Recherche:Sur l’extension des genres grammaticaux en français

Au-delà du stéréotype phallocratique du puissant – assimilé au viril – ayant un droit naturel de domination, sur le vulnérable – assimilé au féminin – la question du genre biologique et sociologique a fait l’objet d’une large couverture dans les humanités, notamment à travers les études de genre. Dans cette mouvance, ce projet de recherche vise à fournir une analyse grammaticale du genre en français dans une perspective principalement synchronique, sous le spectre de ses implications représentationelles.

Cette recherche souhaite notamment éclairer les usages et les descriptions linguistiques des usages au regard de l’influence qu’elles exercent sur la représentation du monde pour ses usagers. Après un exposé des genres grammaticaux existants ne se bornant pas au français, et une analyse critique des grammaires usuels du français plus particulièrement, elle proposera des champs de pratiques alternatives possiblement utiles aux sociétés qui, dans un souci de justice, porterait le principe d’équité citoyenne jusque dans les prémisses tacitement intégrés dans la langue qu’elle emploi.

D’un autre côté, cette recherche ne se borne pas au seul cas du genre grammatical lorsqu’il interfère avec les logiques de stéréotype sexuel, qui alimente grandement cette thématique et souvent en limite la perspective[1]. Loin de se caler sur cette considération sexualisante du monde, le traitement du genre grammatical varie déjà amplement d’une langue à l’autre dans le temps et l’espace, aussi bien dans son étendu (genre commun, genre neutre…) que dans sa logique (genre animé, genre inanimé…). Cette recherche vise donc au contraire à élargir le plus possible l’exploration des genres grammaticaux employés ou absents à travers les cultures ; et de cette horizon élargie au besoin d’idées originales, traiter les sujets plus spécifiques au regard d’un spectre plus variée de considérations.

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Contexte de rédactionModifier

Contexte de rédaction de cette recherche sur l’extension des genres grammaticaux en français

Réflexions sur la grammaireModifier

Réflexions sur la grammaire

Étymologie de genreModifier

Étymologie de genre

Typologie préliminaire de genres grammaticauxModifier

Typologie préliminaire de genres grammaticaux

Les genres du genreModifier

Les genres du genre

Lemme grammatical sur le genreModifier

 
Dans les Gorges de la Lemme, un flux fait son chemin

Les catégorie exposées ci-après offrent à percevoir très nettement les distinctions observables qui existent entre nomenclature grammaticale et les différents niveaux de catégorisation qui ont été proposé dans la typologie linguistique précédemment exposée distinguant genre énonciatif, connotatif et référentiel.

Si une dichotomie sémantique plus ou moins nettement définissable peut être supposé à l’origine des effets syntaxiques observables dans les énoncés, ces deux plans linguistiques se montrent à tout le moins propres à une dissociation pragmatique que la plupart des grammaires n’explicitent pas par une autonomisation terminologique, préférant un maintien de l’ambiguïté qui ont l’avantage de les inscrire dans la continuité d’autres analyses historiques.

Sans aller jusqu’à mettre en doute l’interférence entre des plans qui peuvent assurément se recouper de manière plus ou moins prégnante en fonction des situations, il paraît ici approprié d’affirmer que :

toute grammaire usant d’une notion de genre sans en préciser les modalités superpositionnelles introduit plus d’équivoque que de clarification.

Catégories de genres grammaticauxModifier

Cette section vise à répertorier les termes de catégorisation qui ont un usage plus ou moins répandu en tant que valeur possible affectable au genre grammaticale. Elle vise plus à fournir un tour d’horizon des pratiques qu’une description exhaustive de chacune de ces catégories.

Cette section est développée dans les sous-pages suivantes :

Détours hors du genreModifier

Réflexion sur le dualisme cognitifModifier

La revue des catégorie de genre dont ont pu user les grammairiens, et notamment celles qui s’articule en sémantisation bipartite, amène à la thèse qu’aucun couple de conceptualisation dichotomique de structure linguistique ne correspond pleinement à une représentation psychologique effective. L’humain use certes de tels catégorisations duels, mais la multitude de représentations occupant simultanément les psychés individuelles et collectives ne peut en aucun cas être qualifiée de strictement et pleinement cohérente. La résolution des dissonances cognitives de tout ordre est même assurément l’une des fonctions les plus consommatrice parmi les activités cérébrales.

En conséquence, il serait illusoire d’escompter voir apparaître dans la grammaire une cohérence de l’attribution des genres en fonction de catégories à des objets considérés extra-linguistiques et porteurs de caractéristiques inhérents autonomes. Les objets extra-mentaux ne sont accessibles à la conscience que dans les typologies que ces objets impriment avec le monde mental par interaction au sein d’un contexte socio-culturel en perpétuelle évolution. Le dépassement du solipsisme ne saurait s’opérer par un appel à la cohérence, et relève de l’acte de foi : il existe un monde en dehors de la présente conscience, et le langage permet d’y référer.

Des couples antagonistes comme animé et inanimé, femelle et mâle, féminin et masculin, révèle assurément de phénomènes mentaux mesurables, d’une pratique transculturelle qu’ont les humains de séparer le fond de la forme. Autrement dit l’objet circoncis, de son complément, qui constitue simultanément son antithèse et sa limite fondatrice.

Mais si la pratique est invariante, sa mise en œuvre est éminemment variable, changeant dans le temps et l’espace, aussi bien pour l’individu que le collectif.

Il pourra être utile ici de passer passer par une comparaison avec une perspective mathématique pour apporter à ce sujet la précision sémantique accordé à ce dernier domaine. En arithmétique se distingue entre autres :

  • inverse, comme un demi, souvent noté 1/2 ;
  • contraire, comme moins deux, souvent noté -2 ;
  • conjugué, comme le conjugué de l’unité deutéromense doublée[N 1], souvent noté  .

D’autres sous-domaines mathématiques, comme l’algèbre, abordent également la notion de complémentaire.

En logique, la converse d’une proposition se distingue du contraire : par conversion Bob aime Ada, donne Ada aime Bob. Ce qui se distingue du contraire Bob n’aime pas Ada. Ce contraire est lui-même à distinguer de sa négation « Il est faux que “Bob aime Ada ». Cette dernière proposition peut tout aussi bien opérer lorsque l’existence de Ada n’a même jamais effleuré l’esprit de Bob.

Sans détailler plus avant ces notions discernantes, il faut remarquer qu’elles sont très nettes, et bien que toutes appellent à une notion de rivalité, elles se placent chacune sur des rives distincts des fleuves qui modèlent le paysage mathématique.

Comme l’eau qui scinde les berges des fleuves, une notion discriminante ne saurait être attachée de manière inhérente à un lit unique. Son contraire n’est pas son inverse ou sa négation. Ce constat se généralise aisément à toutes les discriminations conceptuelles. Un concept peut toujours être analysé dans des perspectives multidimensionnelles plutôt que sous un axe unitaire et sous un prisme spectrale plutôt qu’une bipartition polaire.

Entre autres hypothèses pour expliquer la prégnance de cette forme de conceptualisation dualiste sur la cognition humaine, se dégage celle reposant sur la physionomie des corps. Latéralisation, symétrie axiale approximative des visages, chiralité des mains, sont autant d’expériences qui paraissent indissociable de l’expérience humaine, vécue en sa chair. Certaines personnes comme Michel Serres n’hésitent pas, en emboîtant le pas à des postulats linguistiques comme ceux d’André Martinet, à lier explicitement latéralisation d'origine génétique avec binarisation conceptuelle affirmant « que la division du corps en gauche et droite favorisait un langage fonctionnant sur des oppositions[2] ». Ces thèses peuvent être modérés par les réflexions et études de l’acquisition de notions liés à la psychomotricité et à la didactique qui mettent en avant le rôle actif de l’éducation sur la conceptualisation de l’espace[3]. D’autres thèses, comme celle de la bicaméralité de Julian Jaynes, viennent aussi nuancer un distinction entre conscience et conception, tout en se modelant elle même pleinement sur un paradigme dualiste[4].

Premières personnes du plurielModifier

Le français possède plusieurs pronoms pour la première personne du pluriel, on et nous. Il fait par ailleurs usage de cette personne sous plusieurs aspects :

  • nous de majesté, comme dans « nous, gros ignare ès monde et merveille, déclarons performativement cet énoncé imprédicatif » ;
  • nous de modestie[5], comme dans « par cet énoncé nous démontrons un cas pratique » ;
  • nous de subrogation, comme dans « alors, aimable anagnoste, comment comprenons-nous cet énoncé ? ».

Cependant il ne couvre pas le distinguo entre nous exclusif et nous inclusif.

Distributions des genres grammaticauxModifier

Avant de s’attarder plus précisément au cas du français lui-même, cette section propose d’explorer d’abord la distribution des genres grammaticaux dans ses langues mères. Pour cela, la première étape indispensable est bien évidemment d’évaluer la proportion du lexique venant de chaque fond identifiés.

Bernard Bouillon[6], et d’autres qui vraisemblablement reprennent ses quantifications, donne la répartition suivante :

Composition du lexique français
Origine Bernard Bouillon[7] Dieter Messner[8] Christiane Marchello-Nizia[9]
préceltique 0,00001 % n/a n/a
celtique/gauloise 0,08 % 0,08 % 0,08 %
scandinave n/a 0,12 % 0,12 %
francique/germanique 1,35 % 1,35 % n/a
latin 86,53 % 86,53 % >85 % (supposé 86,53 %)
reste lié aux emprunts 10 % 11.92 % 13.26 %

Si cette analyse manque assurément de granularités pour la catégorie autres, elle a le mérite de dresser un portrait où domine largement un fond latin. Ces études ne précisent pas la proportion de mots grecs, bien que Bernard Bouillon mentionne la grande quantité de doublets entre latins présents en français. Du reste le latin à lui-même abondamment emprunté au grec, rendant ce compte rendu d’autant plus imprécis. À noter par ailleurs que la somme des taux données par Bernard Bouillon donne 97.96001 %, ce qui ajoute à ces problèmes d’imprécision, une incomplétude manifeste. À sa défense, il est le seul à fournir un nombre pour le reste, quand les autres se contentent que celui-ci est à imputer aux emprunts – les nombres apparaissant dans les cellules ci-avant ont donc été calculés pour compléter le tableau.

S’il faut souligner la partialité de ces chiffres lorsqu’ils mentionnant un fond préceltique qui se compterait sur les doigts d’une main tout en néglige de donner un taux spécifique pour l’arabe et l’italien, le constat de la primauté globalement incontesté du fond latin n’étonnera guère. Il n’empêche qu’un tel résultat suffit à faire considérer le latin comme principal langue à analyser pour évaluer la tendance majeure de l’évolution du genre du lexique, depuis les pratiques des fonds auxquels emprunte le français, jusqu’à leur intégration dans son système contemporain, promu strictement bivalent.

Au passage il pourra être noté que les noms, principales porteurs du genre, représente 54 % du stock lexical du français[10].

Évolution de la répartition du nom par genre en fonction des langues et de l’origine de production
Langue Analyse féminin masculin
français lexique hériditaire[10] 54 % 46 %
lexique ancien français[10] 53 % 47 %
tendance au dix-septième siècle 39 % 61 %
Séguin 1969[11] 41,6 % 58,4 %
Petit Robert 1988,

sous-ensemble restreint à

oui-humain et non-épicène[10]

6 % 40 %
français

Petit Robert 1988,

échantillon A à Cri-

et Sou- à -Z[10]

44 % 56 %
emprunts en ancien français 64 % 36 %
nouveau emprunts exogènes

de langues agenres ou

à genre allomorphes[10]

15 % 85 %
nouveau emprunts en général[10] 19 % 81 %
adjectifs substantivés[10] [28-34] % [66-72] %
participes passés substantivés

issus de l’ancien français[10]

74 % 26 %
participes passés substantivés

en français contemporain[10]

15 %[N 2] 85 %
déverbaux radicaux[10] 50 %[N 2] 50 %
compositions traditionnelles[10] 17 % 83 %
compositions allogènes 57 % 43 %
compositions endocentriques 74 % 26 %
compositions exocentriques 6% 94 %

Bien que les points suivants aient été envisagés, ils n’ont pu aboutir faute de trouver des statistiques préexistantes sur le sujet et de temps pour les réaliser de manière indépendante :

  • quantification de la distribution des genres dans chacune des grandes langues source du lexique français
  • analyser de la distribution des féminin et masculin en français contemporain, par rapport aux genres des termes dont ils sont issues dans les langues d’emprunt.

En particulier le dernier point aurait visé à résoudre l’interrogation suivante : le français porte-t-il un fond d’origine majoritairement de genre neutre dans l’un des deux genres subsistant ? Si une telle hypothèse s’avérait probante, cela tendrait à conforter une analyse du français la décrivant comme langue où ce n’est pas le neutre qui a disparu, mais plutôt le genre auquel il a été majoritairement fusionné.

Pour aller plus loin sur cette thématique par analyse statistique, il sera profitable de consulter les ressources afférentes[12][13][14][15][16][17][18][19][20][21][22][23][24][25].

Chronologie des propositions d’évolutions graphiques et grammaticales du françaisModifier

Cette section vise à détailler les diverses propositions de pratiques alternatives dans l’expression écrite du français. Évidemment, l’écrit et l’orale sont largement perméables et influencent mutuellement l’évolution de leurs formes. Aussi sans prétendre couvrir ici une exhaustivité des évolutions phonétiques, cette section n’exclura pas les changements qui trouvent leurs origines dans de tels considérations. Quelques évènements historiques marquant qui dépasse l'écriture du français lui-même sont également rappelés pour fournir des repères plus large.

En terme d’exhaustivité également, il sera intéressant de noter toutes propositions connues, qu’elles soient opérées dans des essais individuels relevant plus ou moins sciemment de l’hapax, jusqu’aux projets institutionnels de réformes systémiques. Outre la chronologie, il importera donc de distinguer l’origine de la démarche, sa motivation explicite ou supputée et son destin a posteriori dans l’usage – tout au moins dans l’étendue de la mise à jour de cette liste.

À noter que le tableau suivant, bien qu’assez détaillé n’en est pas pour autant exhaustif. Il ne couvre pas par exemple l’évolution liée aux abréviation médiévale comme le -us substitué par -x, ni toutes les lettres muettes introduites au grès de l’histoire du français, comme le fait que dans subiect, debuoir, adiectif, aduenir et brefue, le b, le d, le f servaient à distinguer le i ou le u consonnes qui suivaient et qui commençaient la syllabe, et qui n’avaient donc pas de prononciation autonome associée. Il en est de même pour le p caduc de escriptz devenu écrit[26].

Synthèse des évolutions
Date Sujet Objet Origine Description Usage
Entre le trois-cent-cinquante et le cent-cinquantième millénaire avant notre ère[27] Développement du langage oral Émergence du langage humain, au sens du sujet d'étude des disciplines linguistiques contemporaines. Le langage oral se développe historiquement bien avant celui de l'écrit, et ce dernier n'existerait évidement pas sans le premier. Tout au moins, une telle thèse fait largement consensus.

L'estimation de datation donnée ici repose sur les connaissances du développement de l'anatomie humaine croisée à celle de l'évolution phonémique. Cette dernière infère un invariant depuis les cas étudiables qui ne dépassent pas les quelques millénaires dans la plus optimiste des supposition.

Ici langage est à comprendre au sens de langage à double articulation, dont la spécificité à l'humain paraît faire largement consensus au sein des communautés linguistiques, sans être dénué de critique[28].

Entre le sixième et le quatrième millénaire avant notre ère Développement de l'écrit Émergence de l'écriture Comme le suggère Umberto Eco : pas de grammaire sans écriture[29], et de tout évidence pas d’évolution graphique de la restitution scripturale d’une langue sans écriture.
Deuxième millénaire avant notre ère Développement de l'écrit Premières attestations connues de syllabaires mycénien et chypriote[30]
Huitième siècle avant notre ère Développement de l'écrit Premières attestations connus d'écriture alphabétique en Occident[30]
Quatrième siècle avant notre ère Développement des grammaires Formulation d’une grammaire du sanskrit Panini Rédaction de l’Ashtadhyayi est marquante dans l’histoire des grammaires par son approche scrupuleusement analytique qui incorpore une description métalinguistique. Bien que son existence n’a vraisemblablement pas eu d’influence majeure direct sur les grammaires classiques de français, elle préfigure ce que pourra fournir une telle approche reprise en occident à compter du vingtième siècle.
Deuxième siècle avant notre ère Développement des grammaires Formulation d’une grammaire du grec ancien Denys le Thrace La rédaction de Grammaire grecque (Τέχνη Γραμματική) aboutit à un ouvrage classique qui présente notamment une des premières formulation théorisant l’attribut du genre et des catégories qui s’y rapporte. Il y a trois genres : le masculin (arsenikón/ἀρσενικόν), le féminin (thēlukón/θηλυκόν) et le neutre (oudéteron/οὐδέτερον). Certains en ajoutent deux autres : le commun (koinón/κοινόν) et l'épicène (epíkoinon/ἐπίκοινον).
842 Émergence du français écrit Signature des serments de Strasbourg Signé par Charles le Chauve et Louis le Germanique Généralement considéré comme le plus ancien texte français conservé, sous forme d’un document politique de premier ordre, marquant l'accession à l'écriture de la langue dite vulgaire face au latin. Évidemment, le texte original est tout sauf abordable pour un francophone contemporain.
Onzième siècle Émergence du français écrit Convergence des langues d’oïl dans une forme écrite homogène, qui exercera une influence notable sur la stabilisation de l’orthographe du français[26].
Douzième siècle Disparition de pronom Évanescence de al et el[31] Pronom personnel neutre de la troisième personne Peser m'en deit, et si fail el dans Roman de Troie de Benoît de Sainte-Maure
Douzième siècle Apparition de pronom Attestations de cel et cest[31] Pronoms démonstratifs neutres Cel ne seroit pas avenant

Que nos après ax n'alessiens.

(Chrétien de Troyes, Lancelot, 234)

Ne vos vesrai mes, c'est m'est vis.

(Saint Eustache, 850) ;

1539 Codification du français Promulgation de l’ordonnance de Villers-Cotterêts Guillaume Poyet
1539 Codification du français Publication du premier Dictionnaire françoislatin Robert Estienne
1542 Codification du français Publication du Traité touchant le commun usage de l'escriture françoise Louis Meigret Propositions rapprochant l'orthographe de la prononciation[32].
1549 Codification du français Publication de La Défense et illustration de la langue française Joachim du Bellay
1557 Codification du français Publication de Traicté de la Grammaire Francoise[33] Robert Estienne
Dix-septième siècle Remplacement de lettres
  • introduction du système d'accentuation
  • suppression des consonnes muettes et lettres diacritiques
  • suppression des lettres grecques
  • substitution de ï tréma à y
César-Pierre Richelet,

Robert Poisson, Antoine Baudeau de Somaize

Ces notamment aux œuvres suivantes que sont attribuées l’introduction de ces évolutions[34] :
  • Dictionnaire françois : contenant les mots et les choses, plusieurs nouvelles remarques sur la langue françoise, ses expressions propres, figurées et burlesques, la prononciation des mots les plus difficiles, le genre des noms, le régime des verbes...
  • ALFABET NOUVEAU DE LA VRÉE & PURE ortografe Fransoize, & Modéle ſus iselui, en forme de Dixionére
  • Le grand dictionnaire des pretieuses : historique, poetique, geographique, cosmographique, cronologique, armoirique où l'on verra leur antiquité, coustumes, devises, eloges.
1606 Codification du français Publication de Trésor de la langue françoise Jean Nicot Introduction d’une distinction entre a forme de ferme et à préposition.
1620 Codification du français Publication de La langue françoise Jean Godard Propositions incluant la suppression de lettres étymologiques et le remplacement de s muets par des circonflexes.
1635 Codification du français Officialisation de l’académie française. Académie française Création de cette organisme d’état chargé de donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences.
1642 Remplacement de lettres Remplacement des s muets par des accents circonflexes et suppression des lettres dites étymologiques. Jean Godard
1660 Codification du français Grammaire de Port-Royal Claude Lancelot Publication de ce texte qui se veut normatif pour la langue française.
1694 Remplacement de lettres
  1. i devient j
  2. u devient v
  3. le l non-phonétique disparaît après après les groupes au, eu, ou
  4. les redoublement de voyelle marquant l’allongement de la syllabe sont remplacés par un accent grave
  5. généralisation du redoublement de certaines consonnes qui marque la syllabe brève et le timbre ouvert de la voyelle attenante
  6. suppression de certaines lettres purement étymologiques
  7. maintien de lettre aphones pour des raisons morphogrammiques
  8. simplification des consonnes à la limite entre préfixe et radical
  9. suppression du e caduc non prononcé
  10. suppression de e dans les anciens hiatus
Académie française Substitution générale de j et v à i et u consonnes[34].


La graphie l, était jugé redondante par rapport à u issu de l vocalisé, et comme servant à rappeler l’étymologie, mais surtout à faciliter la lisibilité. Cet emploi se trouve encore dans des graphies devenus rares et souvent noté archaïques dans les dictionnaires contemporains comme dans faulx, tandis que d’autres comme aulne vont jusqu’à influencer des prononciations alternatives.

La notation par l double du timbre ouvert de l’e a entraîné le redoublement analogique de consonnes. Elle est aussi à l'origine des alternances graphiques conservées dans le français actuel par exemple dans sommelier/sommellerie, chapelier/chapellerie, oiselier/oisellerie et dans les verbes en -eler, -eter, appeler/on appelle, jeter/on jette, ruisseler/on ruisselle, etc., en concurrence avec congeler/on congèle, déceler/on décèle, receler/on recèle où l'alternance des timbres [e]/[ɛ] de e a été notée par l'accent grave.

Antoine Fabre d'Olivet résume ainsi : On redoubloit la voyelle, pour allonger la syllabe. Au contraire, pour l'abréger, on redoubloit la consonne.

  1. jaune remplace iaulne
  2. avril remplace auril
  3. crépi remplace crespi
  4. âge et rôle remplacent aage et roole
  5. modelle en lieu de modèle, secrette en lieu de secrète
  6. devoir et février remplacent debvoir et febvrier
  7. aymer, ceder, partir[N 3], sortir, verd[N 4]
  8. soupirail remplace souspirail
  9. contrôle dorlotter et soupçon remplacent contrerolle, dorelotter, souspecon
  10. chevelure remplace cheueleure
Dix-septième siècle Remplacement de lettres
  • introduction du système d'accentuation
  • suppression des consonnes muettes et lettres diacritiques
  • suppression des lettres grecques
  • substitution de ï tréma à y
César-Pierre Richelet,

Robert Poisson, Antoine Baudeau de Somaize

Ces notamment aux œuvres suivantes que sont attribuées l’introduction de ces évolutions
  • Dictionnaire françois : contenant les mots et les choses, plusieurs nouvelles remarques sur la langue françoise, ses expressions propres, figurées et burlesques, la prononciation des mots les plus difficiles, le genre des noms, le régime des verbes...
  • ALFABET NOUVEAU DE LA VRÉE & PURE ortografe Fransoize, & Modéle ſus iselui, en forme de Dixionére
  • Le grand dictionnaire des pretieuses : historique, poetique, geographique, cosmographique, cronologique, armoirique où l'on verra leur antiquité, coustumes, devises, eloges.
1740 Remplacement de lettres
  1. -es- devient é[34]
  2. -as- devient â
  3. introduction de distinctions par diacritiques
  4. suppression de lettres liés à l’étymologie grecque
  5. simplification des consonnes à la limite entre préfixe et radical
  6. substitution de ï à y intervocalique dans les cas de non contamination du timbre
  7. suppression du e caduc non prononcé
  8. suppression de e dans les anciens hiatus
Académie française L’s étymologique après e en position inaccentuée, et par extension l'introduction d'un s analogique, servait à noter le timbre plus ou moins fermé de e[34].


L’s étymologique après voyelle, en position accentué servait à noter une durée longue de la voyelle, et à majoritairement été remplacé par un accent grave.


La réduction de ch à c, ph par f, rh par r, th par t, y par i en droite lignée de cette pratique de suppression de lettres étymologique est un des points retenu par la plupart des projets de réforme du vingtième siècle.


r

  1. ?
  2. ?
  3. notre adjectif et nôtre pronom
  4. colère, mélancolie et trésor remplacent cholere et melancholie et thrésor
  5. soupente remplace souspente, néanmoins remplace neantmoins
  6. aïeul remplace ayeul
  7. vraiment remplace vrayement
  8. allure, mûr, sûr remplacent alleure, meur, seur
1762 Remplacement de lettres
  1. suppression de lettres liés à l’étymologie grecque
  2. simplification des consonnes à la limite entre préfixe et radical
  3. substitution de ï à y intervocalique dans les cas de non contamination du timbre
  4. suppression du e caduc non prononcé
  5. suppression de e dans les anciens hiatus
  6. Transformation de la notation des pluriels de -ez à -és
Académie française Hors des verbes à la deuxième personne du pluriel, cette édition promeut la modification systématique du pluriels des mots finissant par le son [e], en passant de -ez à -és. La graphie en -ez provient d’une précédente notation de -ts qui avait été généralisée comme marque du pluriel de mots en [e], par opposition au pluriel des mots terminant par un -es muet, comme femmes et hommes.
  1. fantôme remplace phantosme (1718) et phantome (1740)
  2. soupeser remplace soubpeser (1694) après souspeser (1618) et soûpeser (1740), faubourg remplace fauxbourg
  3. camaïeu remplace camayeu
  4. plaidoirie remplace plaidoyerie
  5. blanchâtre et roussâtre remplacent blancheastre et rousseastre
1835 Remplacement de lettres
  1. transformation de la notation -ois en -ais
Académie française
1935 Remplacement de lettres
  1. suppression de lettres liés à l’étymologie grecque
  2. substitution de l’apostrophe par un trait d’union dans des mots composés
Académie française
  1. fantaisie remplace phantaisie
  2. grand-mère remplace grand’mère
1990 Norme orthographique Rectifications orthographiques du français en 1990 Conseil supérieur de la langue française de France Environ cinq mille mots impactés par des modifications diverses[35], incluant l’usage du trait d’union, de l’accent circonflexe, des diacritiques sur le e, le redoublement de certaines lettres, le pluriel des noms composés et diverses autres pratiques visant une homogénéisation de l’orthographe.
1993 Pronom supplémentaire Utilisation de el Ayerdhal Pronom de la troisième personne du singulier neutre. Désigne une personne dont le genre est variable (genderqueer), inconnu ou androgyne. Il est utilisé dans le cadre d’un langage non-sexiste. “Qui que nous envoyions, el la déboussolera” avait-elle répliqué — les Taj-Ramanes utilisaient le pronom personnel el pour désigner les hermaphrodites […][36].
1996 Accord en genre de référents hétérogènes Proposition de réintroduction de -ez Céline Labrosse[37] Réactivation du pluriel des noms et des adjectifs dont la finale est /e/ par une forme en -ez


Remarque: Cette proposition vise à substituer le fait de privilégier une forme de genre prédominant.

des péchez, des véritéz, des élèves disciplinez ou surdouéz
1996 Accord en genre de référents hétérogènes Proposition de réactivation des accords de proximité Céline Labrosse[37] des musiciens et des musiciennes flamandes, des étudiantes et des étudiants

certains de réussi

1996 Analyse étymologique Base commune et suffixes alternatifs comme analyse des dimorphismes de genre Céline Labrosse[37] Les noms données aux personnes qui réalise une action ou endosse un rôle sociale dérive généralement d’une base commune, et pas l’un de l’autre. sportif et sportive dérivent tous deux de sport
2003 ou avant Pronoms supplémentaires Emploi de celleux, ceulles En remplacement de « celles et ceux »[38] De plus le processus de discussion va empêcher celleux qui parlent bien ou fort de monopoliser la parole[39].
2011 ou avant[N 5] Pronom supplémentaire Emploi de ille, illes, ellui-même Collectif Misandres Terroristes Féministes Il ou elle. Pronom de la troisième personne du singulier sans distinction des sexes.


Note d’usage : Désigne une personne dont le genre est variable (genderqueer), inconnu ou androgyne. Il est utilisé dans le cadre d’un langage non sexiste seulement à l’écrit.

S’ille se présente ellui-même comme "Mr Jones", je lui accorderais probablement des privilèges cissexuels − ce qui signifie que je respecterais son identité masculine et que je lui accorderais tous les privilèges associés au sexe auquel il s’identifie[40].
2013 ou avant Pronoms supplémentaires Emploi de iel[41], iels. Pronom de la troisième personne du singulier permettant de désigner les personnes, sans distinction de genre.


Note : Il sert notamment à désigner une personne ne s’inscrivant pas dans un genre défini, ou dont le genre n’est pas connu.

les jours où iels n’avaient pas l’occasion de parler un peu, juste tous les deux, iel se sentait vide[42]
2014 ou avant Pronom supplémentaire Emploi de luiel Carina Rozenfeld Le jeune Neutre qui était passé avant luiel avait été prévoyant[42].
2015 Articles supplémentaires Proposition de uno, lo psychoslave Articles neutres asexués singuliers, respectivement indéfini et défini[43]
2015 Pronoms supplémentaires Proposition de ol, ols psychoslave Pronoms neutres asexués respectivement singulier et pluriel
2015 Articles supplémentaires Proposition de unu, lu psychoslave articles neutres pangenre singuliers, respectivement indéfini et défini
2015 Pronoms supplémentaires Proposition de ul, uls psychoslave Pronoms neutres pangenres respectivement singulier et pluriel
2015 Pronom supplémentaire Proposition de als psychoslave Pronom personnel mixte pluriel
2015 Pronom supplémentaire Proposition de al psychoslave Pronom personnel sexué indéterminé singulier
2015 Article supplémentaire Proposition de li psychoslave Article défini et sexué indéterminé
2015 Pronoms supplémentaires Proposition de al, als Alpheratz Pronom neutre proposé à côté de il et elle. Al fait nuit dans le gymnase[44].
2016 ou avant Article supplémentaire Proposition de lo, lu Nouah[45] Articles définis neutres
2016 ou avant Article supplémentaire Proposition de li, lia Nouah Articles définis inclusifs
2016 ou avant Article supplémentaire Proposition de um, o Nouah Articles indéfinis neutres
2016 ou avant Article supplémentaire Proposition de unæ [un.ne] Nouah Article indéfini inclusif
2016 ou avant Article supplémentaire Proposition de do Nouah Article partitif neutre
2016 ou avant Article supplémentaire Proposition de di Nouah Article partitif inclusif
2016 ou avant Pronom supplémentaire Proposition de ille, ul, ol, im, em, iem, æl, em, iem, æl, ael, aël, i, eul, ya, am, um, om, ax, ux, ox Nouah Pronoms sujets neutres
2016 ou avant Pronom supplémentaire Proposition de iel, yel Nouah Pronoms sujets inclusifs
2016 ou avant Pronom supplémentaire Proposition de ille, ul, im Nouah Pronoms complément neutres, sur la série au singulier elle, lui
2016 ou avant Pronom supplémentaire Proposition de ellui, iel Nouah Pronoms complément inclusifs, sur la série au singulier elle, lui
2016 ou avant Pronom supplémentaire Proposition de eus Nouah Pronoms complément neutres, sur la série pluriel elles, eux
2016 ou avant Pronom supplémentaire Proposition de euxes, elleux Nouah Pronoms complément inclusifs, sur la série pluriel elles, eux
2016 ou avant Déterminant supplémentaire Proposition de man, tan, san Nouah Déterminants possessifs neutres sur la série de triplet ma, ta, sa et mon, ton, son
2016 ou avant Déterminant supplémentaire Proposition de maon, taon, saon Nouah Déterminants possessifs inclusifs sur la série de triplet ma, ta, sa et mon, ton, son
2016 ou avant Pronom supplémentaire Proposition de miem Nouah Pronoms possessifs neutres sur la série mien, mienne
2016 ou avant Pronom supplémentaire Proposition de miæn [mien.ne] Nouah Pronoms possessifs inclusifs sur la série de mien, mienne
2016 ou avant Déterminants supplémentaires Proposition de cès Nouah Déterminant démonstratif neutre sur la série ce, cet, cette
2016 ou avant Déterminants supplémentaires Proposition de cèx Nouah Déterminant démonstratif inclusif sur la série ce, cet, cette
2016 ou avant Déterminants supplémentaires Proposition de cille, çul, cim Nouah Déterminant démonstratif neutre sur la série celle, celui
2016 ou avant Déterminants supplémentaires Proposition de célui, cellui, ciel, cyel Nouah Déterminant démonstratif inclusif sur la série celle, celui
2016 ou avant Déterminants supplémentaires Proposition de ceus Nouah Déterminant démonstratif neutre sur la série celles, ceux
2016 ou avant Déterminants supplémentaires Proposition de ceuxes, celleux Nouah Déterminant démonstratif inclusif sur la série celles, ceux
2018 ou avant Pronoms supplémentaires Emploi de ielle, ielles Variante de iel et de ille. Ielle vit au cinquième étage, pile sous cet appart. Leah, tu l'adorerais ! Ielle joue de la batterie[46].
2018 ou avant Articles supplémentaires Emploi de an Alpheratz Article indéfini de genre neutre, remplace « un ». La Fayette est sans conteste l’anvii des meilleurz autaires de son temps[47].
2018 Flexions substantivales supplémentaires
  • -eur, -eures, -eurx (pluriel en -eurz)
  • -eur, -rice, -aire
Alpheratz Proposition d’une troisième forme d’alternative suffixale à juxtaposer sur certaines bases communes. meilleurz, autaire

Pour aller plus loin, dans les détails il est recommandé de consulter les ressources afférentes[48][49][50][51][52].

Propositions de perspectives grammaticales nouvellesModifier

Requalification de féminin et masculin en ambigu et équivoqueModifier

ℹ️ Dans cette section la notion d’excentricité est à prendre dans un sens sans connotation péjorative, et seulement comme estimation subjective d’une fréquence d’emploi suffisamment minoritaire pour se démarquer remarquablement du coutumier.

Vu les constats fait jusque là, une idée s’impose : les locuteurs francophones contemporains ne disposent pas de genre propres qualifiables de féminin et masculins, au sens où ils feraient ostension précise et constante d’un lien intime à un stéréotype social homonyme. Les théories grammaticales qui ont lancé l’assimilation du masculin à une sémantique simultané de genre commun aura plutôt conduit à graduellement en neutraliser le trait sémantique masculin, si ce lien a jamais eu une réelle pertinence statistique probante. Au point qu’en l’état ce soit d’avantage ce trait masculin qui soit dénué de sémaphore énonciatif autonome, celui-ci s’étant vu subrogé par un genre équivoque, et de par la même réduisant aussi bien ce qui avait valeur de féminin que de masculin à un flou commun.

À minima, il faudrait donc cesser de nommer masculin, ce qui de toute évidence est loin de caractériser le trait linguistique majeur présidant à la production de nouveaux termes attribués à ce genre synchroniquement prépondérant. Ici prépondérant vaut uniquement au sens où il occupe un taux légèrement plus important de la distribution du genre parmi les noms communs en français. Ce renommage serait favorable à une meilleur intelligibilité du genre ne serait-ce parce que c’est celui employé pour les tournures impersonnelles comme dans il existe en français un genre qui ne réfère à aucune notion relative à la sexualité. De plus, même si son emploi en tant que genre générique ne peut être considéré comme propriété qui lui serait exclusive, il est de fait utilisé à cet fin. Et possiblement le générique est rendu majoritairement sous cette forme par diffusion analogique de contrainte syntaxique suggéré par la précédente exclusive forme de l’impersonnel, en tant que symptôme d’une confusion latente.

Quand à ce que la tradition a jusque là choisie de nommer féminin, il constitue un genre légèrement moins polysème, dans la mesure où il ne permet pas d’exprimer conventionnellement l’impersonnel. Bien sûr, cela n’empêche pas catégoriquement un tel usage, que ce soit dans une licence poétique telle elle pleut[53][54] ou une tournure qui fait figure d’excentricité telle malade je la suis[55]. Par contre, au moins sous ses formes pronominales il permet sans conteste un emploi générique. Le cas des noms communs est plus subtil : il peut être le genre de substantifs désignant des individus femelles ou mâle, comme dans une vedette, et de groupes de composition sexuelle quelconque, comme dans une assemblée. En revanche l’emploi d’un terme qui au singulier désigne plus spécifiquement un individu auquel est plus ou moins fortement lié le trait sémantique femelle rendra plus innacoutumièrement un commun faisant fi du trait sexualisant. Ainsi lectrices renverra plus probablement à un lectorat exclusivement féminin qu’à un lectorat hétérogène, et ne convoiera qu’excentriquement le sens lectorat exclusivement masculin ; tandis que pour sa part lecteurs, sans plus de précisions, générera une incertitude plus importante sur l’interprétation à retenir entre soit lectorat aux membres de sexe quelconque soit lectorat strictement masculin et de par la première reste plus ouvert à l’interprétation comme lectorat strictement féminin. Il faut cependant bien relever que de tels interprétations sont toutes subjectives, et sont pleinement à même de varier selon les accoutumances sociales tout en laissant l’aspect strictement grammatical complètement invariant.

💡 Aussi plutôt que genre féminin et genre masculin, les termes genre ambigu et genre équivoque, sembleraient bien plus appropriés pour qualifier cette articulation formée autour des deux pôles morpho-syntaxique majeurs du genre grammatical français. Cela n’empêche d’ailleurs de la compléter par d’autres genres sur d’autres articulations.

La catégorie genre équivoque, comme l’a déjà exposé la section qui lui est spécifiquement dédiée, n’est ni inédite ni abondamment exploité, tout en correspondant convenablement à ce qui est visé ici. Elle peut même se payer le luxe d’englober convenablement le trait sémantique de concentration que Hjelmslev propose en 1956 de substituer à celui de masculin[56] suivi avec enthousiasme par Knud Togeby en 1965. De fait, la notion de genre équivoque est suffisamment souple pour absorber n’importe quel trait sémantique comme élément classificatoire, et même d’une classification dont les distinctions varient selon le contexte.

L’approche suivie par les deux linguistes sus-només est complété par une classe ou le trait d’expansion entends se substituer à celui de féminin. Là aussi il s’agit d’un trait que peut subsumer la notion de genre ambigu qui est proposé ici. D’autant que le trait d’expansion en question est pour le moins évasif. Par exemple l’expansion du domaine des connaissances humaines peut aussi bien se faire sur des objets spatiaux de l’indéfiniment petit que l’indéfiniment vaste, voir des concepts indépendants de toute étendue matérielle. Il y aurait même un semblant d’antinomie à refuser un expansionnisme intégral à un genre éponyme d’une ambition de diffusion hégémonique à laquelle ne s’opposerait qu’une bien précaire concentration. L’expansion est en outre sémantiquement proche du concept d’extension, qui par définition décrit le mécanisme générique par lequel il est possible de définir compréhensiblement, mais qui ne précise justement pas les critères spécifiques nécessaires à son application pratique, sauf à fournir un exemple concret pour des raisons didactiques.

Tout en y exerçant de subtils influences, les notions sémantiques de féminin, de masculin et bien d’autres peuvent donc toutes s’exprimer tant dans l'ambigu que dans l’équivoque. Cela rend

En cas de volonté d’exprimer des énoncés plus précis de façon plus ou moins explicite, il faudra donc recourir à des genres plus spécifiques que ce que ne proposent les grammaires et les usages classiques du français. C’est ce qui sera présenté plus loin sous les catégories de genre subreptice et ostentatoire.

Le genre subreptice fournie une dénomination pour les cas où, tout au moins oralement, aucune différence n’est introduite dans la forme comparativement à un genre ambigu ou équivoque, mais qu’une différence de sens tacite est impliqué par le contexte notamment du fait de stéréotypes sociaux. La section suivante fournie une proposition pour expliciter à l’écrit les genres subreptices qui ne sont pas laissés dans le flou.

Le genre ostentatoire qualifiera les formulations qui revendiquent une sémantique stéréotypique par des biais morphosyntaxiques manifestes, tant à l’oral qu’à l’écrit. De telles formulations nécessiteront évidemment l’introduction de néologismes, ou tout au moins l’emploi de termes actuellement exclus des enseignements scolaires.

Proposition de nomenclature du genre en articulation multiple
Type de

nomenclature

Articulation
Domanière[N 6] Morphosyntaxique Métalinguistique[57] Sémantique
Genre Grammatical Ambigu

Équivoque

Ostentatoire

Subreptice

Caractérisant Absolu

Actuel Exceptionnel

Impersonnel

Personnel

Régulier

Relatif

Virtuel

Autres…

Classifiant Commun

Épicène

Féminin

Masculin

Neutre

Autres…

Le tableau précédent offre une vue d’ensemble de la répartition combinatoire via une quadruple articulation qui fait sens dans la présente proposition. Il convient de noter que si les catégories d'articulation morphosyntaxique sont exclusives, ça n’est pas nécessairement le cas des articulations référentielle et sémantique. Un énoncé contient des segments de forme soit équivoque soit ostentatoire, mais pour un même segment les deux sont antinomiques. À l’inverse, l’articulation référentiel combine dans la plupart des cas aussi bien une catégorie caractérisante que classifiante. Cela vaut également pour l'articulation sémantique, bien que les sèmes classifiants sont plus fréquemment exclusifs. Ainsi dans le syntagme dehors il vente, le pronom peut par exemple être analysé comme un équivoque impersonnel neutre.

Un des avantages de cette décomposition en multiples articulations est sa compatibilité partielle avec des analyses binaires retenant uniquement une opposition féminin et masculin : ces catégories ne sont pas disqualifiés, c’est seulement l’absence d’univocité entre leur sémantique et la détermination de l’articulation morphosyntaxique qui leur est adjoint comme postulat qui en rend la considération comme généralement superfétatoire.

Genre subreptice dans les mots grammaticaux : les cas du féminin et masculinModifier

Dans la continuité du point précédent, et pour aller plus loin, il sera également possible de réattribuer au féminin et au masculin un traitement grammaticale sous une interprétation en sous-articulation du genre subreptice.

À cette fin il faudra donc employer de nouveaux pronoms, articles, adverbes et autres mots grammaticaux pour ce qu’il a été convenu de qualifier respectivement de subreptice féminin et masculin. La même approche est évidemment extensible au-delà de ces deux catégories, cette section se concentre sur ces deux cas pour mieux mettre en exergue son traitement différencié de ce binôme. Le tableau suivant couvre la majorité des cas, outre ceux des substantifs, des adjectifs qualificatifs et des participes passés attributs traités ultérieurement, qui ensemble représentent l’essentiel des 20 à 25 % de composantes phrastiques marquées par le genre en français[11] :

Propositions autonomisant scripturalement féminin et masculin dans les mots grammaticaux par des termes propres
Genre
Morphosyntaxique Équivoque Ambigu Subreptice
Sémantique Flou Féminin Masculin
article défini le la lä, lë
les lês lès
article indéfini un une ûn, ûne ùn, ùne
article partitif du de la dû, de lâ dù, de lä
des dês dès
pronom personnel je jĕ (jhe)
tu
il elle êlle, îl èlle, ìl (isl)
ils elles êlles, îls èlles, ìls (isls)
nous noûs noùs
vous voûs voùs
adjectif démonstratif cet cette cêt, cêtte cèt, cètte
adjectif indéfini tel telle têl, têlle tèl, tèlle
aucun acune aucûn, aucûne aucùn, aucùn
tout toute toût, toûte toùt, toùte
nul nulle nûl, nûlle nùl, nùlle
certain certaine cêrtain, cêrtaine cèrtain, cèrtaine
adjectif interrogatif quel quelle quêl, quêlle quèl, quèlle
adjectif possessif mon ma mâ, môn mä, mön
mes mês mès
tes tês tès
son sa sön
notre nótre (nhotre) nòtre (nostre)
votre vótre (vhotre) vòtre (vostre)
leur leûr leùr
pronom démonstratif celui celle cêlle, celûi cèlle, celùi
pronom personnel lui lûi lùi
elles eux êlles, eûx èlles, eùx
leur leûr leùr
adverbe tout toute toût, toûte toùt, toùte

D’amblé, il faut relever que la proposition maintien toutes les pratiques usuels, mais leur réassigne des interprétation en sous-genre flou. Ce flou peut potentiellement être levé par le contexte d’énonciation, mais il serait abusif de prétendre que dans le cas général une précision plus spécifique puisse être affirmé sans outre-passé les strictes bornes d’une posture grammaticale descriptive.

Il faut noter que cela contraste nettement avec d’autres propositions faites par ailleurs, qui suggèrent d’imposer un neutre morphosyntaxique spécifique comme seul forme acceptable de neutre sémantique, et qui requière donc nécessairement l’emploi de nouvelles lexies, tout en conservant le féminin et le masculin pour désigner la pratique morphosyntaxique usuel. Tout à l’inverse la présente approche en affirmant une catégorisation floue comme valeur sémantique ordinaire des genres morphosyntaxiques ne nécessite aucun changement à l’usage coutumier. Elle n’introduit des compléments que pour reformer des féminins, masculins ou autres, qui explicitent dès lors un genre qui opère à minima par connotation stéréotypique, et possiblement par dénotation d’un sexe biologique d’un référé.

De plus la proposition de cette section se fait globalement dans la continuité de la tradition francophone : désambiguïser par l’emploi de diacritiques, avec notamment un souci du maintien de la physionomie du mot.

Mode d’emploiModifier

La section suivante détail comment la proposition c’est stabilisé dans sa forme actuelle. La présente section se concentre sur la fourniture d’un mode d’emploi pratique pour qui souhaite pouvoir rapidement intégrer ces nouvelles graphies à son usage en bénéficiant de mnémotechniques.

Les règles de correspondances sont les suivantes :

  1. équivoque et ambigu flous sont homophones respectivement du subreptice masculin et du subreptice féminin
  2. un seul diacritique porté par une voyelle marque le distinguo (ou en forme alternative visant à pallier d’éventuels difficultés techniques de saisie, un h muet s’antépose à la voyelle pour le féminin, un s muet se postpose après la voyelle pour le masculin)
  3. pour les subreptices féminins
    1. , emploi la lettre e-bref (ou sa forme alternative jhe)
    2. nótre et vótre emploient un o-accent-aigüe (ou leurs formes alternatives)
    3. accent circonflexe sinon, prioritairement sur un u
  4. pour les subreptices masculins
    1. tréma sur les o qui font les son en -on-, /ɔ̃/ voyelle moyenne inférieure postérieure arrondie nasalisée,
    2. tréma sur les e qui font le son -eu-, /ə/ voyelle neutre centrale
    3. accent grave sur un voyelle sinon, sur le e dans quèl, sinon prioritairement sur le u lorsque plusieurs voyelles sont présentes

Exposition des choix opérés et de leurs motivationsModifier

Globalement ces choix sont orientés par une volonté de répondre aux contraintes suivantes : autant que possible, n’utiliser que des diacritiques, diacritiques différenciés à chaque genre distinct, maximiser l’homogénéité à chaque genre subreptice, sans introduire d’ambiguïté avec des graphies existantes, ni d’association phonétique inédite.

Les choix d’implémentation peuvent se lire comme suit :

  • si possible, associer un accent circonflexe au subreptice féminin, ou en première solution de replie, l’accent aiguë ;
  • si possible, associer un tréma au subreptice masculin, ou en première solution de replis, un accent grave.

Au final, en les considérant sous le prisme de toutes ces contraintes intentionnelles, le nombre d’exceptions est extrêmement réduit, il n’y en a qu’une :

  • et jé sont rejetés, puisqu’il faudrait ou établir une exception de prononciation pour échapper à l’énonciation allophone /ʒɛ/.

Pour notre et votre, l’accent circonflexe étant déjà employé à fin de désambiguïsation entre adjectif et pronom[34], les possibilités alternatives restantes sont assez restreintes. Le faire porter sur le e final est ici impossible dans les contraintes données vu l’usage scripturo-phonétique. Bien qu’employer un o-accent-aigüe rend la notation moins aisé à respecter sur moult systèmes numériques, il n’est pas inédit en français : de abipón à yóm, une vingtaine de mots l’emploi déjà.

Pour les cas où la saisie des lettres diacritisés pourraient s’avérer difficile d’accès sur certains systèmes numérique, une graphie alternative est proposée : l’adjonction d’un h antéposé pour le féminin et d’un s postposé pour le masculin. Pour ces formes alternatives, c’est l’emploi de lettres muettes supplémentaires, conformes à des pratiques préexistantes, qui a été privilégié[58].

L’utilisation du e-bref dans permet de concilier une graphie semblable à l’accent circonflexe, tout en se calant sur un usage phonologique antérieur. En effet, sur un plan purement graphique le caron, aussi dit circonflexe culbuté, eu été plus proche du circonflexe proposé comme cas général. Mais a priori il n’existe pas de précédent emploi de ě pour représenter une voyelle moyenne centrale /ə/, entendu dans je, alors que ĕ a déjà été employé à cette fin en roumain jusqu’en 1904.

Lorsque la morphologie le permet, les deux variations placent l’accent sur la même lettre, où la lettre de même position relativement à la base commune. La seule exception notable portant sur l’alternance celùi et cêlle, qui se calent respectivement sur les propositions déjà faite par ailleurs pour lùi et cêt.

La proposition ne prévoit pas de modifications phonétiques par rapport au genres flous correspondants, bien que comme en toute chose l’usage décidera.

Ces choix pourront bien sûr être critiqués, aucun système n’étant parfait. Le tableau suivant résume quelques points majeurs d’attraits et complications de cette proposition. Bien qu’il s’appuie sur une tradition bien ancré en francophonie de désambiguïser certains termes par des diacritiques dénuer d’indication phonologique[34].

La proposition résultante se caractérise notamment par les traits suivants :

  • le système morphosyntaxique contemporain de base reste valable ;
  • il ne requière pas de changement à qui n’y adhère pas pour être pris en compte sans que cela ne remette en soi sa validité ;
  • les nouveaux termes introduits sont identiques à leurs correspondants flous, à une diacritique prêt (ou lettre muette de substitution) ;
  • pas d’introduction de nouveau couple phonographique :
    • -ön-, se prononce /øn/ dans bön, religion tibétaine
    • -oû- se prononce /u/ dans agoûter et août
    • -û- se prononce /y/ dans affût
    • -ù- se prononce /y/ dans ù, nom de la lettre : /y a.ksɑ̃ ɡʁav/
    • -où- se prononce /u/ dans et ankoù
    • -eû- se prononce /œ/ dans beûrre
  • l’introduction de signes diacritiques peu ou pas usité en français. Ainsi l’usage du macron à été écarté pour ces cas, bien que par exemple , nom d’un baton martial, contient cette diacritique. Son usage poserait peu de soucis pour un écrit au crayon, mais tous les moyens de saisie numérique usuels en francophonie ne s’y prêtent pas aisément.
  • introduction de trois homonymies :
    • dès avec la préposition signifiant à partir de ;
    • lès avec la préposition signifiant près de ;
    • môn avec la langue parlée en Birmanie et en Thaïlande.

Genre subreptice dans les mots grammaticaux : extensibilité et exemplesModifier

Le système d’expression subreptice est aisément extensible. Même en se limitant aux diacritiques existants et normalisés, le système Unicode fournie pas moins de 113 éléments combinables[59], c’est à dire pouvant s’ajouter seul ou ensemble sur les des glyphes de base. Un glyphe peut donc être potentiellement combiné à 113 diacritiques uniques diacritiques ou 12 656 couples de diacritiques distincts. Et Unicode permet de combiner bien plus de diacritiques que cela[60][61]. Cela couvre largement le nombre de genres employés dans la littérature. Mais de toute évidence cela ne saurait conduire à un système d’emploi commode. Il serait donc préférable de débuter par des choix réduisant le nombre de catégories visés. Rien n'empêche au demeurant d'étendre la logique à d’autres associations de diacritiques à des catégories sémantiques.

Une première piste pour la sélection des catégories à retenir serait de viser une couverture des genres les plus abondamment employés dans la littérature grammaticale classique en plus du féminin et masculin : animé, commun, épicène, inanimé, neutre.

Une seconde piste serait de couvrir les cas regroupant des genres multiples, comme le générique ou le mixte.

Une troisième piste serait de couvrir les cas liés à des typologies biopsychosociales, comme l’hermaphrodite, l’intersexué et le transsexué, ou encore conjointement à la piste précédente l’omnisexe.

Une quatrième piste, serait de couvrir les cas liés au niveau d’abstraction ou concrétude, comme l’idéel et le matériel.

Pour rendre compte de ces multiples pistes tout en évitant un foisonnement trop abondant, les catégories suivantes sont proposés comme porteuses de notions transverses :

  • altersexualisant : pour spécifier un aspect sexualisant qui ne se limite pas à un cadre binaire comme femelle et mâle ou féminin et masculin. En ce sens cette catégorie place la personne sur un spectre sexualisant, sans aller jusqu'à qualifier sa nature exacte. Des descriptions ad hoc offriront de toute manière toujours plus de souplesse et de possibilités de précision, la diacritique pouvant alors assurer le rôle d’outil anaphorique d'une information contextuelle. Cette approche peut notamment comparée à ce qu’expriment en 2013 Denis Apothéloz et Małgorzata Nowakowska dans "Déjà" et le sens des énoncés[62] : une lexie peut être considérée comme un opérateur abstrait, qu'on peut caractériser par un ensemble de propriétés en elles-mêmes invariantes.
  • générique : pour désigner des personnes ou groupes de personnes en explicitant que la notion de sexe, si elle leur est attribuable, n'est pas considéré pertinente dans le cadre de l'énoncé. En ce sens ce générique peut aussi avoir valeur d'animé, de commun, d'épicène, de mixte, de neutre.
  • inanimé : pour désigner toute chose abiotique ou non-personnel, ce qui recouvre entre entre autres les notions idéels.

Le choix des diacritiques retenu procède comme suit :

  • tilde pour l'altersexualisant ;
  • macron pour le générique ;
  • ogonek pour l'inanimé.

Aucun critère sémantique potentiellement associable aux formes de ces diacritiques n’a été considéré, et par ailleurs aucune spécification formelle n'a précédée ces sélections. Tout au plus la facilité de saisie des lettres diacrités a été prise en compte dans la mesure où elles sont facilement réalisable avec un agencement de clavier bépo, tel qu'utilisé pour la rédaction de ce projet. Les choix n’ont pas non plus subit de contraintes sur l’usage des valeurs phonétiques sur ces diacritiques, puisqu’aucun d’eux n’est généralement employé dans l’écriture du français.

Il serait évidements préférable de fournir des alternatives sous forme de lettres muettes, comme ce qui a été proposé précédemment dans le cas du féminin et masculin, pour pallier aux potentiels difficultés techniques de saisie. Cependant cela soulève une difficulté d’implémentation : si les lettres muettes existantes sont nombreuses en français, la plupart ne le sont qu’en début ou fin de mot[63][64]. Le h et le s, déjà retenu comme solution de repli au diacritique pour marquer certains féminin et masculin, ont possibilité de valeur muette en toute position du mot sans déroger à l’usage préexistant. Le e et le p sont également dans ce cas : dévouement, éternuement, gaie, compte, sculpture, sept. Cependant, contrairement à ce qui a été proposé pour le féminin et le masculin, où seulement quelques termes avait recours à un diacritique inusuel en français, ici il s’agirait de trouver une alternative graphique pour tous les termes puisque tous les diacritiques proposés dans cette section sont volontairement inhabituels en français. Aussi à défaut de pouvoir fournir des solutions généralisées et en adéquation avec l’usage, il ne sera pas ici proposé de telles alternatives.

Propositions autonomisant scripturalement d'autres genres subreptices dans les mots grammaticaux par des termes propres
Genre
Morphosyntaxique Équivoque Ambigu Subreptice
Sémantique flou altersexualisant féminin générique inanimé masculin
Diacritique ◌, ◌̇ ◌̃ ◌̂, ◌́, ◌̆, h◌ ◌̄ ◌̨ ◌̀, ◌̈, ◌s
article défini le la lã, lẽ lâ, lĕ (lhe) lā, lē lą, lę lä, lë
les lẽs lês lēs lęs lès
article indéfini un une ũn, ũne ûn, ûne ūn, ūne ųn, ųne ùn, ùne
article partitif du de la dũ, de lã dû, de lâ dū, de lā dų, de lą dù, de lä
des dẽs dês dēs dęs dès
pronom personnel je jẽ jĕ (jhe)
tu
il elle ẽlle, ĩl êlle, îl ēlle, īl ęlle, įl èlle, ìl (isl)
ils elles ẽlles, ĩls êlles, îls ēlles, īls ęlles, įls èlles, ìls (isls)
nous noũs noûs noūs noųs noùs
vous voũs voûs voūs voųs voùs
adjectif démonstratif cet cette cẽt, cẽtte cêt, cêtte cēt, cētte cęt, cętte cèt, cètte
adjectif indéfini tel telle tẽl, tẽlle têl, têlle tēl, tēlle tęl, tęlle tèl, tèlle
aucun acune aucũn, aucũne aucûn, aucûne aucūn, aucūne aucųn, aucųne aucùn, aucùn
tout toute toũt, toũte toût, toûte toūt, toūte toųt, toųte toùt, toùte
nul nulle nũl, nũlle nûl, nûlle nūl, nūlle nųl, nųlle nùl, nùlle
certain certaine cẽrtain, cẽrtaine cêrtain, cêrtaine cērtain, cērtaine cęrtain, cęrtaine cèrtain, cèrtaine
adjectif interrogatif quel quelle quẽl, quẽlle quêl, quêlle quēl, quēlle quęl, quęlle quèl, quèlle
adjectif possessif mon ma mã, mõn mâ, môn mā, mōn mą, mǫn mä, mön
mes mẽs mês mēs męs mès
tes tẽs tês tēs tęs tès
son sa sön
notre nõtre nótre (nhotre) nōtre nǫtre nòtre (nostre)
votre võtre vótre (vhotre) vōtre vǫtre vòtre (vostre)
leur leũr leûr leūr leųr leùr
pronom démonstratif celui celle cẽlle, celũi cêlle, celûi cēlle, celūi cęlle, celųi cèlle, celùi
pronom personnel lui lũi lûi lūi lųi lùi
elles eux ẽlles, eũx êlles, eûx ēlles, eūx ęlles, eųx èlles, eùx
leur leũr leûr leūr leųr leùr
adverbe tout toute toũt, toũte toût, toûte toūt, toūte toųt, toųte toùt, toùte

Genre ostentatoire dans les mots grammaticauxModifier

L’ostentation langagière est probablement avant tout une question de degré plus que de dichotomie absolue : toute expression manifeste certaines valeurs de manière plus ou moins explicite. Aussi il n’est peut-être pas superflu de préciser que ce qui est entendu par ostentatoire ici c’est bien la volonté délibérée de mettre en évidence et d'exhiber un trait sémantique, tant à l’écrit qu’à oral.

Avant tout autre chose, il paraît ici pertinent de faire une synthèse classant les termes qui ont déjà été proposés par ailleurs, en les répartissant dans les mêmes classes que celles retenues dans les sections précédentes sur le subreptice. Il convient de noter que cette répartition ne suit pas nécessairement exactement celles habituellement explicités par les personnes qui les emploient. En particulier, comme déjà exposé précédemment, les catégories du commun, de l’épicène et du neutre sont considérées comme ventilés à travers les autres classes retenues.

En effet, c’est en particulier le terme neutre qui semble le plus employé pour qualifier ces néologismes[65][66]. Cependant cette notion de neutre ne semble pas la plus pertinente. D’une part parce que ces néologismes sont souvent conçu dans une démarche militante qui sur un plan civique et politique est pleinement engagé, ce qui les classes hors de toute prétention de neutralité. C’est certes là une considération plus méta-linguistique, mais étant donné la polysémie du terme neutre, il paraît plus probant de reconnaître l’interférence de ce fait social sur le fait linguistique. D’autre part, sur un plan plus strictement linguistique, ce qui est visé ça n’est généralement pas une tierce alternative à la sémantique floue des genres ambigu et équivoque qu’emploi déjà abondamment la francophonie, mais bien une sémantique plus précise :

  • pour désigner des choses auxquels n’est pas conféré la dignité de personne comme un téléphone ou la vérité,
  • ou pour désigner des personnes en explicitant la considération ou l’écartement de traits sexualisants.

Le tableau suivant reprend l’ensemble des mots grammaticaux qui ont été trouvé répondant à ces critères. Certains termes apparaissent dans plusieurs cases parce qu'ils ont été observés dans des contextes différents avec des sémantiques distinctes. Par exemple le pronom al a disparut au douzième siècle en tant que neutre générique, et a été reproposé au vingt-et-unième comme neutre sous une motivation principalement altersexualisante. Le tableau ne détaille pas les périodes et les attestations d'emploi, la section dédié à la chronologie des usages remplissant déjà cette démarche. Il fait aussi l'impasse sur quelques néologismes hapaxiques qui surchargeraient encore plus le pronom personnel de la troisième personne avec des formes qui ne contiennent pas même un l qui les rendent analogues aux autres propositions plus courantes. Ce sont notamment am, ax, em, im, iem, i, om, ox, um, ux, et ya.

Propositions préexistantes de mots grammaticaux ostentatoires à date de 2020
Genre
Morphosyntaxique Ambigu Équivoque Ostentatoire
Sémantique Flou Altersexualisant Générique Inanimé
article défini la le li, lia, lu lo
article indéfini une un an, unæ, unu uno, un’
article partitif de la du de li, di de lo, do
pronom personnel elle il ael, aël, æl, æl, al, el, eil, elil, eul,

iel, ielle, ille, ille, ol, ul, ul

al, el ol
elles ils als, eils, elils, els, ielles, illes, ols, uls als, els ols
adjectif démonstratif cette cet cès, cèx
adjectif possessif ma mon man, maon
tes tan, taon
sa son san, saon
pronom démonstratif celle celui cel, célui, cest ceulles, ciel, cille, çul
celles ceux celleux, ceus, ceuxes
adjectif possesif mien mienne miæn

Comme déjà exprimé avant même exposition de ce tableau de synthèse, c’est la troisième personne du pronom singulier altersexualisant qui recueille le plus de propositions, même après en avoir été filtré d’une abondante variété supplémentaire. De manière générale, c'est également le trait sémantique qui a suscité le plus de néologismes. Cependant même pour le pluriel du pronom, bien qu'il suffise généralement d’ajouter un s terminal pour obtenir des termes homogènes, peu sont cités explicitement dans les propositions faites pour le singulier, sans compter les cas avérés d’usage non-autonyme.

Ceci étant, c’est actuellement le couple iel et iels qui paraît le plus répandu est accepté pour cette fin, avec au moins un dictionnaire historique imprimé qui l’a introduit dans ses entrées, tout en présentant les variations ielle et ielles[67]. Cette introduction ne s’est d'ailleurs pas fait sans soulever moult critiques et contre-critiques[68][69][70][71][72][73][74][75][76][77]. Les critiques sont plutôt suscitées par une opposition à la démarche militante sous-jacente et aux valeurs qui les animent, d’avantage en tout cas qu’elles ne portent sur le terme lui-même. Pour aller au-delà de cette critique plus réactionnaire que perspicace, une comparaison peut être faite avec d’autres propositions concurrentes. Par exemple par rapport à al, qui réactive un terme tombé en désuétude, iel se veut un néologisme complet, ce que ses objecteurs ne se lassent pas de compter au nombre des arguments visant à le discréditer. De plus iel, qui se prononce /jɛl/, se démarque de ses homologues pronominaux par une forme phonétique en semivoyelle-voyelle-consonne (SVC), alors que al se maintient dans l’homogénéité d’une forme en voyelle-consonne (VC). Cela étant, l’ancien français compte quelques usages de iel[78], comme variante du pronom personnel masculin singulier de la troisième personne – information qui n’est semble-t-il pas connu ou tout au moins pas retenu comme argument des promoteurs de son usage contemporain. Pour revenir aux critiques émises par les opposants à iel, il y a sa construction sur les termes il et elle, référés dans cet ordre, d’où est interprété le maintien d’une préséance du masculin sur le féminin. Le terme est donc perçu par certains comme restant dans le carcan binaire femelle-mâle. Cette critique ne concerne pas un terme comme al, pas plus que ol ou ul.

Cette surabondance d’initiatives sur un cas spécifique rend évidemment d’autant plus ardu la tâche de fournir des alternatives sémantiquement univoques pour les autres cas. S’y ajoute une richesse de termes historiques qui est lié tant à la multiplicité des pratiques réels selon les lieux et les époques que de l'existence de flexions casuels. Par exemple l’ancien français est un terme porte manteau pour tout une variété de dialectes, qui connaissent encore le cas sujet et le cas régime. Le tableau suivant fourni une liste non-exhaustive de termes issus de ce foisonnant héritage.

Liste de termes historiques utiles en terme de source d'inspiration
Français contemporain Langue source
Ancien français Latin
article défini la le lou[79], lu[80], li[81][82][83]
les
article indéfini une un del (d'un)[34], ung[34]
article partitif de la du
des
pronom personnel je ie[84], io[N 7], jou[85], ju[80], jeu[80], jeo, jo, gié
tu
elle il ul, i[34], ele, el, els, eus, als, aus, as ille, illa, illud
elles ils illī, illae, illa
on an[34], en[86], om[87], uen[81], uan[81]
nous nos[34], nus[34]
vous vos[34], vus[80]
se
adjectif démonstratif cette cet cest[34], ceste[34], cil[88], cestui, cel, ceste, cele, ço[89]
ces cist[80], cez, celui, cels, ceus, celes, celi
adjectif indéfini telle tel
telles tels altretels[81], itels[81]
aucune aucun alcunui[90], negun[91], neguns[81], nesun, nesuns, neün[80] alcunui[80], aucunui[80], nesun, nisun[80]
toute tout tut[34], tot[92]
nulle nul nului, nuli, nullei, neül, niul[80] nullus, nulla, nullum, nulli, nullae, nulla
certaine certain certanus, certus, certana, certanu
adjectif exclamatif et interrogatif quelle quel queus[80], quieus[80], quiaus[80] quali, qualis, quale[80]
pronom relatif laquelle lequel [93], elquel, en lequel, liquels[81]
lesquelles lesquels
qui cui, chi, ki, quei qued, quid, quod, quae, quam
pronom indéfini quelqu'une quelqu'un alcuns[34] aliqunus[81]
quelques-unes quelques-uns alques, auques, alquans[94]
autrui altre[81], altrui[10], uului[81], aucunui[81]
plusieurs plusor, plusiori, plusori, pluriores[81]
chacune chacun cascun, chaün[81], chascun, chascune, chascon, cheün[80]
n'importe qui quanque[95]
adjectif possessif ma mon men[80]
mes miens[81]
mien mienne meie
miens miennes
ta ton ten[80]
tes tuens[81], tọes[81]
tiennes tien tuns[34], ti[81], tuen[81], tuen, tọe, tuen
tiennes tiens
sa son sue[34], sun[34], se[34], sen[80], sis[96]
ses si[81], suens[81], sọes[81]
sienne sien suen[81], siun[97], sọe, suom[81]
siennes siens
notre nostre[81], no[98]
nos
nôtre
nôtres noz[34]
votre vostre[34]
vos
vôtre
vôtres voz[81]
leur lor[81], lour[81]
leurs
pronom démonstratif celle celui cestui, chelui, cil, icel, icest, , icelui, icist, cist, iceste, ceste, icest, cest icil, cil, icele, cele icel, cel, cestui, cestei, cest, ceste, ço, icelei, celei, celor[81], o[99]
celles ceux icil, cil, iceles, celes, cels, ceus, iceles, celes, cist, icestes cez, cez, icestes, cez
ceci, ce, c’, ç’, cela, ça ice, iço[100], ico, içou
pronom personnel moi mei[81], mi[80]
toi ti[80]
soi sei[101], si[80]
me mei[80]
te tei[81]
se sei[80], su[N 8]
lui celi[34], lo[34]
eux elles els, eles, eulx[102], eus[34] eos
leur lour[81]
adverbe ou

pronom indéfini

toute tout tot[103], tote[81]
toutes tous toz[34], tuit[81], totes[34]
pronom relatif quiconque quicunques[34]

Le tableau suivant fourni une proposition qui complète l’ensemble des cas retenus, en tenant compte autant que possible les pratiques existantes contemporaines que des termes caducs de l'ancien français, voir du latin, tout en visant un degré d’homogénéité lexicale aussi élevé que possible.

La première[N 9] colonne de néologismes est dédié à l’altersexualisant, et utilise comme socle fondateur le terme iel, puisque celui-ci s’est déjà significativement popularisé à cet fin. À quelques exceptions près, dont les motivations sont fournies en annotation, le morphe -iel- se retrouve à chaque ligne. Pour les autres colonnes, la construction des termes à suivi un itinéraire similaire en partant du pronom personnel de la troisième personne, associant respectivement ul, al, ol au féminin, au générique et à l’inanimé, tout en ayant dès le départ l’objectif d’employer au possible uniquement les voyelles -u-, -a-, -o-. La même logique prime pour la colonne du masculin qui se voit associé -i- comme voyelle morphologique ostentatoire, mais qui ne pouvait s’appliquer de manière homéomorphe sur le pronom personnel de la troisième personne – il étant déjà employé pour le genre équivoque. Cette description ne rends évidemment pas compte du cheminement chronologique exact de la proposition : celle-ci c’est d’abord principalement axé sur la colonne des inanimés en partant de ol, tout en intégrant au fur et à mesure les contraintes morphologiques qu’imposaient les choix opérés par ailleurs.

L’utilisation de diacritiques, concordantes avec les propositions des sections précédentes, a été retenu seulement où elle écartait une homographie, mais rien n'empêcherait un emploi plus systématique. Une prononciation est également indiquée entre parenthèses dans les cas où l'énonciation peut faire l'objet d'une subtilité particulière ou tout au moins dans les cas où il semblait pertinent de dissiper toute incertitude. Les termes qui n'ont pas de filiation connue en ancien français ou latin sont marqués d'un astérisque.

Proposition homogénéisé de mots grammaticaux ostentatoires
Genre
Morphosyntaxique Ambigu Équivoque Ostentatoire
Sémantique Flou Altersexualisant[N 10] Féminin[N 11] Générique[104] Inanimé[N 12] Masculin[N 13]
article défini la le liel*[N 14] lû*[N 15] lial*[N 16] lo[81] (/lɔ/) lille*[N 17]
les lieũx*[N 18] lús*[N 19] (/lu/[N 20]) liaux*[N 19] los[81] (/lo/[N 21]) lìs*[N 19]
article indéfini une un ielne*[N 22] úne* (/un/[N 20]) alne*[N 23] ǫne*[N 24] ine[105]
article partitif de la du diel* de lû diāl*[N 25] do*[N 26] (/lɔ/) de lille*
des dieũx*[N 18] dús* (/du/[N 20]) diaux*[N 19] dos*[N 27] (/do/) dìs*
pronom personnel je jiel* ju ja[N 28] jo[106] jì*[N 29]
tu tiel* tú*[N 20] (/tu/) tā* to[N 30] ti[N 31]
elle il iel[107] ul* al[N 32] ol* illi[N 33]
elles ils iels* uls* als* ols* illis*
on oniel* onu* onā*[108] ono[N 34] oni*[N 35]
nous niẽls*[N 36][N 37] nûs* nas*[N 38] nǫs*[N 39] nis*
vous viels* vûs*[N 40] vās* vǫs*[N 39] vìs*
se siel* sû* sā* so*[N 8] sì*
adjectif démonstratif cette cet ciẽl[34] çu*[N 41] cial* çǫ*[N 42] (/sɔ/) citte*
ces cieũx*[34] çus ciaux çǫs*[N 42] (/so/[N 21]) cìs
adjectif indéfini telle tel ieltel* utel* altel[80][109] oltel[N 43] itel*
telles tels ieltels* utels* altels* oltels* itels
aucune aucun aucquielne*[N 44] aucúne*[N 20] (/o.kun/) aucane* aucǫne* aucquine*[N 44]
toute tout tielte* tûte* tat* tote tite
nulle nul nuliel* nullu* nulla nullo nulli
certaine certain certainiel* certanu certana certano*[N 45] certani*
adjectif exclamatif et interrogatif quelle quel quiel* qûl*[N 46] qual*[N 47] quol* quil*
pronom relatif laquelle lequel lielquiel* lûqûl* lialqual* olquol* lillequil*
lesquelles lesquels lieuxquiels* lûqûls* liauxquals* losquols* lisquils*
qui quielm* (/kjelm/) qûm* (/kym/) quam* (/kam/) quom* (/kɔm/) quim* (/kim/)
pronom indéfini quelqu'une quelqu'un quielqu’ielne*[N 48] qûlqu’úne*[N 48] (/kyl.kun/) qualqu'alne*[N 48] quolqu'ǫne*[N 48] quilqu’ine*[N 48]
quelques-unes quelques-uns quielqu’ielnes* qûlqu’únes* (/kyl.kun/) qualques-alnes* quolques-ǫnes* quilques-ines*
autrui altriel* altru[N 49] altra*[N 49] altro*[N 50] altri*[N 51]
plusieurs plusiels* plusurs* plusars* plusors[110] plusirs*
chacune chacun chacquielne*[N 44] chacúne*[N 20] (/o.kun/) chacane* chacǫne* chacquine*[N 44]
n'importe qui n'importe quielm* n'importe qûm* n'importe quam* n'importe quom* n'importe quim*
adjectif possessif ma mon mieil*[N 52] (/mjej/) mûne[N 53] (/myn/) mial* mǫne* (/mɔn/) mìlle*
mes mieũx*[N 18] múnes (/mun/) miaux mǫnes* (/mon/) mìs*
mien mienne mielne* miûne* mialne* miǫne* mìne*
miens miennes mielnes* miûnes* mialnes* miǫnes mìnes*
ta ton tieil* (/tjej/)[N 54] tûne* tial* tǫne* (/tɔn/) tìlle*[111] (/til/)
tes tieux* túnes* (/tun/) tiaux* tǫnes* (/ton/) tis[112]
tiennes tien tielne* tiûne* tialne* tiǫne* tìne*
tiennes tiens tielnes* tiûnes* tialnes* tiǫnes* tìnes*
sa son siẽl* sûne* (/syn/) sial* sǫne* (/sɔn/) sìlle*[N 55] (/sil/)
ses sieux* súnes*[N 20] (/sun/) siaux*[N 56] sǫnes* (/son/) sìs (/si/)
sienne sien sielne* siûne* siane* siǫne* sine*
siennes siens sielnes* siûnes* sianes* siǫnes* sines*
notre niẽl*[N 57][N 37][N 36] nune*[N 57] (/nyn/) nial*[N 57] nǫne*[N 57][N 58] (/nɔn/) nìlle*[N 57][N 59] (/nil/)
nos nielnes*[N 60] niûnes*[N 60] nianes*[N 60] niǫnes*[N 60] nines*[N 60]
nôtre nieltre*[N 61] nûtre niatre*[N 62] niotre*[N 63] nìtre*[N 64]
nôtres nieltres*[N 61] nûtres* niatres*[N 62] niotres* nìtres*[N 64]
votre viel* vune* (/vyn/) viāl*[N 65] vone* (/vɔn/) vìlle* (/vil/)
vos vielnes* viûnes* vianes* viǫnes* vines
vôtre vieltre* vûtre viatre* viotre* vìtre
vôtres vieltres* vûtres* viatres* viotres* vìtres
leur lieũr* lure* lar* lor[81] lir*
leurs lieũrs* lures* lars* lǫrs* lirs*
pronom démonstratif celle celui celiel* celu* celal* celo*[N 66] celain
celles ceux celieux* celús*[N 20] celaux* çǫs*[N 42] celis[113][34]
ceci, ce, c’, ç’, cela, ça ceciel, içiel, celiel[N 67] ceçu, içu, celu ceçal, içal, celal ceçu, içu, celu ceçu, içu, celu
pronom personnel moi mouiel (/mwu.jel/) mouú (/mwu/) moual* (/mwal/) mouo (/mwo/) mouì* (/mwi/)
toi touiel[N 68] (/twu.jel/) touú (/twu/) toual* touo (/two/) touì* (/twi/)
soi souiel (/swu.jel/) souú (/swu/) soual* (/swal/) souo (/swo/) souì* (/swi/)
me miẽl* mú*[N 69] (/mu/) mā* mo*[N 70] mi
te tieu[114]* (/tjø/) [N 71] (/ty/) to[N 72]
se siel* sû* sā* so*[115] sì*
lui éiel û ā ǫ*
eux elles éieux*[N 73] (/e.jø/) éús[N 20] (/e.u/) éas*[N 74] éǫs*[N 75] éis*[N 76]
leur lieũr* lure* lar* lor[116] lir*
adverbe ou

pronom indéfini

toute tout tielte* tûte* tate* tote tite*
toutes tous tieltes* tûtes* tates* totes tites*
pronom relatif quiconque quielmcquielneque* (/kjelm.kjelnk/)[N 77] qûmqúneque* (/kym.kunk/) quamcalneque (/kam.kalnk/) quǫmcǫneque (/kom.kɔnk/) quìmcquineque (/kim.kink/)
pronom indéfini personne[117] person*[118] persielne persulne persalne persolne persilne

Pour le nom commun personne, outre les synonymes courants comme âme, (d’)aucun, bipède, bougre, chacun, citoyen-enne, coco, corps, créature, être, femme, gens, gonze, habitant, homme, humain, individu, mec, moi, moineau, mortel, nul, oiseau, on, paroissien, particulier, peau, personnage, personnalité, pierrot, quelqu'un, quiconque, quidam, sujet, tête, type, zèbre, zig, zigoto[119] il existe également moune issu du créole guadeloupéen.

Pour aller plus loin sur les sujets évoqués dans cette section il sera profitable de consulter les ressources afférentes : [120][121][122][123][123][124][125][126][127][128][129][130][131][132][133][134][135][136][137][138][139][140][141].

Alternative typologique au genre sur une inspiration taxonomiqueModifier

Sur le plan terminologique, il est possible d’aller plus loin encore : se débarrasser complètement de la notion polysémique de genre, et emprunter un vocable plus univoque par exemple à la taxonomie. À cette fin cette section reprend d'abord les définition de termes suffixé en -type tels qu’employé en biologie, en propose une définition généralisé plus abstraite, et enfin une définition plus spécifique à la grammaire en tant que substitue à la notion de genre.

Pour rappel, en biologie la notion de genre est associé à un concept tout à fait différent de celui de sexe. Cependant étant donné l'objectif de cette section, ces notions et leur nette séparation conceptuelle dans ce domaine seront sciemment ignorées, puisque éviter les amalgames liés à surcharge sémantique de ces termes est précisément ce qui est visé ici.

Certaines notions transverses comme celles d’espèce, d’individu et de spécimen sont déjà pourvu d’une sémantique suffisamment abstraites pour être reprise en l’état dans les définitions transposés. Philologie et biologie ont du reste une longue tradition d’emprunts conceptuels mutuels[142]. Pour mieux aborder les notions de taxonomie ci-après, il sera assurément utile de rappeler des notions plus générales sur lesquels leurs définitions s’appuient.

 
Organigramme des taxons biologiques.

Taxon : entité conceptuelle qui vise à regrouper tous les organismes vivants possédant en commun certains caractères, il peut être articulé en différents niveaux : espèce, genre, famille, ou autre.[143].

Diagnose : description permettant d'isoler un taxon actuellement présent sur terre, ou connu par ses fossiles[144].

Protologue : ensemble des informations associées au nom scientifique d'un taxon lors de sa première publication valide, qui peut contenir une diagnose[145].

Terme Définition biologique Définition généralisé Définition appliquée à la grammaire
Holotype Individu à partir duquel une espèce végétale ou animale a été décrite pour la première fois et qui sert de référence[146]. Individu type à partir duquel un groupe catégoriel est initialement décrit et servant de référence en la matière. Lexie à partir de laquelle un lexème est construit. Il peut être distinct du lemme, toute éventuel proposition d’un lemme étant alors inféré par recoupement paradigmatique sur cette lexie de référence.
Paratype Spécimen d'une série déjà décrite par un holotype, donc sur un autre spécimen dont il se distingue tout en présentant les similarités suffisantes pour les grouper sous le même taxon[147][148]. Type d'individu distinct, différentiable, et présentant suffisamment de similitude à un tiers pour être groupé sous une même catégorie dont ce tiers est holotypique. Forme de lexie occurentielle[149][150], non-référentielle et catégorisable sous un lexème dont il occupe une case flexionnelle.
Allotype Particularités propres à un individu, qui permettent de l'identifier parmi les autres individus de son espèce[151]. Par métonymie, cette individu même, en tant qu’entité distinct de cette espèce. Type établie sur des caractéristiques retenus spécialement pour la réduire à un singleton. Par métonymie, individu unique désigné par ce type. Spécificité morphologique distinctive d’une lexie permettant de catégoriser la forme de flexion catégoriel qu’elle occupe dans un paradigme lexématique.
Hapantotype Cas particulier de paratype où le type biologique se compose de deux ou plusieurs échantillons des individus directement liés représentant les étapes distinctes dans le cycle de vie. Ils sont collectivement traités comme une seule entité, et aucun lectotype ne peut être désigné parmi eux[152]. Type établie sur la base de spécimens distincts et morphologiquement différenciés supputés représenter des variations formelles d’un groupe unifiant. Lexème dont une partie des formes s'appuient directement sur la base de lexies attestées dans le corpus considéré, mais dont certaines cases sont complétés sur base d'un paradigme flexionnel et recoupement sémantique.
Isotype Échantillon prélevé en même temps que l'holotype d'une espèce, considéré copie de l'holotype ou partie distinct du même individu que celui ayant servi à constituer l'holotype, voir échantillon d'autres individus du même groupe issues de la même collecte que celle ayant servit à constituer l'holotype[153]. Type d'individu, copie de l’holotype ou d’une part substantiel de l'holotype conservant les traits usuellement considérés caractéristiques pour le discriminer vis-à-vis d'un autre individu selon les critères de la catégorie qu'établie l’holotype. Lexie alternative à une forme de référence, lorsque les deux peuvent se côtoyer au sein d’un même corpus, voir d’un même énoncé.
Néotype Un néotype distingue un spécimen à partir duquel une espèce a été redécrite après la perte de l'holotype ou à cause de l'imprécision de la première description[154]. Exemplaire type à partir duquel est maintenu une référence de catégorisation, lorsque l’exemplaire de référence initial n’est plus accessible. Forme de lexie néologique qui s’emploie comme forme alternative à celle déjà employé précédemment pour la même case du paradigme flexionnel.
Épitype Spécimen ou illustration choisi comme modèle d'interprétation quand l'holotype, le lectotype, le néotype ou l'ensemble du matériel original, associé à un nom validement publié, est manifestement ambigu et ne peut être identifié de manière probante en vue de l'application précise d'un nom de taxon[155]. Individu type donné comme référence à une catégorie dont la validité est controversé. Lexie dont la catégorisation prête à débat entre rattachement à un unique lexème à sémantique consensuel ou homonyme de plusieurs lexèmes de sens distincts.
Syntype Chacun des spécimens d'une série dans laquelle aucun holotype n'a été défini lors de la première description d'une espèce[156]. Ensemble des individus ayant tous toutes les caractéristiques suffisantes pour servir holotype sans qu’aucun en particulier ne soit imputé de ce rôle. Lexie jugée apte à servir de forme de référence dans le cas où un lexème accepte d’autres formes pour ce même rôle.
Lectotype Spécimen à partir duquel a été décrit un nouveau taxon lorsque ce dernier est né du démantèlement d'un taxon préexistant[157]. Exemplaire type à partir duquel a été décrit une catégorisation, lorsque cette dernière résulte du partitionnement d’une catégorie préexistante. Lexie qui introduit une nouvelle forme à un lexème et lui adjoint par là même une nouvelle case catégorique.
Paralectotype Tout spécimen supplémentaire parmi un ensemble de syntypes, après un lectotype, est désigné comme un paralectotype parmi eux[158]. Individu préalablement considérés syntype d'autres spécimens et dont le rapport a ceux-ci a été nuancé par la sélection d’un lectotype parmi l'ensemble catégorisant cette syntypie. Lexie dont la catégorisation au sein d’un paradigme flexionnelle est flottante du fait de l'évolution du paradigme lui-même.
Topotype Spécimen originaire de la localité-type de l'espèce, en minéralogie, ou en zoologie. Type d'individu distinct dont l’existence est considéré lié à un lieu particulier. Lexie spécifique à un topolecte, propre à la variante d'une langue ou dialecte tel que pratiqué dans une localité déterminée.
Écotype Variété distincte d'un organisme animal, végétal ou autre qui est étroitement lié à son environnement écologique dans lequel il vit. Type d'individu distinct dont l’existence est considéré lié à un environnement ontologique spécifique. Lexie propre à un environnement linguistique spécifique, par spécifique à un sociolecte.
Iconotype Illustration représentant de l'organisme décrit par un holotype. Illustration représentant l'individu type servant à décrire un groupe catégoriel. Illustration représentant la lexie dont est inféré un lexème.
Série-type Ensemble de tous les spécimens d'espèces inscrits par l'auteur dans la description officielle d'un taxon, à moins que l'auteur ne les exclut explicitement ou implicitement dans le cadre de la série[159].

La série type comprend notamment l'espèce type, l'holotype ou les syntypes, les paratypes, et dans le cas spécifique des protistes, les hapantotypes.

Ensemble des individus dont est inféré un groupe catégoriel générique par recoupement de caractéristiques communes à ces spécimens particuliers. Ensemble des lexies servant à construire un lexème, au besoin en comblant des cases par application d’un paradigme flexionnel.

Au-delà de ces termes d’usage courant en biologie, le vocabulaire forgé sur le suffixe -type, et par extension sa forme adjectivale -typique, sont assez facile à trouver ou construire pour répondre à l’ensemble des besoins descriptifs de la grammaire. Le tableau suivant reprend les principales catégories proposées dans les sections précédentes et des termes équivalent répondant à cette forme.

Équivalences entre catégories de genre et de taxème
genre taxème
équivoque épitypique
ambigu amphitique
ostentatoire phénotypique
subreptice cryptotipique[160]

L’accord en genre libéréModifier

En français, comme il a été rappelé dans la section Typologie de genres grammaticaux, la grammaire stipule une concordance du genre qui, sous l’influence d’un substantif qui intègre intrinsèquement cet attribut, fléchie plusieurs classes de mots qui se rapportent à ce même référant pour déterminer leur forme exacte. Cette approche à elle seule laisse entière la résolution de l’accord en cas d’énonciation explicite de plusieurs noms de genre distinct dans une même conjonction nominale, ou pour leur regroupement pronominal.

Une première approche possible, qui est notamment celle retenue dans la plupart des enseignements scolaires depuis le dix-huitième siècle, est de retenir le pluriel d’un des genres comme ayant primauté en tel cas. En français, c’est le genre qui a été ci-avant qualifié d’équivoque qui se voit conféré ce statut prépondérant.

Ainsi, dans un énoncé comme les bronzes et les rondes-bosses, tous ces chefs-d’œuvres sont beaux, c’est uniquement le genre de chef-d’œuvre qui s’applique à l’adjectif indépendamment des genres des noms précédemment listés. De même ces philosophe sont sages, ne gage en rien du genre grammaticale des individus composant les philosophes en question, et encore moins de leur sexe biologique, ils pouvant tout à fait référer à Hypatie et Zénon. Cela explique la formation d’énoncés comme « chez les éléphants, les adultes sont grands » et « chez les girafes, les adultes sont grands ».

Une seconde approche utilisé est l’accord de proximité. Cette pratique constitue même l'accord prépondérant en grec ancien, en latin, ainsi que dans le français oral jusqu'au XVIIIe siècle. Dans cette pratique, le verbe prends la marque, d'abord en cas, genre et nombre, puis seulement en genre, du substantif le plus proche. Ainsi au XVIIe siècle, un énoncé comme « Le chat et la souris sont belles » est plus courant que « le chat et la souris sont beaux »[161].

Par soucis d’intégrité, il importe de remarquer ici que le tableau dressé pour ces deux premières approches ne s’embarrasse pas trop de détails. Plus de nuances pourraient de toute évidence être précisées, par exemple en distinguant l’adjectif épithète et qualificatif, les variations diatopiques, les fréquences de tournure selon qui les formule, et même au niveau individuel la pratique retenue selon le contexte d’expression : privé ou public, institutionnel ou informel, allocutaires[N 78] supposés… L’examen de ces variations, tout intéressant et éclairant pourrait-il être, est considéré hors champ de cette étude.

Une troisième approche possible, dont la mise en lumière est rare, voir relève de la description originale, permet de concilier les deux pratiques pour ces pluriels de groupes plurigenrés. Cette troisième approche suppose globalement de régir l’accord sur des termes implicites. Autrement dit, c’est un groupe nominal virtuel qui fourni l’unique genre spécifique du référant sur lequel réaliser l’accord au sein d’un syntagme.

Cette approche peut par exemple s’analyser comme rémanence syntaxique d’une ellipse, approche déjà explorée par ailleurs pour d’autres cas particuliers comme le rappel Georges Kleiber à la suite de Gaston Gross[162][163]Robert Vivès, « Les composés nominaux par juxtaposition », Langue française, vol. 87, no  1, 1990, p. 98–103 [texte intégral lien DOI (pages consultées le 2021-08-20)]</ref>[164][165]. Ainsi, « nous sommes toutes très curieuse, nous autres personnes qui lisons cet article » s’élidera en « nous sommes toutes très curieuses ». Par ce biais tandis que « les adultes sont tous grands » pourra être analysé comme figurant l’élision de l’énoncé « les adultes, ces individus femelles et mâles, sont tous grands », un énoncé comme « les enfants, ces personnes femelles et mâles, étaient toutes malicieuses » pourra s’élider en « les enfants étaient toutes malicieuses ». Et puisqu’en pratique l’élément ellipsé n’a généralement pas vocation à être explicité, cette analyse permet un emploi virtuellement arbitraire du genre au sein d’un syntagme sans déroger au cadre d’une grammaire scolaire traditionnelle.

Cette dernière approche ne justifie pas pour autant un emploi hétérogène arbitraire au sein d’un même syntagme. La tournure syntagmatique fréquente de conjonction dissociative agent femelle et agent mâle, comme dans « nous sommes amoureuses et amoureux du français », rends toute collocation de ce type trop suggestive d’une division référentielle, même sur des adjectifs distincts comme « nous sommes amoureuses et adorateurs de toutes les langues »

La liberté d’accord et ses limites fondatrices par l’exemple
Forme pleine Abréviation par élipses Remarque
Nous sommes toutes merveilleuses, nous autres personnes, nous sommes tous éblouissants, nous autres individus. Nous sommes toutes merveilleuses, nous sommes tous éblouissants. Préservation de la cohésion syntagmatique de genre. D’où libre interprétation d’une scission lié à des référents lexicaux virtuels distincts sur chaque syntagme, bien que tout deux désignant les mêmes référés extra-linguistiques.
Nous sommes merveilleuses et éblouissants. Rupture de la cohésion syntagmatique de genre par énonciation collocative d’accords hétérogènes. D’où stimulation d’une interprétation connotative divisant ontologiquement les référés présents, par suggestion d’un regroupement grammaticale fortuit sous un même référant, privilégiant donc plutôt une réexpension comme :

Nous sommes, respectivement, merveilleuses et éblouissants, nous autres femelles et mâles.

En revanche, cette analyse par le prisme de l’ellipse permet totalement de s’affranchir des modèles qui imposent l’intrication entre pronoms personnels et stéréotype sexuel. En effet, un énoncé comme je suis radieuse peut tout à fait s’interpréter comme moi, personne humaine, je suis radieuse, et s’avère donc tout aussi valable dans les cas où l’ellipse vaut pour moi, personne humaine femelle, moi, personne humaine hermaphrodite ou moi, personne humaine mâle ou tout autre implicite à la discrétion des interprétations. Autrement dit, une telle pratique ne saurait être contesté sur des motifs grammaticaux. Par contre sur le plan pragmatique, en l’état des us, si un humain mâle énonce je suis radieuse, cela pourra être interprété comme incongru ou tout au moins emphatique. Il en va de même évidemment pour un humain femelle qui énoncerait je suis radieux, sous-entendu par ellipse de moi, individu humain femelle ou de tout autre syntagme apte à en justifier la cohérence grammaticale.

Le cas des noms communsModifier

🚧 À faire :

  • lister les suffixes féminin/masculin usuels, les réifier par des diacritiques
  • aller au-delà dans les alternatives sexuées : commun, mixte, non-binaire, etc. (pour les noms communs de personnes uniquement)
  • analyse des suffixes communs en français, cf https://fr.wiktionary.org/w/index.php?title=Cat%C3%A9gorie:Suffixes_en_fran%C3%A7ais&pagefrom=gate%0A-gate#mw-pages
  • analyser les propositions dans https://lavieenqueer.wordpress.com/2018/07/26/petit-dico-de-francais-neutre-inclusif/
  • analyser l’existant de suffixes comme -us, -um, -ul -os pour former des dérivés marquant un genre manifeste (masculin, neutre…), en considérant -euse/-esse comme le modèle protypique à suivre
  • trouver une copie de Khaznadar, Edwige (2000) "La suffixation du masculin et du féminin dans l’alternance en genre en français : de la réalité contemporaine et de quelques vieilles lunes »
  • décrire la méthodologie retenue : croiser les suffixes documentés aux terminaisons phonologiques en usage pour prioriser sans limiter les morphes suffixaux envisagés sous le prisme statistique de l'existant

L’objectif de cette section est de faire un relevé des pratiques existantes et de proposer une liste de suffixes utilisables pour exprimer de manière ostentatoire tout ou partie des catégories de genre décrites dans les sections précédentes, en limitant autant que possible les collisions conflictuels avec les usages déjà plus ou moins bien ancrés. Outre le genre, les notions connexes comme la dénomination d’un groupe indéterminant seront intégrés à la recherche. Pour le formuler par un exemple concret les cas tels que lectorat comparativement à lecteur et lectrice seront pris en compte comme prototype à calquer et étendre pour y adjoindre des formes ostantoirement marqués pour d’autres catégories de genre.

Les sections précédentes ont permis d’établir que dans une majeure partie des cas, les morphologies suffixales ne suffisent pas à déterminer la valeur d'un genre flou. En prenant en compte aussi bien l’oral que l’écrit, seul -çonne et -sion fourni un ensemble de termes associés au genre ambigu.

Cependant de nombreux suffixes démontrent un taux de corrélation à un genre flou, qui empiriquement est également associé à une sémantique sexuante dans le cas où ils désignent des entités vivantes. Ainsi, dans la plupart des cas, -euse et -esse permettent de rajouter le trait sémantique féminin ou femelle sur une base de genre flou, ce qui en fait un suffixe de genre quasi-complètement ostentatoire.

Par exemple une ânesse porte sans conteste la supposition du trait femelle, tandis qu’un âne demeure équivoque tant que n’y est pas adjoint un épithète femelle ou mâle. Par ailleurs, si l'usage emploi bien ânon pour désigné un représentant juvénile de l’espèce, il ne semble pas retenir ânanonne pour stipuler l'âne impubère femelle. Pourtant le suffixe -onne est pleinement actif dans l'usage, et se retrouve avec cette sémantique dans des termes comme aiglonne, ou oursonne. Au passage le terme ânonne est usuel comme flexion du verbe ânonner : mettre bas un ânon. Il existe également baudet, qui s'appuie donc sur une base lexicale totalement distinct, et qui parfois désigne plus spécifiquement le mâle, bien que au moins par extension il puisse être employé comme simple synonyme d’âne. De même pour bourrique qui s’emploie selon les contextes plutôt pour désigner spécifiquement une femelle, ou comme synonyme générique d'âne[166].

Même lorsqu’une base produit d'avantage de dérivés, l'usage n'est pas nécessairement uniforme. Ainsi sur à partir de zèbre les locuteurs construisent spontanément aussi bien zèbresse que zèbrelle pour désigner la femelle, zébreau, zébrion et zébron pour le membre juvénile, zèbrette ou zébronne pour la femelle juvénile[167]zébrionne connaît au moins une attestation mais pour référer à une jeune fille haut potentiel intellectuel[168]. À cela s'ajoute l’appellation de poulain, voir pouliche s'il s'agit d'une femelle – auquel il faudrait probablement ajouter l’alternative pouline[169][170]. À noter que pouliche sous-entend parfois le trait nullipare[171]. Ce calque du vocabulaire épique se prolonge pour les adultes avec l’usage d’étalon pour les mâles et juments pour les femelles[172]. Dans certains cadres, les sémantiques attachées à chaque terme basé sur zèbr/ sont plus précises : par exemple zébreau désignera exclusivement le juvénile mâle, et zébrelle exclusivement la juvénile femelle[173].

Le constat d'adoption de stratégie variées par les locuteurs vaut tout autant quand le terme de base est de genre ambigu plutôt qu'équivoque. Ainsi pour girafe, il existe des emplois des termes taureau pour le mâle et vache pour la femelle[174]. Pour les juvéniles, girafon et girafeau sont courants, tandis que girafonne plus rare perce parfois dans la presse quotidienne[175], là où girafette relève plus de la littérature jeunesse[176][177]. Quand à girafelle, il semble principalement employé comme pseudonyme, et relève donc plutôt de la construction particularisante[178][179].

Certains vocables des sexués peuvent être considérés à des degrés divers comme dépourvu de tout alternative lexicale en genre. Ainsi dans certains cadres moineau est considéré exempt de déclinaison en genre, bien que moinelle soit couvert dans plusieurs dictionnaires[180][181][182]. D'autres termes, comme mésange, n’ont aucun pendant pour désigner spécifiquement un individu femelle ou mâle : les seuls dérivés tel mésangeai et mésangère désignent des espèces, quand à mésangette il s’emploie tout autant pour désigner une cage, une espèce qu’à une fin hypocoristique.

Dans certains cas le terme usuel s’emploie aussi bien au genre ambigu qu’au genre équivoque. Ce type de versatilité peut être qualifiée de pannébuleuse[N 8]. Le flou sémantique est moindre si un genre prévaut dans l’usage pour désigner l’espèce en général : une aigle, une hippopotame, indiquera assurément le trait femelle. Dans le cas où l'usage général hésite, comme orque, le flou est maintenu si le contexte ne précise rien d’avantage.

Statistiquement, sur une annexe spécifique de quelques 257 termes pour désigner des animaux, le Wiktionnaire présente 135 termes correspondant pour désigner plus spécifiquement des individus juvéniles – soit 58 %, 81 pour désigner les femelles – soit 35 % et 47 termes pour désigner les mâles – soit 20 %[183]. Les autres collections du même genre ne semblent pas fournir de listes plus exhaustives[184][185][186].

De fait, il n'existe pas de mécanisme systématique uniforme et univoque pré-existant pour la construction de lexies dérivant un nom de sexué générale vers des variantes désignant spécifiquement femelle ou mâle, encore moins conjugué aux considérations d'age, de nubilité ou d'arithmoparité – nombre de mise bas déjà réalisées.

Pour rappel, les formes de noms flous pour des entités sexuées, comme âne, laissent évasif jusqu’à l’intention exact du locuteur qui les emploi :

  • le sexe n’est pas spécifié parce que dans la perspective du locuteur il est sans importance pour le propos ;
  • le sexe n’est pas spécifié parce qu’il importe pour le locuteur de ne pas le révéler ;
  • le sexe n’est pas spécifié parce que le locuteur l’ignore.
Distribution des genres flous dans les noms français en fonction de leurs terminaisons, hors gentilés[N 79]
Suffixe Nombre d’emploi correspondant dans le flou du français usuel Remarques
Graphie Prononciation Total Ambigü Équivoque Pannébuleux[N 8]
-anne /an/ 48 37 11 0
-anne /ɛn/ 1 0 1 0 Il s'agit de farsanne, qui peut au choix être prononcé /faʁ.san/ ou /faʁ.sɛn/.
-atte /at/ 60 40 16 4
-atte /ate/ 2 0 2 0 Ce sont latte et matte.
-os /ɔs/ 74 4 60 10 À hardos pourrait répondre hardesse qui semble sans emploi actuellement. Distinguer donc l’appairage à -esse de celui fait à -euse. En effet hardeuse répond à hardeur qui sont des termes de tout autre sens.
-ouse /uz/ 54 48 6 0 Dans certains cas, le suffixe est allographe de -ouze.

Dans de rares cas, il s'emploie au genre ambigu comme alternance au genre équivoque en -oux : coépouse, jalouse, épouse, siouse. Il alterne même parfois -ou, comme dans guenillouse, mais pas en alternance de guenilloux – espèce d’âne[187]. Par contre c’est rousse qui alterne roux, bien que rouse soit inusité ; et douce qui alterne doux. Certains noms en -oux désignant des humains, comme chiaoux, semblent dénués de toute alternative attesté en genre ambigu. De même pour des vivants sexués comme caribou – qui se graphie aussi cariboux – ou encore comme le bourrailloux.

-ouse /aws/ 9 1 8 0 Ce sont uniquement des emprunts à l'anglais terminant par house : club-house, datawarehouse, deck-house, loghouse, merenhouse, microhouse, penthouse, poolhouse.
-euf /œf/ 28 4 9 15
-euf /øf/ 1 1 0 0 Il s’agit de peuf, qui par ailleurs se prononce également /pœf/.
-ère /ɛʁ/ 1862 399 1445 18 Les ambigus, lorsqu'ils réfèrent à des vivants sexués, sont souvent en alternances avec le suffixe -er pour l’équivoque.
-euse /øz/ 2041 3 2038 0 Ce suffixe sert à former des noms féminins de personnes, d’objets. Du latin -osa il a supplanté -eresse. Il s’est confondu phonétiquement avec -eux par suite de l'amuïssement du /r/ final du fait des pluriels où /r/ tombait devant /s/[188].

Pour rappel, les trois équivoques de cet inventaire sont caragueuse, chartreuse – lorsque c'est la couleur dont il s'agit, et tracteur-tondeuse.

Les noms de couleurs dérivant d’un adjectif sont toujours passés au genre équivoque[189]. Les mots composés adoptent généralement le genre du premier composant, et il est d'ailleurs facile de trouver des emplois pour une tondeuse-tracteur[190].

-esse /ɛs/ 491 469 26 2 Le suffixe -esse correspond en fait à deux étymons, l’un permetant de former des noms communs exprimant la qualité à partir d’un adjectif, l’autre de former des noms communs féminins de métiers ou de dignités, ainsi que des noms de femelles d’animaux ou de créatures[191].

Seuls banneresse et biesse sont employés dans les deux genres considérés.

-or /ɔʁ/ 295 283 7 5 En ancien français -or forme des noms de genre équivoque, qui indiquent souvent un métier ou des noms de genre féminin qui indique une qualité ou un état. A priori, il n’est plus productif en français contemporain en dehors d’emprunts comme alligator, bachelor, conducator, escalator, transistor
-trice /tʁis/ 538 537 1 0 Il sert à former des noms de genre ambigu désignant des personnes qui agissent, ou de choses provoquant une action. Il dérive de l’accusatif -tricem du latin -trix.

Seul patrice est à l’équivoque.

-yphe /if/ 32 31 0 1 Terminaison avec peu d’usages en dehors des 26 termes suffixé en -glyphe, et qui ne correspond en soit pas à un suffixe muni d’une sémantique.

L’inventaire comprend notamment le terme hyphe – cellule unique de champignon, d’actinobactérie ou d’algue, en forme de filament plus ou moins ramifié. Le terme dérive du grec ancien húphos/ὕϕος : tissu, toile, filet[192][193]. Seul aglyphe s'emploie indifféremment dans les deux genres considérés

-aire /ɛʁ/ 1047 167 554 308 Dérivent du latin -arius, ou -aris, suffixes adjectivaux ou nominaux.

Le Wiktionnaire, au moins dans certaines révisions des articles dédiés, documente les trois termes, administrataire, autaire et développaire, comme étant de genre neutre, mais ne fourni pas nécessairement d'attestation où un article neutre permettrait d'en distinguer l'emploi d'un terme de genre commun, féminin, épicène ou masculin.

-ure /yʁ/ 1202 1026 169 8 Dérivent soit du latin -ura, comme sa variante -ature, suffixe des mots féminins abstraits, à partir de la base du supin ou du parfait de verbes, soit plus rarement du grec ancien ourá/οὐρά : queue, qui connaît également sa variante -oure.
-ir /iʁ/ 100 5 91 4 Sur les 5 ambigus, deux sont des acronymes, GIRGroupe Iso-Ressource – et MIR – montgolfière à infrarouge. Reste bidir – ellipse de piste cyclable bidirectionnelle, chir – abbréviation de chirurgie, et autochir – abréviation de automobile-chirurgicale.
-ion /jɔ̃/ 5047 4688 349 9 Les pannébuleux sont anti-civilisation, anticivilisation, antrustion, carpion, faisant-fonction, Lion, multifonction, ostination et Scorpion.
-ion /jɔn/ 7 1 6 0 L’unique ambigu est aficion, passion pour la tauromachie, emprunt à l'espagnol homographe.

Les autres termes, tous équivoques, sont condominion, dominion, Dominion, éléocotésion, matrimonion et tropaion, des dérivés de grec ancien.

-ion /i.jɔ̃/ 5 0 5 0 Il s'agit d’étranglion, ganglion jaglion, mion au sens d’enfant, mion au sense de canard, mulion, et vibrion.
-ion /œn/ 3 2 0 1 Les ambigus sont fashion et PlayStation, tandis que le pannébuleux est stop-motion où l'usage hésite. Tous sont des emprunts à l'anglais
-ionne /jɔn/ 13 13 0 0 Ce sont brutionne, championne, espionne, gâtionne, grimpionne, histrionne, lionne, Lionne, pionne, pygmalionne, scorpionne, trublionne, vice-championne.
-ione /jɔn/ 20 13 6 1 Ce sont androstènedione, arpeggione, brione, carpione, clubione, diphénadione, érione, eupione, hémione, indane-1,3-dione, iprodione, ménadione, mérione, obione, phytoménadione, phytonadione, pione, pleione, pléione, sarione.
-yonne /jɔn/ 4 4 0 0 Ce sont amphitryonne, Brayonne, frayonne et rayonne.
-illonne /jɔn/ 9 9 0 0 Ce sont cavillonne, cavillonne, couillonne, flicaillonne, gorillonne, nazillonne, négrillonne, papillonne, et tardillonne.
-llón /jɔn/ 1 0 1 0 Il s'agit de botellón, emprunt à l'espagnol homographe.
-yone /jɔn/ 2 2 0 0 Il s'agit de bryone et thuyone.
-yon /jɔn/ 1 0 1 0 Il s'agit de canyon.
-ïonne /jɔn/ 1 1 0 0 Il s'agit de coïonne.
-illon /jɔn/ 1 0 1 0 Il s'agit de killon.
-us /uʃ/ 1[N 2] 0 1 0 Il s'agit de mus, lorsqu'il désigne le jeu de cartes populaire d'origine basque.
-us /uz/ 1[N 2] 0 1 0 Il s'agit de thamus.
-us /œs/ 1[N 2] 0 0 1 Il s'agit de angus.
-us /y/ 1[N 2] 0 0 1 Il s'agit de détritus, bien que la prononciation du s terminal est également courante[194].
-us /us/ 10[N 2] 0 8 2 Il s'agit de alumnus, costus, détritus, Erasmus, exoletus, hyemoschus, neurolupus, octopus, secundus et xérus. Seul alumnus et octopus s'emploie aussi bien à l'ambigu qu'à l'équivoque, le dernier étant également prononcé en /ys/.
-us /ys/ 433[N 2] 6 420 4 L’invariance en genre se constate pour brangus, môzus, octopus et Erasmus — quand il désigne une personne du programme éponyme. À noter que pour brangus, la prononciation est dépareillée de angus dont il est pourtant étymologiquement issu en tant que mot valise dont les deux lettres initiales sont empruntées à brahman.
-usse /ys/ 20 8 11 1 Seul prorusse entre dans la liste des termes considérés, cependant cet inventaire n’a pas inclus les gentilés comme Biélorusse ou Russe. Pour ceux-ci les termes sont épicènes.
-um /um/ 16 0 16 0 Ce sont acetabulum, acétabulum, actinouranium, baatɔnum, bethcabum, dum-dum, dumdum, exemplum, parabellum, simultaneum, sum, tétum, trapezoïdum, tulum, um, et wampum. Le total tient pour distinctes les variantes graphiques.
-um /œ̃/ 3 3 0 0 Ce sont brule-parfum, brûle-parfum et parfum.
-um /œm/ 11 2 8 1 C’'est cheum qui se révèle l'unique entrée assurément pannébuleuse, bien que l’usage hésite également sur checksum.
-um /ɔm/ 638 6 630 2 Sur carborundum et sempervivum l'usage hésite. Sur chum il est avéré seulement pour un sens restreint. Enfin factotum est pleinement pannébuleux.
-ume /ym/ 48 20 27 1 Seul prête-plume se révèle pannébuleux.
-öm /øm/ 2 0 2 0 Ce sont angström et maelström, sans tenir compte de leurs diverses variantes graphiques que sont ångström, angstrœm, malstrom, malström, maelstrom et maelström.
-oum /um/ 27 2 25 0 Les deux ambigus sont boum et surboum, le premier ayant des homonymes équivoques.
-ab /ab/ 59 2 54 3 Pour collab, comme appocope de collaboration est strictement ambigu, mais se révèle pannébuleux lorsqu'il remplace collaborateur ou collaboratrice. Dircab semble uniquement employé pour abréger directeur ou directrice de cabinet, bien que rien ne préviendrait de l'étendre à direction de cabinet.

Cab est féminin lorsqu’il désigne une vache, masculin pour le sens de taxi et d'unité de mesure. Quand à bab il abrège baba cool de façon pannébuleuse.

-ab /abe/ 1 0 1 0 Il s’agit de Lab, emprunté à l'anglais et prononcé comme il s’épelle en français. Il désigne un espace colorimétrique tridimensionnel, d’où les trois lettres débutant avec l’initial de lightness : luminosité, suivi des deux premières lettres de l’alphabet latin.
-acque /ak/ 7 3 3 1 L’usage hésite sur jacque, aussi graphié jaque en ce sens, lorsqu'il désigne un habillement.
-ade /ad/ 595 534 50 11 Les deux ambigus sont basconade et estrade.
-ade /ɛjd/ 5 1 4 0 Ce sont tous des emprunts à l’anglais : blade, downgrade, ready-made, snowblade, et upgrade.
-aphe /af/ 299 9 209 81 Ils sont majoritairement issus d'une série restreinte de morphes : -graphe (278), -scaphe (6), -taphe (6), -élaphe (2). Le terme pataraphe dérive de paraphe qui est lui-même issue de paragraphe, donc il sont également issues de -graphe.

Le terme saphe est construit par anagrammisation de phase, ce qui explique son caractère insolite.

Reste anaphe, ascalaphe, oxybaphe, et synaphe dont les origines demanderaient des analyses spécifiques pour ne pas s'aventurer dans des spéculations hasardeuses.

-ague /aɡ/ 40 19 20 1 C'est alpague qui est le seul terme pannébuleux sur lequel l’usage hésite.
-age /aʒ/ 3467 37 3396 34
-age /aɡə/ 1 0 1 0 Il s’agit de Freianlage, emprunté à l'allemand.
-age /aɡ/ 1 0 1 0 Il s’agit de nurage, variante de nuraghe, emprunté au sarde.
-age /ɛdʒ/, /ɛdjʒ/ 7 0 6 1 Ce sont tous des emprunts à l’anglais : back-stage, backstage, package, sous-package, superpackage, workpackage et vintage. Pour ce dernier le genre est pannébuleux, et ce prononce également couramment /vɛ̃.taʒ/.
-alle /al/ 69 39 27 1 C’est uniquement sur spiroballe que l’usage hésite et reste donc pannébulleux.
-ame /ame/ 1 0 1 0 Il s'agit de wakame, également graphié wakamé.
-ame /ɛjm/ 5 2 1 2 Il s'agit d'emprunts à l'anglais : deadname, frame, game, I-frame, mainframe.
-ame /am/ 111 40 61 10
-ane /an/ 531 217 225 89 Deux suffixes -ane produisent nombre des présentes entrées, une pour construire des noms d’agent féminin sur un genre ambigu, l'autre pour composé chimique organique sur un genre majoritairement équivoque.
-ane /ɑn/ 2 1 1 0 gogane, Gorane
-ane /a.nə/ 1 1 0 0 Il s’agit de patane, terme occitan pour la pomme de terre.
-ane /a.ne/ 2 0 2 0 Il s'agit de Chimane et chimane, prononcés tous deux /t͡ʃi.ma.ne/, bien que des journalistes puisse en faire une lecture plus franco-phonétique[195].
-eux /ø/ 446 1 436 9 Seul queux est ambigu.

Les pannébulleux sont tous ici de nombres cardinaux : cinquante-deux, huitante-deux, nonante-deux, octante-deux, quatre-vingt-deux, septante-deux, soixante-deux, trente-deux, vingt-deux.

-oïde /ɔ.id/ 219 50 147 22 Dérivant du grec eîdos/εἶδος : forme, aspect, il sert a composer des adjectifs et des noms indiquant généralement un rapport mimétique ou tout au moins de similarité sur une caractérisique précisé par la racine suffixée.
-erie /ʁi/ 909 902 7 0 Les équivoque sont pour la plupart des mots composés, dont le genre est hérité du premier composant : bistro-brasserie, cirque-ménagerie, coupe-batterie, garage-ménagerie, porte-tapisserie, zoo-ménagerie. Seul claverie, cépage donnant du raisin blanc, échappe à ce constat.
-erie /ə.ʁi/ 333 331 2 0 Les deux équivoques sont abracadabrantesquerie et garde-ménagerie. Pas de surprise pour le second qui est construit par composition. Le premier en revanche est aussi rare qu’étonnant vue son étymologie. Il se trouve notamment dans Confessions de Paul Verlaine.
-eur /œʁ/ 4795 134 4650 11 Les 11 pannébuleux sont anti-chasseur, antichasseur, boomeur, coprocureur, intrapreneur, procureur, professeur, pue-la-sueur, scripteur, scripteur, souffre-douleur. Certains ont également des correspodants ambigus, comme boomeuse et scriptrice.
-eur /ø/ 6 0 6 0 Ce sont croque-monsieur, croquemonsieur, monsieur, mossieur, môssieur, et m’sieur. Évidemment c’est ici plutôt la syllabe -sieur dans sa globalité qui donne /sjø/ qui explique ce phénomène.
-eure /œʁ/ 85 69 16 0 Les équivoque sont ampère-heure, cheval-heure, dineure, gigawattheure, gymnopleure, kilomètre-heure, kilowattheure, kilowatt-heure, mégawattheure, milliampère-heure, pleure, quart-d’heure, térawatt-heure, térawattheure, watt-heure, wattheure. En majorité le genre est déterminé dans le cadre d'un terme composite, s’en démarque seulement dineure, pleure et gymnopleure.
-eure /yʁ/ 9 9 0 0 Ce sont bringeure, chargeure, égrugeure, envergeure, gageure, mangeure, plingeure, rongeure, et vergeure. Évidemment ici c’est le diphtongue -ge- visant à rendre la consonne fricative palato-alvéolaire voisée /ʒ/ qui explique la graphie du suffixe qui syllabiquement se décomposera donc plutôt -geure.
-ité /i.te/ 2463 2427 34 0 Cet entrée correspond à un suffixe qui sert à former un nom indiquant une caractéristique, généralement à partir d’un adjectif.
-tude /tyd/ 162 161 1 0 Le seul équivoque est sport-étude, dont le genre est hérité du premier terme de la composition.
-isme /ism/ 2825 9 2815 1 Le seul pannébuleux documenté pablisme et le seul ambigu est lisme.
-ique /ik/ 1346 632 446 266
-esque /ɛsk/ 29 12 10 6 Ces termes sont souvent substantivés d’un adjectif formé sur ce suffixe où il indique une caractéristique, une ressemblance, une qualité, souvent à partir d’un radical issu d’un nom propre.
-esque /ɛk/ 1 0 1 0 Il s’agit de lévesque, ancienne race de chien.
-vore /vɔʁ/ 36 0 20 16 Le suffixe forme des termes pour désigner des agents qui se nourrissent de la chose désigné par la racine suffixé.

Les 20 documentés comme exclusivement équivoque sont plutôt à considérer comme des cas où au plus l’usage n’a jamais consacré un emploi, bien qu’en principe les termes forgés sur ce suffixe sont pannébulleux.

-phile /fil/ 237 9 33 216 Ceux non documentés comme pannébulleux le sont néanmoins au moins en principe.
-âtre /ɑtʁ/ 66 9 37 20 En tant que suffixe -âtre est utilisé pour former des adjectifs indiquant un rapprochement approximatif, d’où une possible connotation dépréciative, et de là peut donner des noms avec une telle sémantique, tel sorâtre ou philosophâtre.

Cela étant plus de la moité des termes de cette entrée viennent du suffixe -lâtre, qui désigne une personne pratiquant l’adoration de quelque chose, là aussi souvent en un sens péjoratif.

D’autres sont dérivés avec le suffixes -iâtre, plus couramment graphié -iatre, pour former un nom de soignant, de médecin.

D’autres tirent leurs terminaison de diverses transformations de termes sources dans le fond gréco-latin.

-ment /mœnt/ 5 0 4 1 Il s’agit tous d’emprunts à l’anglais : anti-establishment, empowerment, establishment, impeachment, infotainment. L’usage hésite uniquement sur ce dernier.
-ment /mɑ̃/ 164 1 163 0 Le seul ambigu est grave-ciment, mot composé dont le premier composant est ambigu.
-o
-voque /vɔk/ 2 0 2 0
-ura /y.ʁa/ 14 5 9 0 Parmi les 14 noms inventoriés, 3 réfèrent à des vivants sexués : datura, sakura et singapura. Les deux premiers sont des végétaux et le dernier une espèce de chat – également nommé singapour.

Le latin emploie -ura comme suffixe de mots féminins abstraits à partir de la base du supin ou du parfait de verbes. Les termes français en -ura n'ont cependant pas une origine uniforme, par exemples mura et sakura viennent du japonais, datura et singapura du sanskrit, pandura et purpura du latin. Les dérivés français des mots latins en -ura opèrent majoritairement un glissement vers le suffixe -ure.

-ois /wa/ 344 Comme pour les autres statistiques de ce tableau, ces nombres exclus les gentilés. Pour cette entrée cependant il faut noter que gentilés inclus, le répertoire passe à 11 402 noms.
-y 1 0 1 0 Le terme salegy, qui se prononce /sa.lɛɡ/ désigne une danse originaire de Madagascar[196].
-y /i/ 240 41 195 4 Les noms communs pris en compte dans cet inventaire sont majoritairement des emprunts à l’anglais, mais les dérivés d’autres sources n’en sont pas négligeable pour autant, comme pour aby, aisy, apy, crécy, poly, reviens-y, ou zloty. Il est également très présent dans les toponymes – non pris en compte dans cet inventaire – comme variante à -ac, -ay, -ey, et sous les formes -y, -gny, -illy.
-ay /ɛj/ 5 0 5 0 Tous emprunts à l’anglais : 0-day, display, inlay, onlay, pay-to-play.
-ay /e/ 35[N 80] 0 32 3 Seuls les vocables ojibway et charbray présentent des formes identiques.
-ay /aj/ 12 0 12 0 Ce sont dry, extra-dry, extradry, moulay, mulay, noreply, sky, soŋay, stand-by, tokay, zāy, zay. Évidemment soŋay possède une graphie alternative, songhaï, pour les usages hors des contextes spécialisés.
-ey /ɛj/ 1 0 1 0 Il s’agit d’un emprunt à l’arabe maghrébin : khey.
-ey /e/ 10 0 10 0 Ce sont aqua-poney, baloney, barley, beylerbey, cawney, estey, medley, mickey, muley, ney, et poney. Ils dérivent pêle-mêle de l'anglais, de l’arabe et de l’occitan.
-oy /oj/ 17 0 17 0 Majoritairement des emprunts à l’anglais : boy, busboy, cocoy, cow-boy, cowboy, fanboy, girevoy, goy, loverboy, Minimoy, papertoy, pimpoy, pull-buoy, stimtoy, troy, zircaloy, zyrcaloy.
-u /y/ 421 381 30 10 Les termes féminins sont souvent des apocopes : actu, exclu, réu, simu, visu, ou formés par du verlan : tepu, zicmu. Ça n'en fait pas un cas général : bru, tribu ou vertu ce sont formés par adoption de termes de langues sources.
-u /u/ 110 1 103 6 C'est hallu, par apocope d’hallucination qui forme ici le seul terme de genre ambigu.
-u /ø/ 1 0 1 0 Il s’agit de vœu.
Proposition d'équivalences suffixales coordonnées
Équivalences

flous

Extensions

ostentatoires

Remarques
Ambigu Équivoque Amibgu-

équivoque

Alter-sexualisant[N 81] Féminin[N 82] Générique[197] Inanimé[N 83] Masculin[N 84]
-oise -ois -ense

-isque

-iel -ière -isaire -ior -ier Le suffixe -ois dérive de l’ancien bas vieux-francique -isk ou du latin -ensis[198].

En espagnol, en italien et portugais -ense permet de construire des gentilés épicènes[199]. Le suffixe -isaire se retrouvent dans garnisaire et indivisaire et leurs dérivés, tous employables de manière identique quel que soit le genre, contrairement à isaire attesté uniquement en[200].

Des attestations de villagier[201][202] en nom, ou villagière[203] en adjectif se trouvent déjà sur la toile.

-aise -ais
-esse

-euresse

-euse

-eur -ieũr* -ures* -aire* -or -ir Les extensions ostentatoires sont ici largement calées sur les entrées pour leur dans la section dédiée aux mots grammaticaux.
-trice -teur
-voque Si les deux substantifs connus que sont univoque et multivoque sont équivoques, l'ensemble des adjectifs en -voque, dont eux-mêmes dérivent, sont identiques pour tous les accords en genre.

Pour aller plus loin dans l’exploration des suffixes nominaux, il sera opportun de consulter les références afférentes[204][205][206][207]>[208][209][210][211][212][213][214][215][216][217][218][219][220][221][222][223][224][225][226][227].

L’association versatile de genreModifier

En français l’extrême majorité des noms ont certes généralement un genre nettement privilégié par l’usage, ce qui n’empêche l’abondance de cas de versatilité persistante du genre par ailleurs. Le Wikitionnaire par exemple répertorie près de 1000 entrées de mots parfois masculins ou féminins et parfois féminins ou masculins. Cela sans compter la majorité de termes épicènes dans le cas des noms référant à des humains. Ceux-ci se distinguent évidemment nettement des homographes de genre distinct pour lesquels existent des sens distincts, et possiblement des étymologies séparées, dont le même ouvrage référence près de 300 cas.

Cela atteste sans équivoque la capacité des locuteurs à s’accommoder de tels variations sans que la clarté de leur échanges en pâtisse. Aussi n’existe-t-il aucune barrière pragmatique à la généralisation de cette liberté d’expression. Sans remettre en cause la primauté d’un genre déterminé pour une majorité de nom, rien n’empêche d’autoriser cette flexibilité à tous les mots à des fins d’emphase ou de possibilité de distinction syntagmatique, notamment en prévision de l’emploi anaphorique de pronoms :

Un philosophe et une philosophe discutent : celui-ci fait part de ses doutes à celle-là et en retour elle lui apporte de nouveaux éclairages.

De même

Un fille et une fille discutent : celui-ci fait part de ses doutes à celle-là et en retour elle lui apporte de nouveaux éclairages.

Pour un francophone contemporain, cette dernière phrase sera certainement tout aussi interpellante sur sa pratique inacoutumièrement souple de l’emploi du genre sur un terme connotativement sexué, que parfaitement compréhensible parce qu’incontestablement alignée sur l’emploi usuel du genre énonciatif.

Il fait cependant écho aux alternances morphologiques employées dans les déictiques comme ici et ou ceci et cela qui initialement dénotent un distinguo de proximité spatial qui a tendance à s’estomper voir devenir caduc selon les emplois, pour ne préserver qu’une utilité de distinction ontologique : ce premier objet spécifique distinct de ce second objet spécifique[228][229][230][231][232][233]. La situation spatiale, pour ce type d’emploi, importe peu voir s’avère hors de propos : ce nombre ci est un entier unidimensionnel, celui-là est octonion. Ce qui n’empêche en rien le maintien simultané de déictique maintenant l’importance de la sémantique spatiale quand les contextes qui s’y prêtent : je préfère être ici près de toi où se forge notre intimité que là-bas loin de toi au sommet de la gloire.

De même un emploi modéré de genre énonciatif adventice peut servir l’emphase du propos de façon générique :

C’est ma grande amour, le passion de ma vie.

Sur l’ordre d'énonciation des personnesModifier

Loin de la discrimination stéréotypique de l'adage les femmes et le enfants d’abord, il sera recommandé ici d'énumérer les protagonistes d'une phrase dans l’ordre alphabétique, sauf évidemment si un impératif contextuel rendrait un autre ordre plus approprié, par exemple présenter des enfants du cadet à l’aîné ou inversement.

Quelques exemples :

  • le féminin, le masculin et le neutre ;
  • la femme, la fille, le garçon et l'homme ;
  • mesdames, messieurs ;
  • un mec et une nana ;
  • un cheval et une jument ;
  • Ada, Bob, Chloé, Dominique, Ève, etc.

De la notion de genre à l’onomatypieModifier

Au regard de la confusion qu’entraîne le terme genre pour désigner le phénomène grammatical, il pourrait s’avérer propice de se munir d’un terme dédié distinct. Par un acte onomaturgique, c’est le terme d’onomatypie qui est ici proposé, qui signifie littéralement trace liée aux noms et à rapprocher de termes comme homotypie et sérotypie.

NotesModifier

  1. Autrement dit, le nombre imaginaire doublé. Ici le terme deutéromense est à comprendre comme quantification dans la seconde dimension. Cette appellation un brin originale suit un raisonnement largement entériné en pratique, considérant un nombre complexe comme un vecteur bidimensionnel.
  2. 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 2,5 2,6 et 2,7 Productif uniquement dans le registre familier Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : le nom « :0 » est défini plusieurs fois avec des contenus différents.
  3. Liselotte Pasques précise que les verbes en -ir ont alors un -r muet, et ne se prononcera que courant du dix-huitième siècle, possiblement sous l’influence de verbes d’usage fréquent comme dire et écrire.
  4. Maintenu jusqu’en 1878 dans le dictionnaire de l’académie, où il préfère suivre d’autres mots issus de la même série comme verdure, verdâtre et verdir, plutôt que de se caler sur le seul féminin verte. À noter que vertement connaît aussi une ancienne forme alternative en verdement dont des attestations existent jusqu’au moins au seizième siècle.
  5. Traduction d’un texte anglais parut en 2007.
  6. Adjectif, certes rare, signifiant qui relève du domaine.
  7. Cognat de l'italien.
  8. 8,0 8,1 8,2 et 8,3 Par référence à l'étymologie latine de se : De l’indo-européen commun *se[1] (« se »), racine à laquelle se rattachent su-us (« sien »), so-dalis (« amical »), so-leo (« être habitué »), su-esco (« s'accoutumer »), solus (« seul »), les ethnonymes Sabini, Sabelli, Samnium, Samnites. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : le nom « :1 » est défini plusieurs fois avec des contenus différents.
  9. De fait, les colonnes sont simplement ordonnées par ordre alphabétique.
  10. Colonne construite autour de -iel-.
  11. Colonne construite autour de la lettre u. Emploi de -u- ou -û- lorsque que la prononciation donne /y/ et de ú pour /u/. Solution de repli sur -ul- en certains cas.
  12. Colonne construite autour de -o- en priorité, avec ogonek lorsque l'évitement d'une homographie le justifie ; puis utilisation de -ol- en première solution de repli.
  13. Construit sur -i- en priorité. Ajout d'un accent grave au besoin.
  14. Par coordination avec les autres termes de la ligne débutant en l et les autres termes de la colonne terminant en iel.
  15. En correspondance avec l’emploi de lu en ancien français comme article indéfini, et diacritisation pour éviter l'homophonie avec la flexion du verbe lire en français contemporain.
  16. Par conformité avec al, de la même colonne, et analogie avec liel, de la même ligne.
  17. Par analogie au l- initiale des autres termes de la ligne, et à ille, article définie en latin vulgaire.
  18. 18,0 18,1 et 18,2 Le tilde permet d’éviter l'ambiguïté, tout au moins d’échapper à l'introduction d'une homographie. La construction reprends la base du terme singulier et sa (pseudo-)désinence en -iel utilisé au singulier, et par soucis de fidélité à l’alternance de la et le avec les d'une part, et de la et du avec des d'autre part, reprends une terminaison différentié sur le modèle de ciel et cieux.
  19. 19,0 19,1 19,2 et 19,3 Sur la même logique que l'alternance entre liel et lieũx.
  20. 20,0 20,1 20,2 20,3 20,4 20,5 20,6 20,7 et 20,8 Ici le u porte un accent aigu, ce qui se démarque des autres u diacrités tels qu'employé dans les sections précédentes. Cela reste néanmoins aligner avec l'association qui avait déjà été introduite entre féminin et accent aigu sur d'autres lettres. De plus, l'intention ici est également de présenter une graphie qui suggère une phonétique en /u/, et cette association au u accent aigu est déjà existante en français, par exemple dans turúgdashe, tnúngi, surúnra, mugún, kúvmu, guarayú et búcaro.
  21. 21,0 et 21,1 Comme pour les autres entrées de cette ligne, alternance de la terminaison. Ici la marque du pluriel reprends le morphème ordinaire -s sur le plan graphique. Sur le plan phonétique, l'alternance proposé est calqué sur le singulier et le pluriel du mot os.
  22. Construit sur iel et la pseudo-désinence -ne appliqué sur toute cette ligne.
  23. Évite les particulièrement nombreux homophones et quasi-homographes qu’entraînerait un choix comme ãn ou ãne : les termes ane, âne, anë, Ane, Añe ou encore an, en et han seraient autant de sources de confusion possible.
  24. Comparer à une, sur la même ligne, et à la voyelle o employé comme lien morphologique sur le reste de cette colonne.
  25. La diacritique évite l’homographie avec le terme de chimie désignant un corps qui a deux fonctions aldéhyde.
  26. Cognat du Portugais.
  27. Cognat du portugais.
  28. Cognate avec le Bas-sorab et le Haut-sorabe. En ancien français en revanche, ja ess parfois t employé pour le déjà contemporain.
  29. En Abun, ji signifie je. Cependant, comme il s'agit d'une langue papou, ils ne sont vraisemblablement pas de même étymologie, et donc pas cognat. La même remarque vaut pour les autres mots de ce tableau, quand bien même par simplification ils sont parfois indiqués comme cognat.
  30. Cognat du créole guyanais.
  31. En ancien français, ti est employé comme toi.
  32. Bien qu’en ancien français al vaut au, en son sens contemporain.
  33. Par reprise du masculin nominatif pluriel latin.
  34. Cognat du Polonais, du Slovaque et du Tchèque.
  35. Cognat du nominatif pluriel de l'équivalent à on en Tchèque.
  36. 36,0 et 36,1 Le tilde évite d'introduire un homographe à niel : incrustation décorative d’un sulfure d’argent noir dans les gravures d’un métal précieux.
  37. 37,0 et 37,1 Conservation de l’homophonie non-homographe entre niel et niels dans les propositions faites pour les termes altersexuant, respectivement de l’adjectif possessif atone et du pronom personnel tous deux pour la première personne du pluriel.
  38. Cognat en Aléoute de Medny.
  39. 39,0 et 39,1 Il y a bien usage de ce terme en ancien français qui sert à noter le pronom personnel. La diacritisation par un ogonek est en cohérence avec les propositions faites pour le genre subreptice et permet ici de distinguer à l'écrit de l'adjectif possessif.
  40. Entraîne malheureusement une collision avec la graphie archaïque d'une flexion du verbe voir.
  41. Cognat du Normand.
  42. 42,0 42,1 et 42,2 L'ogonek permet la distinction du terme pluriel désignant une mesure chinoise.
  43. Comparer à altel, sur la même ligne, et à la voyelle o employé comme lien morphologique sur le reste de cette colonne.
  44. 44,0 44,1 44,2 et 44,3 L'adjonction du -qu- après -c- est conforme à l'usage pour prévenir la palatalisation en c-doux devant e, i, y.
  45. Cognat de l'italien ancien.
  46. Par analogie avec piqûre, en replacement des deux u consécutifs.
  47. Cognat du Portugais.
  48. 48,0 48,1 48,2 48,3 et 48,4 Sur toute cette ligne, les termes sont construit par juxtaposition des formes de l’article indéfini et de l'adjectif exclamatif/interrogatif de la même colonne.
  49. 49,0 et 49,1 Autre en Ido.
  50. Autrui et autre en Italien, autre en Ido.
  51. Cognat du catalan.
  52. L’adjonction d'un -i- intercalaire entre ie- et -l vise à laisser le terme miel utilisable comme pronom personnel de la première personne équivalent à me. La triphtongue -iei- n'est pas très fréquente en français, mais pas inédite car employé notamment dans vieil et tous les mots l’incorporant comme morphe -vieil-. À comparer aussi à l’Italien miei, signifiant mes.
  53. L’accent circonflexe évite le conflit homographique avec mune, dos d’une lame japonaise.
  54. Même raisonnement que pour mieil, et s’y ajoute le besoin de distinguer la variante du pronom tu.
  55. L’accent grave lève l’homographie et l'homophonie aux formes de nom et verbe noté sille qui se prononcent pour leur part /sij/.
  56. Le terme siaux est de fait déjà employé par ailleurs en tant que substantif du lexique francophone, mais il ne se retrouve guère en dehors de la locution verbale mouiller à siaux. Aussi l’usage d’une diacritique ne semble pas indispensable.
  57. 57,0 57,1 57,2 57,3 et 57,4 Sur le modèle des adjectifs possessifs atones en troisième personne singulier : siẽl, sûne, sial….
  58. L’ogonek permet d’éviter l’homographie au nom commun féminin none.
  59. L’accent grave évite l’homographie au substantif féminin nille.
  60. 60,0 60,1 60,2 60,3 et 60,4 Sur le modèle des adjectifs possessifs toniques en troisième personne pluriel.
  61. 61,0 et 61,1 Sur le modèle de nôtre, avec substitution de la voyelle centrale par l’un des morphème retenu pour cette colonne. La même logique s’applique pour les autres propositions de cette ligne.
  62. 62,0 et 62,1 Évite la collision avec le substantif natre, d'autant qu'en son sens de méchant, misérable, il s’avère particulièrement dépréciatif.
  63. Le -i- permet de distinguer des termes notre et nôtre.
  64. 64,0 et 64,1 L’accent grave permet d'éviter l'homographie avec le terme substantif relatif aux composés nitrates.
  65. Le macron permet d’éviter l'homographie avec le nom commun masculin vial : petite fiole contenant un produit à analyser, surtout utilisé pour la chromatographie.
  66. Par conformité avec ǫ, donné pour lui, et iço, donnée pour ceci.
  67. Sur cette ligne chaque proposition fournie trois termes pouvant rendre compte respectivement du proximal, du médial et du distal. Il est cependant généralement reconnu qu’en français les démonstratifs ne convoient plus que faiblement une sémantique tenant compte de l’éloignement par rapport à un référent locutoire, et jamais en tenant compte du cas médial. Ainsi tout comme ceci et cela tendent à s’associer par pur soucis de distinguer deux objets topiques sans employer de nom commun spécifique, ou même de pronom, ces propositions peuvent servir de déictiques anonymes.
  68. Le -u- intercalé entre to- et -iel est a vocation d’indication phonétique, construit par analogie à ce qui existe dans touine, prononcé /twin/, et proposé pour calquer le terme toi, prononcé /twa/.
  69. Évite l'homophonie et l'homographie avec .
  70. Cognat de je en créole de Louisiane et de Mauritanie ainsi qu’en Yoruba, et de mon en ancien occitan.
  71. Cognat du Gaélique écossais.
  72. Cognat entre autre en Dalmate et Frioulan.
  73. Par calque de éos, construit pour l’occasion sur cette même ligne. La finale -ieux repend le même modèle que plusieurs pluriels déjà proposés dans la même colonne.
  74. Par calque de éos, introduit sur cette même ligne et qui sert par suite de modèle à la majorité des autres entrées sur celle-ci.
  75. Calqué sur le pronom latin is sous forme de flexion en accusatif masculin pluriel : eos.
  76. Bien que construit ici par pur calque de éos, eis est fortuitement le datif pluriel de is en latin.
  77. En cohérence avec les formes proposées pour les articles indéfinis, les adjectifs indéfinis de la ligne aucune, et les pronoms relatifs de la ligne qui. Même principe sur toute la présente ligne.
  78. Au sens de personne à qui s’adresse un énoncé.
  79. Pour ces résultats, l’étude se base sur une extraction du Wiktionnaire comptant alors, sans les gentilés, 220 373 entrées, et dont 23 247 sont écartés par manque d’information sur la prononciation.
  80. Ce sont attogray, bombay, centigray, charbray, décagray, décigray, exagray, femtogray, free-to-play, gameplay, garagay, gigagray, gray, hectogray, kilogray, K-way, k-way, mégagray, microgray, milligray, nanogray, nay, ojibway, Ojibway, overlay, pétagray, picogray, roleplay, saint-péray, téragray, valençay, yoctogray, yottagray, zeptogray, zettagray.
  81. Colonne construite autour de -iel-.
  82. Colonne construite autour de la lettre u. Emploi de -u- ou -û- lorsque que la prononciation donne /y/ et de ú pour /u/. Solution de repli sur -ul- en certains cas.
  83. Colonne construite autour de -o- en priorité, avec ogonek lorsque l'évitement d'une homographie le justifie ; puis utilisation de -ol- en première solution de repli.
  84. Construit sur -i- en priorité. Ajout d'un accent grave au besoin.

RéférencesModifier

Bien qu’elles n’aient pas été reliées à une section en particulier, les références suivantes ont aussi alimenter le chemin parcouru dans ce projet de recherche[234][235][236][237][238][239][240][241][242][243][244][245][246][247][248][249][250][251][252][253][254][255][256][257][258][259][260][261][262][263][264][265]

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  2. Philosophie Magazine Hors-série n°39 - Le monde selon Michel Serres, ENTRETIEN AVEC MICHEL SERRES Propos recueillis par Sven Ortol, 13/10/2018, ISBN : 366-3-322-09948-9
  3. La structuration de l'espace chez l'enfant, Présentation de N. Dehondt et I. Hénard à partir de l'ouvrage « La psychomotricité au service de l'enfant » de B. Le Lièvre et L. Staes chez De Boeck. 14 novembre 2016
  4. Julian Jaynes, The origin of consciousness in the breakdown of the bicameral mind, Houghton Mifflin, 1990 (ISBN 0-395-56472-7, 978-0-395-56472-1 et 0-395-56352-6) (OCLC 22600464) [lire en ligne] 
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  9. Joëlle Busuttil, Alain Peyraube et Emilio Bonvini, Dictionnaire des langues, Presses universitaires de France, 2011 (ISBN 978-2-13-056914-5 et 2-13-056914-5) (OCLC 718115468) [lire en ligne] 
  10. 10,00 10,01 10,02 10,03 10,04 10,05 10,06 10,07 10,08 10,09 10,10 10,11 et 10,12 Michel Roché, « Le masculin est-il plus productif que le féminin ? », Langue française, vol. 96, no  1, 1992, p. 113–124 [texte intégral lien DOI (pages consultées le 2021-07-01)] Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : le nom « :2 » est défini plusieurs fois avec des contenus différents.
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  12. Marie-Dominique Joffre, « Les racines du pronominal français en latin », L'information grammaticale, vol. 26, no  1, 1985, p. 9–13 [texte intégral lien DOI (pages consultées le 2021-07-03)]
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  104. Colonne construite autour de -a-, -al- en première solution de repli, et -ial- en seconde solution de repli par analogie avec -iel-.
  105. Outre le fait que ì maintient l'homogénéité graphique avec les précédentes proposition d'association de l'accent grave au masculin, il évite ici l’homographie avec aïn, seizième lettre des alphabets hébreu et phénicien, noté ע et prononcé /a.in/.
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  111. L’accent grave lève l’homographie et l'homophonie aux formes de nom et verbe noté tille qui se prononcent pour leur part /tij/.
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  114. L’emploi de tiel et tieil étant proposé par ailleurs, l’alternative tieu est construite par calque de l’apocope singularistante appliquée à la désinence -ieux : comparé à lieux et lieu.
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