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/.
  8. « Historique du 27e RI », sur http://gallica.bnf.fr/.
  9. Exemples d'affectations variées trouvées lors d'un petit échantillonnage de 31 militaires, dont 15 de Chatou, 11 du Vésinet et 5 de Croissy.
  10. « Relevé du monument aux morts de Chatou », sur http://www.memorial-genweb.org/.
  11. « Relevé de la plaque commémorative 1914-1918 de l'église Notre-Dame de Chatou », sur http://www.memorial-genweb.org/.
  12. « Relevé du monument aux morts de Croissy-sur-Seine », sur http://www.memorial-genweb.org/.
  13. « Relevé du monument aux morts du Vésinet », sur http://www.memorial-genweb.org/.
  14. « Relevé de la plaque de l'hôtel de Ville », sur http://www.memorial-genweb.org/.
  15. « État récapitulatif des fiches de la commune de Chatou », sur http://www.memorial-genweb.org/.
  16. « État récapitulatif des fiches de la commune de Croissy-sur-Seine », sur http://www.memorial-genweb.org/.
  17. « État récapitulatif des fiches de la commune du Vésinet », sur http://www.memorial-genweb.org/.
  18. « Chatou, notice communale », sur http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/.
  19. « Croissy-sur-Seine, notice communale », sur http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/.
  20. « Le Vésinet, notice communale », sur http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/.
  21. Loi du 2 juillet 1915, modifiée par celle du 22 février 1922, donnant les articles L488 à L492 du Code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre.